Cancrelat dans un «zinger»: KFC blanchi grâce à un témoignage peu convaincant

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Une cliente de KFC alléguait avoir trouvé un cancrelat dans son «zinger regular».

Une cliente de KFC avait allégué avoir trouvé un cancrelat dans son «zinger regular».

Le cancrelat se trouvait-il dans le zinger au moment de l’achat ou a-t-il été introduit par la suite ? Le magistrat Pritviraj Balluck, siégeant en cour des Lower Plaines-Wilhems, a émis de sérieux doutes sur la version d'une cliente. De ce fait, il a classé l’affaire contre la compagnie Pick N Eat Limited, qui détient la franchise KFC. 

Les faits remontent au 6 août 2015, au KFC de Quatre-Bornes. La cliente a allégué avoir trouvé un cancrelat mort dans son zinger regular. Pick N Eat Limited a ainsi été poursuivie pour avoir enfreint les articles 16(3) (b) et 17 de la Food Act. Représentée par Carolyne Deville, la compagnie avait plaidé non coupable.

Appelée à la barre, Vandana Gangabaksh, inspectrice au départment Public Health and Food Safety, a expliqué avoir reçu une plainte de la part de la cliente. «On a enregistré sa plainte et celle de la représentante de KFC. On a même sollicité la version de la pâtisserie Golden, qui fournit du pain au restaurant.» 

Délai dépassé

Le zinger en question a été envoyé à la Government Analyst Division de Réduit à des fins d’analyse, a précisé l’inspectrice. Le rapport a confirmé la présence d’un insecte mort dans la nourriture. Deux autres témoins cités par Vandana Gangabaksh ont fourni les mêmes explications. 

La poursuite a, toutefois, soulevé un point. Rappelant que la date limite pour déposer ou écouter ce procès est dépassée. En effet, selon  l’article 14 de la Food Act, aucune poursuite ne doit commencer après l’expiration d’un délai de 90 jours à compter de la perpétration de l’infraction ou de sa découverte par un bureau autorisé. 

De son côté, le magistrat Pritviraj Balluck s’est attardé sur le témoignage de la plaignante. Faisant remarquer que c’est étrange que ce n’est que cinq jours après les faits, soit le 11 août 2015, qu'elle a rapporté l’incident. «Je note que la plaignante a avancé qu’elle a rapporté l’affaire plus tard à cause de sa fille qui devait se rendre à l’école. Mais ce que je pourrais catégoriser comme une affaire sérieuse n’est pas du tout convaincant et encore moins plausible», poursuit le magistrat Balluck. 

Doutes substantiels

«Pourquoi n’a-t-elle pas en premier lieu rapporté l’incident au KFC de Quatre-Bornes au lieu de  d'apporter le zinger chez elle et d déposer plainte quelques jours plus tard ?» Pour lui, la version de la plaignante soulève des doutes substantiels quant à savoir si l’insecte mort se trouvait dans le zinger au moment de l’achat ou s’il y a été introduit par la suite.

Qui plus est, dans sa plainte au ministère, fait-il remarquer, la femme a affirmé que c’est elle qui a acheté le zinger regular. En cour, elle devait toutefois donner une autre version. «Elle a avancé que c’est sa fille qui avait acheté le pain et découvert le cancrelat. Et elle a soutenu qu’elle ne s’attendait pas  que cette affaire soit portée en cour», note le magistrat.

Et le magistrat Pritviraj Balluck d’enfoncer le clou. «She did not strike me as a witness of truth. She was reluctant to adduce evidence in court.» Ainsi, «pour toutes les raisons produites, l’affaire est classée».

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