Promenade Roland Armand: «Construire sur pilotis est impossible»

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Le plan du projet. Le métro passera sur deux voies, au milieu de la rue Vandermeersch.

Le plan du projet. Le métro passera sur deux voies, au milieu de la rue Vandermeersch.

Les promeneurs, joggeurs et amoureux de la nature devront s’y faire : la promenade Roland Armand, à la rue Vandermeersch, disparaîtra pour laisser la place au tracé du Metro Express. Quid de la construction sur pilotis pour épargner les arbres qui s’y trouvent ? Études à l’appui, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, écarte cette option. «Construire sur pilotis est impossible», a-t-il affirmé cette semaine.

Pourquoi ? Le ministre a expliqué qu’après des débats au Parlement, il a été demandé à Larsen & Toubro de faire des simulations. Au moins trois options se sont présentées pour la construction du tracé du Metro Express sur pilotis.

Selon lui, la première simulation concernait des pilotis sur la gauche de la promenade. Le hic : «Lorsque l’on construit sur pilotis et qu’il y a une route, le système électrique du métro sera affecté par les arbres, a avancé le ministre. Pou bizin koup pié dé tout fason.»

La deuxième option consistait à aménager des pilotis au centre de cet espace. La route serait devenue une voie et l’alignement aurait eu plusieurs courbes, ce qui aurait affecté le temps de trajet. Selon Nando Bodha, il ne restait que 4 mètres pour qu’une route à la rue Vandermeersch ne soit convertie en voie. «Kan fer li enn vwa lor 4 m, il suffit d’un accident ou d’une panne pour qu’il y ait un embouteillage.»

Pour la troisième option, il s’agissait d’aménager les pilotis à droite. «Avec cette option, on aurait rasé toutes les habitations», souligne Nando Bodha. En effet, l’alignement aurait été déplacé de la route et surélevé entièrement. Le métro aurait eu à fonctionner plus près des maisons. Ce qui aurait soulevé des problèmes de pollution sonore et aurait porté atteinte à la vie privée.

130 arbres abattus

Dans cette éventualité, la rue Vandermeersch aurait aussi été fermée, étant trop étroite pour la circulation. Les structures et bâtiments résidentiels ainsi que leurs allées auraient été affectés. Pouvait-on contourner ce lieu ? Non, à en croire le ministre. «Toutes les études, depuis 1997, qui parlent de Mass Transit Transport le démontrent : le tracé entre la gare de Rose-Hill et le rond-point de Beau-Bassin prend indistinctement cet alignement.»

L’option qui a été choisie au final est la construction au sol du tracé. L’abattage des arbres est-elle nécessaire ? Selon le ministre, en les épargnant, il n’y aurait eu plus que 4 mètres d’espace disponibles.

Les arbres abattus, il y aura deux voies pour le trafic routier, deux voies ferrées et deux allées piétonnières. Le métro, lui, passera au milieu.

Seule consolation pour les contestataires : le ministre a une nouvelle fois garanti que 150 arbres seront transplantés et 25 autres sauvegardés. Cent trente arbres seront, eux, abattus.

Enter le «Parc Roland Armand»

Un parc d’une superficie de neuf arpents sera créé. Il portera le nom Roland Armand, a révélé Nando Bodha. Situé à l’arrière des locaux du Central Electricity Board, cet espace comprendra 2 000 arbres et 100 000 arbustes et plantes vivaces tropicales, natives et endémiques de Maurice. «Le parc doit être accessible», a souligné le ministre. Un accès piéton, un parcours vert, un parcours de santé et une aire de jeux pour les enfants y seront aménagés. Un budget de Rs 100 millions a été voté. Le paysagiste Daniel Maestracci réalisera ce parc. Il aurait déjà présenté une esquisse. «Pou sorti lagar Rose-Hill, travers larivier, pou al dan park», a lancé le ministre. Les travaux démarreront bientôt.

 Les Rujubali n’obtiendront pas de compensation

Ils disent ne plus rien comprendre. Aujourd’hui, presque six mois après la destruction de leur maison à la rue Monseigneur Leen pour faire place au Metro Express, la famille Rujubali ne sait plus quoi faire. Dans une lettre adressée à leur avoué, Me Krisna Sawoo, le ministère du Logement et des terres soutient que le gouvernement ne payera pas de compensation à cette famille. La raison : ils n’ont pas accepté, dans le délai accordé, la compensation qu’on leur avait proposée.

«Your clients having failed to comply with the conditions of the offer, the offer is considered to have lapsed. Consequently, Gouvernment will not effect any payment of compensation to any of your clients», peut-on lire dans la lettre adressée à la famille Rujubali.

L’épouse d’Azam Rujubali, Nazooma, est encore sous le choc. «Nous ne savons plus sur quel pied danser», lâche-telle. Depuis la démolition de sa maison, sa famille et elle habitent dans un bâtiment commercial qui leur a été loué, mais le propriétaire a émis le souhait de reprendre son bien. «On est toujours à la recherche d’une maison dans la région de Port-Louis pour la louer. Nous ne pouvons-nous permettre d’aller plus loin à cause de ma belle-sœur qui suit des traitements à l’hôpital Jeetoo.»

Elle espère que le ministre du Logement et des terres, Mahen Jhugroo, acceptera de les recevoir, son époux et elle, pour discuter de cette lettre. C’est en tout cas ce qu’avance Me Krisna Sawoo. «Si le ministre n’accepte pas de les recevoir, nous irons en cour intermédiaire pour déposer contre lui.» Il espère que le gouvernement reviendra sur sa décision et aidera cette famille qui est dans la détresse.

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