«Vol» de Rs 700 000: deux pompistes disent avoir été «séquestrés» par leur employeur

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Deux pompistes suspendus de leurs fonctions ont fait servir une mise en demeure à leur employeur.

Deux pompistes suspendus de leurs fonctions ont fait servir une mise en demeure à leur employeur.

Ils ont été accusés d’avoir volé plus de Rs 700 000. Ils disent avoir été séquestrés et victimes d’un chantage pour qu’ils remboursent cette somme. Suspendus de leurs fonctions, deux pompistes d’une station-service sise à Tamarin ont fait servir une mise en demeure à leur employeur et à la police, le 22 février. Deux jours plus tôt, ils ont porté plainte au Central Criminal Investigation Department.

Dans le document, rédigée par l’avouée Annarubee Ramalingum et Me Jean Claude Bibi, Nitin Matur et Yannick Benito Edouard expliquent avoir été suspendus de leurs fonctions le 12 février. «Le propriétaire nous a accusés d’avoir détourné une somme de Rs 741 902,22 au préjudice de la station-service.»

Bien qu’ils aient nié les faits qui leur sont reprochés, «nous avons été harcélés et on nous a dit que si nous ne signions pas un document stipulant que nous acceptions de rembourser cette somme, nous serions arrêtés». Nitin Matur et Yannick Benito Edouard avancent qu’ils n’ont pu prendre contact ni avec leurs familles ni avec leurs avocats.

Ce n’est pas tout. Les responsables de la station-service auraient vidé leurs porte-monnaie et photographié le contenu. «Ils ont clamé que l’argent qui s’y trouvaient leur appartenait», peut-on lire dans le document.

Sbires privés

Par la suite, des officiers en uniforme de la Criminal Investigation Division seraient intervenus et auraient menacé les deux pompistes d’une éventuelle arrestation. Ces derniers affirment, dans la mise en demeure, que c’était à la demande des responsables de la station-service. «Nous avons été obligés de signer le document. Nous craignions d’être enfermés», poursuivent Nitin Matur et Yannick Benito Edouard.

Le 14 février, Nitin Matur dit avoir reçu un appel d’un responsable de la station-service. Lui demandant quels arrangements avaient été faits pour qu’il lui rembourse une somme de Rs 400 000. «J’ai reçu des menaces, le 16 février, d’une éventuelle arrestation, accompagnées d’un SMS.»

Me Jean-Claude Bibi estime que les droits constitutionnels de ses clients ont été bafoués. Il fait ressortir, dans la mise en demeure, qu’aucune plainte n’a été enregistrée à la police contre ses clients. Ajoutant qu’il n’y a aucune preuve contre eux. «Des méthodes criminelles ont été utilisées pour obtenir de faux aveux. Le recours légal à la police a été perverti car des officiers de police ont agi comme sbires privés dans le but d’intimider, de terroriser et faire chanter les plaignants», écrit l’avocat.

Pour l’homme de loi, les responsables de la station-service ont délibérément violé les droits constitutionnels de ses clients en les séquestrant dans la station-service. Il leur demande de mettre fin au chantage et au harcèlement auxquels ils ont soumis Nitin Matur et Yannick Benito Edouard. Au cas contraire, prévient Me Jean-Claude Bibi, «nous entamerons des poursuites légales, réclamant des dommages de Rs 500 000».

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