Études supérieures: le top 5 des destinations prisées par les Mauriciens

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Des éventuels étudiants lors d’une «Education Fair».

Des éventuels étudiants lors d’une «Education Fair».

D’après le rapport Participation in Tertiary Education, publié par la Tertiary Education Commission (TEC), en 2016, les nouvelles inscriptions aux programmes universitaires étaient plus élevées dans les pays ci-dessous :

1. L’Australie

Depuis 2009, c’est la destination no1 pour les études supérieures. En 2016, il y a eu 1 002 nouvelles admissions, selon la TEC. Christine Faugoo, directrice régionale d’IDP Mauritius, constate une augmentation de 10 % de Mauriciens inscrits pour des études supérieures en Australie de 2016 à 2017. Ce qui équivaut à environ 600 étudiants.

Selon elle, même si le coût est élevé, l’Australie présente de sérieux avantages. «Les étudiants peuvent travailler 20 heures par semaine. Deuxièmement, après l’obtention de la licence, ils peuvent rester au pays pour acquérir de l’expérience professionnelle pendant deux ans.»

Ce pays conservera-t-il sa position dans le futur ? Il se peut qu’il y ait une stagnation, estime-t-elle. Pour sa part, un représentant de la TEC souligne que «l’Australie perd sa place due au coût des études qui est de plus en plus élevé pour les étudiants mauriciens».

2. La France et La Réunion

En 2016, 406 nouvelles inscriptions ont été relevées par la TEC pour la France et La Réunion. Le gain en popularité de ces destinations serait lié au fait que «les frais de scolarité ne sont pas facturés», indique-t-on à la TEC. 

D’après Campus France, le coût par an par étudiant soutenu par l’État français est de 14 000 euros, soit Rs 552 000. «Il ne reste plus qu’à payer les frais de vie. Et encore l’État français subventionne le logement, dont ceux de l’étranger», explique une responsable. Elle désigne aussi d’autres facteurs tels que la reconnaissance mondiale des cursus français et la forte employabilité à l’international ainsi que la proximité culturelle et linguistique. La politique de favoriser le travail des étudiants internationaux, couplée à l’autorisation d’y travailler et d’y vivre, sont aussi mentionnés. Quant à La Réunion, Campus France évoque l’intensification de la coopération entre les deux territoires.

3. La Grande-Bretagne

Ce pays a accueilli 400 nouveaux étudiants en 2016, d’après le rapport de la TEC. De 2009 à 2014, ce pays s’alignait comme le deuxième choix des Mauriciens. Selon Jessica Balloo, Senior Student Counsellor de PTC Education Consultants, les étudiants privilégient des pays offrant des possibilités de résidence après les études, ce qui expliquerait la relégation du Royaume-Uni à la troisième place. Néanmoins, ce pays reste attrayant pour les Mauriciens, selon les statistiques de 2016.

4. L’Afrique du Sud

Cent quatre-vingt-dix nouveaux étudiants mauriciens se sont envolés pour ce pays en 2016. «L’Afrique du Sud offre des formations à des frais locaux aux Mauriciens. La raison est que notre pays fait partie de la Southern African Development Community et bénéficie ainsi d’un traitement préférentiel», affirme-t-on à laTEC.

La Malaisie

Détrônant la Chine, qui se trouvait toujours dans le top 5 des destinations, la Malaisie s’impose. Depuis 2013, ce pays connaît une belle ascension, reléguant la Chine à la septième place, juste derrière l’Inde. En effet, 160 Mauriciens ont opté pour ce pays en 2016.

D’après Fadil Ruhomatally, directeur de Malaysia Education, cet engouement résulte de l’installation d’universités internationales de renom en Malaisie, dont l’université de Monash et celui de Nottingham. De plus, des collaborations internationales pour des doubles licences sont disponibles ainsi qu’une centaine de bourses destinées aux Mauriciens. «Le coût est ainsi réduit de 50 % si le programme est effectué en Malaisie, comparé aux pays d’origine de ces institutions.» Notre interlocuteur ajoute que la diversité culturelle de la Malaisie, l’adaptation rapide et l’alimentation variée sont également des atouts.

Formation à distance

De plus en plus de Mauriciens adhéreraient au concept de «Work and learn». À titre d’exemple, de 2013 à 2016, le nombre d’inscriptions à l’Open University of Mauritius a doublé, passant de 1 512 à 3 578. Selon Kaviraj Sukon, le directeur général, cet engouement résulte de la flexibilité des études pour ceux qui sont parallèlement en situation d’emploi.

Les programmes les plus populaires

En Australie, en Angleterre et en Malaisie, les matières incontournables sont la finance (avec des spécialisations pour des études d’actuaire, entre autres), la comptabilité et l’informatique. Les Mauriciens privilégient aussi ces deux premières destinations pour étudier l’architecture et la décoration intérieure. L’Angleterre demeure également la référence pour l’étude du droit et de la médecine, comme la France. Le tourisme et l’hôtellerie sont principalement favorisés en Australie et en Malaisie, alors que l’Afrique du Sud se distingue pour des études administratives et la gestion, en sus des sciences et l’ingénierie. Cette filière s’impose également en Australie, en Angleterre et en Malaisie.

Absence de certaines filières

L’expérience internationale n’est pas l’unique facteur poussant les Mauriciens à prendre le large. Bien des programmes ne sont pas offerts localement. Dans la liste d’études prioritaires de 2017-2019, les filières suivantes sont mentionnées : l’ingénierie pour la construction, l’architecture verte, le paysagisme, la «structural and water engineering», l’aquaculture, les services vétérinaires, la «bio-medical engineering», le «dental, mechanics and prostesis», la podiatrie, l’audiothérapie, la conservation des musées, l’économie maritime, l’«anti-money laundering», l’«ocean governance», la navigation et ainsi que la «cyber law», entre autres.

Pourquoi tant de matières ne sontelles pas enseignées localement? «Nous n’avons pas les ressources humaines et l’expertise nécessaires. Donc les Mauriciens doivent se rendre à l’étranger», avance une source de la TEC.

De plus, certains cours, dont l’économie océanique, ne trouvent pas beaucoup de preneurs. D’une part, les étudiants potentiels n’y voient pas de perspectives professionnelles locales et d’autre part, l’herbe semble être plus verte ailleurs, ajoute notre interlocuteur. Selon lui, la TEC, qui changera bientôt d’appellation pour devenir la Higher Education Commission, se penche sur des solutions.

Champs prioritaires: Comment les détermine-t-on ?

Une liste de champs d’études prioritaires est élaborée par la TEC. Valide pour cinq ans, elle est remise à jour à intervalle de deux ans, afin de répondre aux besoins du marché professionnel et de la formation. Pour constituer cette liste, une concertation est établie par un groupe de travail composé de représentants des secteurs public et privé. Soit ceux des ministères de l’Éducation, des Finances, du Travail, de la Santé ainsi que de la TEC, de la Public Service Commission, du Board of Investment, de Statistics Mauritius, du Human Resources Development Council, de Business Mauritius, de la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice ainsi que de la Mauritius Export Association.

Les données sur la demande et l’offre pour les diplômés d’université sont ainsi évaluées sous la supervision de la TEC. Après ces séances de travail, la liste est compilée pour déterminer quels programmes sont à prioriser pour les études supérieures.

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