«J’ai été humilié et diffamé par des commentaires sur Facebook» dit le gynécologue Ng Kuet Leong

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Le Dr Ah Piang Mario Ng Kuet Leong, le fondateur de la clinique St Esprit.

Le Dr Ah Piang Mario Ng Kuet Leong, le fondateur de la clinique St Esprit.

Des commentaires qui visent à établir qu’il est un criminel ou meurtrier et qu’il n’est pas compétent en tant que gynécologue. C’est ainsi que le Dr Ah Piang Mario Ng Kuet Leong qualifie des propos postés par trois femmes, nommément Fabienne Rivière Danton, une ex-patiente Laurianne de Comarmond-Shaw et Mary Wong, sur Facebook. Le plaignant leur réclame des dommages, les sommant de lui verser conjointement Rs 500 000.

L’affaire a été appelée en cour la semaine dernière. Les trois défenderesses demandent à la cour de rejeter la demande du plaignant. Les arguments auront lieu devant le tribunal le 28 mars.

Honneur et réputation

Le gynécologue estime que les commentaires tenus sur ce réseau social sont faux, grossièrement trompeurs, malveillants, sans fondement, hautement diffamatoires et préjudiciables à son caractère, sa crédibilité, son professionnalisme et sa réputation. Il considère aussi qu’ils sont une tentative d’attaquer son honneur et sa réputation.

Le Dr Ah Piang Mario Ng Kuet Leong explique dans sa plainte qu’il est le fondateur et opérateur de la clinique St Esprit, spécialisée en soins ambulatoires en obstétrique et gynécologie. «Je suis une personne de bonne réputation. Et je compte 30 ans de service en tant que gynécologue et obstétricien non seulement à Maurice mais aussi au Canada, aux États-Unis et en Allemagne», dit le médecin dans sa plainte.

Les commentaires

Or, il s’avère qu’un groupe composé de ces trois femmes a initié une discussion sur Facebook au début de novembre 2014. L’une d’elles a raconté avoir une amie enceinte et selon elle, c’est à la clinique lors de son accouchement que le médecin lui aurait signalé qu’il y a un problème avec le bébé. Ce dernier ne respirait plus car il avait le cordon ombilical autour du cou. «Chose que ce mec savait le 7e mois de grossesse et qu’il a gardée pour lui… il lui demande d’accoucher du bébé normalement. C’est vraiment un malade et il ne doit pas exercer...» Propos formulés contre lui sur le réseau social, selon le Dr Ah Piang Mario Ng Kuet Leong.

D’autres propos tenus où il est qualifié d’assassin sont comme suit : «Cordon autour du cou signifie décès de foetus… ce gynécologue ne donne pas la chance au foetus de vivre. Il les condamne avant

Le spécialiste a également étalé d’autres propos où Laurianne de Comarmond-Shaw aurait, elle, partagé son expérience. Elle aurait écrit : «…On est nombreuses à avoir perdu un bébé à terme à cause de ses négligences… il faut que la juge entende nos histoires.» Et le plaignant cite les propos de Mary Wong qui aurait stipulé qu’il faut fuir ce médecin.

Pour le Dr Ah Piang Mario Ng Kuet Leong, ces commentaires visent à établir qu’il ne doit plus pratiquer. «Elles me dépeignent comme quelqu’un qui est négligent, signifiant que j’ai tué des bébés qui avaient des cordons ombilicaux autour du cou», s’insurge- t-il. Selon lui, ce n’est pas le cas.

Accusations de négligence médicale

«C’est vrai que le Medical Council a émis des charges de négligence médicale contre moi concernant une patiente en 2005, mais je conteste ces accusations. L’affaire est toujours devant le conseil et je n’ai pas été reconnu coupable par le Medical Disciplinary Tribunal, jusqu’à maintenant», fait-il ressortir. Il réitère qu’il n’a jamais tué de bébé.

Pour lui, les propos tenus par ces trois femmes ont terni sa réputation sur le plan professionnel et personnel. «Leurs propos ont provoqué des dommages irréparables, surtout à mon image et j’avais même porté plainte contre elles à la police.»

Répercussions sur son travail et sa famille

Depuis ces allégations à son égard, le Dr Ah Piang Mario Ng Kuet Leong confie avoir perdu des clients à la clinique. Il dit craindre que ces propos diffamatoires puissent causer du tort à ses trois enfants qui étudient la médecine. «J’ai été humilié, embarrassé, diffamé et elles ont commis une faute», déplore-t-il.

Lorsque cette affaire a été appelée en cour, Fabienne Rivière Danton, a par le biais d’un document préparé par Me Anju Ghose, démenti l’avoir traité de criminel. Elle nie que les propos sont malicieux, sans fondement, diffamatoires et ayant causé préjudice à son caractère, son honneur et sa réputation.

La défense des femmes

Pour sa part, Laurianne de Comarmond-Shaw, qui a retenu les services de Me Yahia Nazroo, explique que le plaignant était son médecin traitant en 2012-2013. «Il m’avait dit lors de ma grossesse que mon bébé se portait bien mais le 7 février 2013, il m’avait informé que je dois accoucher par césarienne car it was a breech baby (NdlR, un bébé qui se présente par le siège)», relate-t-elle.

Selon Laurianne de Comarmond-Shaw, le plaignant lui aurait assurée qu’elle n’avait pas à s’en faire et que ses craintes étaient injustifiées. «J’ai décidé de consulter le Dr Haroun Beebeejaun qui en effectuant un scan, m’avait déclaré que mon bébé souffrait de spina bifida (malformation congénitale grave de la colonne vertébrale) et d’une hydrocéphalie (augmentation du volume de la boîte crânienne à la suite d’un excès de liquide). Ce fut le choc total», poursuit-elle.

Après avoir confronté le rapport du diagnostic au plaignant, elle raconte avoir mis le cap sur l’île de la Réunion, à l’hôpital Bellepierre, à Saint-Denis. «On m’avait dit qu’à ce stade de ma grossesse, la malformation était sévère, que le cerveau du bébé était composé d’eau et que même s’il survivait, avec peu de chances, il serait paralysé et aurait des complications.» Elle avance dans sa réplique au médecin que si elle avait su qu’il y avait toutes ces complications, ayant la nationalité française, elle aurait légalement mis un terme à sa grossesse.

«Je l’avais mis au monde le 20 mars 2013 par césarienne. Je tenais ce corps sans vie dans mes bras car j’avais, avec un pincement au coeur, dû prendre la décision de permettre au médecin de La Réunion d’endormir le bébé pour toujours», peut-on lire dans le document de Laurianne de Comarmond-Shaw, préparé par le Senior Attorney Salajee et Me Nazroo. Elle l’accuse cependant de négligence médicale car il a failli à la tenir au courant des complications autour de sa grossesse.

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