Promenade Roland Armand: la dernière balade

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Avant que la promenade Roland Armand ne disparaisse, les habitués de ce coin vert en ont profité pour faire une dernière balade, un jogging ou pour y prendre des photos souvenir, avec un cœur lourd et une pointe de nostalgie.

Avant que la promenade Roland Armand ne disparaisse, les habitués de ce coin vert en ont profité pour faire une dernière balade, un jogging ou pour y prendre des photos souvenir, avec un cœur lourd et une pointe de nostalgie.

Ne verra-t-on vraiment plus ces arbres dans les jours et les semaines à venir ? C’est la question que se posaient, ce jeudi 15 février, les nombreux marcheurs et joggeurs qui ont traversé la Promenade Roland Armand, à Vandermeersh, pour la dernière fois... Si la majorité des habitués savent que l’abattage des arbres est inévitable à cause des travaux en vue du Metro Express, comme l’a fait ressortir le Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo, mercredi, certains gardent encore l’espoir qu’une solution soit trouvée pour sauver cette promenade, tant aimée par les habitants de Beau-Bassin-Rose-Hill. Rencontre. 

Gaëtan Mootoosamy, âgé de 72 ans, traverse cette promenade tous les jours à bicyclette. Ce septuagénaire est catégorique ; «séki pé pasé pa bon ditou». D’enchaîner, avec nostalgie : «Ou koné komié banané sa isi ek komié dimounn atasé ar sa plas-la. Ki so zanfan lékol ou dimounn ki travay pas par isi mem. Aster pa koné kot nou pou bizin pasé. Isi, li pli an sékirité.» 

En train de faire son «dernier» jogging, Christopher Ng Sip Ng Nam, 15 ans et collégien, s’arrête pour échanger deux mots. C’est que le jeune homme a aussi son avis sur cette situation. L’adolescent estime que les autorités auraient dû penser à un autre tracé, au vu de l’importance de ce parcours, surtout aux yeux des habitants des alentours.

«On nous a tout le temps appris qu’il fallait respecter l’environnement et œuvrer pour son bien-être. Mais, ici, nous sommes témoins d’une tout autre histoire. C’est un prix à payer pour la modernisation et nous sommes attristés par cette décision.» 

Une passante confie, elle, que dès le début, elle était contre le projet de Metro Express. Pourquoi ? «Dépi koumansman nou’nn trouvé kouma éna dimounn inn perdi zot lakaz avek sa prozé-la ek aster, nou pé perdi sa plas-la, répond-elle. Minis pé dir ki li pou donn nou enn lot parkour, enn lot plas, mé li lwin ek pa tou dimounn pou rod al laba. Isi nou éna bann pié ki dat dépi plis ki 100 an ek sa plas-la, li dan enn landrwa kot li aksésib.» 

Plus loin, Yann et Malinee Ramdonee. Ce couple, qui vit à Roches-Brunes, est venu faire un tour à la promenade histoire de prendre quelques clichés... tant que la prome - nade existe encore. «Sak fwa mo’nn dir mo madam ki nou bizin fer inpé foto sa plas-la mé zordi nou’nn désid pou vini pou nou gard sa bann foto-la an souvénir. Parski nou koné sa pé alé», explique Yann, avec un pincement au cœur. 

Mari et femme sont tous deux enseignants. Yann, prof d’agriculture, se dit d’ailleurs un peu embarrassé par cette situation. Il explique que «nou abitié explik nou bann zélev ki bizin planté, ek aster kouma nou pou kapav défann séki pé arivé». 

Affairés à filmer la promenade, Fabien Manuel et Jonathan John. Pour ces deux jeunes, pas question de laisser tomber. «Nou éna enn lintansion fer enn ti vidéo plis zwenn bann dimounn kouma enn inzénier tousa ki pou kapav koz lor sa. Li inpé nou konba pou sov sa plas la», lance Fabien Manuel. 

Si pour certains ce lieu n’est qu’un raccourci, ou un passage, pour d’autres cette promenade représente beaucoup plus. Pour d’autres encore, c’est un lieu de détente. En témoignent trois employés dans le secteur de la construction. Durant leur «break», disent-ils, ils préfèrent largement venir respirer une bouffée d’air frais sur cette promenade. «Nou ti abitié asiz lor ban pou manzé mé zot inn tir li. La nou pé bizin asiz lor baraz dibwa. Kit fwa démin sa osi pa pou éna», déclare, sarcastique, l’un d’entre eux...

Adi Teelock de la Platform Moris Lanvironman : «Il n’y a pas eu de consultation avec le public»

Elle était parmi ceux qui ont rencontré les membres du gouvernement dont Ivan Collendavelloo, ce jeudi 15 février. Adi Teelock, de la Platform Moris Lanvironman, estime qu’il est chagrinant que le gouvernement a souhaité rencontrer les opposants à la destruction de la promenade Roland Armand juste au moment où les travaux de démolition ont été enclenchés. «Ils ont refusé toutes les alternatives que nous avons proposées. Il n’y a pas eu de consultation avec le public, il n’y a pas eu d’EIA (Environmental Impact Assessment)», soutient la militante.
 

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