Conduite en état d’ivresse: des poursuites seront-elles entamées contre Sohail Sesungkur ?

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La voiture que conduisait Sohail Sesungkur (en médaillon), réduite en un amas de ferraille, se trouvait hier après-midi dans la cour du poste de police de Rose-Hill.

La voiture que conduisait Sohail Sesungkur (en médaillon), réduite en un amas de ferraille, se trouvait hier après-midi dans la cour du poste de police de Rose-Hill.

«‘On’ aurait essayé de trouver quelqu’un pour endosser la responsabilité après l’accident». C’est du moins ce que laisse entendre une source policière. Aux petites heures, samedi 24 février, l’Audi grise que conduisait Sohail Sesungkur a fait une sortie de route alors qu’il empruntait la route principale de Belle-Rose, en direction de St-Jean. La voiture a terminé sa course contre un poteau en bois, à proximité du magasin Lovely Home.

La violence du choc a été telle que le poteau s’est fracassé, alors que le véhicule s’est retrouvé de l’autre côté de la route. Il était 5 h 46 lorsque le jeune homme a été soumis à un alcootest, qui s’est révélé positif. Verdict de l’éthylomètre : 48 microgrammes d’alcool par litre d’air expiré. La limite autorisée est de 23 microgrammes…

Sohail Sesungkur, légèrement blessé, a par la suite été conduit au poste de police de Rose-Hill. Il a été placé en cellule de dégrisement. Un autre test a été effectué à 8 h 37, révélant que le taux d’alcoolémie est passé à 18 microgrammes. Sohail Sesungkur a été ainsi autorisé à rentrer chez lui.

Permis disqualifié

Qu’adviendra-t-il du jeune homme ? Son permis sera-t-il suspendu ? Un officier de police explique qu’il revient à ses collègues de Rose-Hill de décider s’il y a lieu d’entamer les procédures requises auprès du tribunal afin que son permis soit suspendu  pour une période de deux mois. Jusqu’à ce que le «main case» soit entendu en cour. Une fois que le magistrat aura agréé cette demande, le contrevenant n’aura plus le droit de prendre le volant pendant ce laps de temps.

D’autant plus que le fils du ministre de la Bonne gouvernance n’en est pas à son premier accident de la route. Le dimanche 17 décembre 2017, vers 5 heures du matin, la même Audi qu’il conduisait hier avait terminé sa course dans un buisson, à Mare-aux-Vacoas. Encore une fois, c’est Sohail Sesungkur qui était au volant. Toutefois, ce n’est que 24 heures après, soit le lundi 18 décembre, à 11 h 33, qu’il avait rapporté cet accident au poste de police de Vacoas.

Dans sa déposition, il avait déclaré que c’est en voulant éviter une collision frontale que sa voiture et lui avaient valsé dans le décor. Il s’en était sorti indemne, mais on ne pouvait pas en dire autant de la voiture, qui avait été sérieusement endommagée.

Sohail Sesungkur n’avait, cependant, pas été soumis à un alcootest. Pourquoi ? Selon une source policière, il n’y avait pas de partie adverse dans cet accident. Il n’y avait eu, en outre, ni blessé ni dommage causé à des biens appartenant à l’État. Cette affaire avait été traitée avec la plus grande discrétion.

Fast & Furious

Le samedi 3 juin 2017, le jeune homme était à bord d’une BMW lorsque celle-ci est entrée en collision avec le taxi de Yaseer Kardaree, à Rose-Hill. Ce dernier avait accusé le fils du ministre de l’avoir agressé après l’accident, ce qu'avait nié Sohail Sesungkur, ce dernier affirmant alors que c’est le chauffeur de taxi qui lui avait asséné des coups. Sudhir Sesungkur était alors intervenu pour préciser que son fils avait dû se rendre à l’hôpital pour recevoir des soins.

Ce n’est pas tout. Sohail Sesungkur s’était fait remarquer après le «drift», style Fast & Furious, réalisé sur le terrain du collège qu’il fréquentait alors qu’il n’avait que 17 ans. Pour justifier ce coup d’éclat, l’adolescent parle d’un «simple patinage, sans conséquence».

A l’express, le 11 juin 2017, le fils du ministre Sudhir Sesungkur expliquait que «l’'important, c’est de ne pas les répéter». En faisant référence à ses «erreurs», après que sa voiture a heurté un taxi et toute la polémique qui s’ensuivit.

«Monn fer dé-trwa fraka»

Il avouait lui-même : «Monn fer dé-trwa fraka, mais rien de méchant ou de grave.» Quid des témoins relatant le fait qu’il était en état d’ébriété lors d’une fête, au collège toujours ? «Faux. Je me demande qui a pu inventer une telle chose», rétorquait Sohail Sesungkur.

Celui que d’anciens camarades qualifient de «gran nwar» s’était également attiré les foudres des internautes après avoir posté des photos de lui, sniffant une liasse de billets de Rs 1 000, sur Facebook. Désormais, les facebookeurs se demandent s’il aura des comptes à rendre pour ses frasques.

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