Aapravasi Ghat et Metro Express : «Il y a des craintes qui sont légitimes»

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Thierry Le Breton, membre de SOS Patrimoine.

Thierry Le Breton, membre de SOS Patrimoine.  

Vous aviez récemment fait part de vos inquiétudes par rapport à l’Aapravasi Ghat et l’impact que les travaux du Metro Express pourraient y avoir. Le site est-il menacé ? 

L’Aapravasi Ghat n’est pas menacé. Le site classé au patrimoine de l’Unesco est suffisamment bien protégé car il y a des principes de développement strict à être respectés dans la zone tampon où il se trouve. Ces critères doivent être respectés même si c’est, au final, la municipalité qui accorde les permis, en consultation avec les membres de l’Aapravasi Ghat Trust Fund. En cas de développements majeurs, il peut y avoir des exceptions et c’est d’ailleurs ce qui m’inquiète: je ne connais pas l’ampleur des développements qui vont avoir lieu autour de l’Aapravasi Ghat. 

Pourquoi donc cette inquiétude ? 

Il y a des craintes qui sont légitimes car le National Heritage Trust Fund aurait dû avoir son mot à dire parce que même si l’Aapravasi Ghat est inscrit au patrimoine de l’Unesco, c’est aussi un patrimoine national. Je crois aussi qu’il vaut mieux s’inquiéter plutôt que de ne pas l’être du tout. J’invite à une réflexion globale et intégrée entre le patrimoine et le milieu urbain, chose qui ne semble pas se faire. La réflexion devrait se faire de manière intelligente et non pas comme du piecemeal où on accumule les choses et que lorsqu’on décide de réfléchir il est trop tard. Il n’y a aucun plan. 

Comment donc remédier à cela ?

Il n’y a pas plusieurs manières de le faire. Il n’y en a qu’une et c’est en impliquant toutes les parties prenantes en amont et non en aval. Je crois qu’elles ne sont pas suffisamment concertées avant la prise de décision et ce n’est que par la suite qu’on essaie de leur imposer les décisions déjà prises. D’ailleurs, c’est le genre de réflexion qui se fait dans les officines. Ce qu’il faudrait c’est que les parties prenantes puissent avoir leur mot à dire avant. Par exemple, je suis membre de SOS Patrimoine et j’invite à la réflexion commune et intelligente pour préserver notre patrimoine, pas seulement pour l’Aapravasi Ghat mais aussi pour la cité de Port-Louis. Des instances comme le National Heritage Trust Fund doivent pouvoir être partie prenante des discussions.
 

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