Pointe-D’Esny: une action en cour envisagée contre le projet immobilier

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Le site prévu pour le projet de village intégré de la Compagnie de Beau Vallon Ltée.

Le site prévu pour le projet de village intégré de la Compagnie de Beau Vallon Ltée.

Malgré les protestations, la Compagnie de Beau Vallon Ltée (CVBL) va de l’avant avec son projet résidentiel à Pointe-d’Esny au coût de Rs 8 milliards. Les riverains envisagent déjà une injonction en Cour suprême. 

Les promoteurs prévoient de bâtir un village intégré sur 168 arpents. 500 villas, appartements, duplex, complexes sportifs et espaces commerciaux. Le lancement officiel aura lieu le 22 février en présence des membres du gouvernement, dont le Premier ministre Pravind Jugnauth. 

Un lancement qui rend perplexe, puisque le ministère de l’Environnement n’a pas livré de permis Environment Impact Assessment (EIA). «Fort de notre letter of approval obtenue auprès du Board of Investment, on peut procéder à la commercialisation indépendamment du rapport EIA», explique la Commercial Manager Caroline Raffray. 

Une démarche fortement décriée par les riverains, soutenus par plusieurs ONG, parmi Eco-Sud, qui ne comprennent pas cette précipitation. Leurs craintes sont surtout liées à la présence de wetlands car le village intégré sera développé autour d’étangs naturels. Deux d’entre eux, Pointe-Jérôme et le Blue Bay Ma- rine Park sont deux sites RAMSAR (protégés par la convention internationale pour les zones humides). «D’une part, le gouvernement se prononce pour la protection des wetlands et de l’autre, il accorde des permis pour construire n’importe où ?» se demande un habitant. 

Malgré l’assurance donnée par les promoteurs que les mares seront préservées, les habitants, qui se sont regroupés en un collectif, ne sont pas satisfaits et envisagent de porter l’affaire en cour en cas de décision défavorable des autorités. «En théorie, les déclarations d’intention sont très bien, mais sur le long terme est-ce que les étrangers et Mauriciens qui vont acquérir ces villas vont protéger le lagon et toute la zone côtière ?» se demande Francoise Summers, membre du collectif. Elle précise que les habitants ne sont pas foncièrement contre le développement. «Nous rejetons le projet dans sa forme actuelle.»

George Ah Yan, président du Forum des citoyens libres et habitant de Mahébourg, se dit «concerné par cette situation», surtout face aux risques environnementaux. Mais pas seulement. «Comment les 500 appartements seront-ils alimentés en électricité ? Qu’en est-il de la distribution d’eau, même si les promoteurs ont évoqué l’utilisation d’un autre tuyau ?» George Ah Yan craint que ce projet ne vienne compliquer davantage la situation déjà difficile en raison des coupures. Autre problème évoqué: les inondations qui affectent également la région. Georges Ah Yan a réuni un panel pour décider de la marche à suivre.

Face aux critiques, la Compagnie de Beau Vallon Ltée affiche la sérénité. «Nous avons entamé des consultations avec les stakeholders et répondu aux questions à la grande satisfaction des locaux. Je pense que ceux qui contestent ce projet ont une maison secondaire ici», déclare Caroline Raffray.

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