Rivière-Noire: route de l’Ouest, la mort aux trousses

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La route de l’Ouest offre de longues lignes droites, qui sont souvent plongées dans les ténèbres, le soir.

La route de l’Ouest offre de longues lignes droites, qui sont souvent plongées dans les ténèbres, le soir.

Deux jeunes ont perdu la vie entre Cascavelle et Tamarin, le week-end dernier, leur voiture ayant fait une sortie de route, finissant sa course sous le pont de Yémen. Ce n’est pas le premier accident grave qui survient sur cette voie qui traverse l’Ouest à partir de Gros-Cailloux et qui va jusqu’au Morne, en passant par pratiquement tous les villages de cette zone.

La nuit, la chaussée est complètement plongée dans les ténèbres par endroits. Entre les infrastructures manquantes ou défaillantes et les chauffards qui font fi du Code de la route, bien des vies auraient pu être sauvées…

«Entre le carrefour de Cascavelle et l’école primaire de Xavier, il n’y a pratiquement aucun éclairage public. Il y a des habitants qui font le bout de chemin, entre le centre commercial et le village, à pied. À la nuit tombée, cela devient dangereux», soutient Christian Poona, du village de Cascavelle. «Il y a eu plusieurs accidents, parfois mortels, dans les environs. Ils ont commencé à revoir les points lumineux mais il ne faut pas que ça tarde. Il est essentiel que toute la route soit éclairée au plus vite.»

Sur cette route qui traverse l’Ouest, on note plusieurs «dark spots», des pans de chaussée qui sont mal ou pas éclairés. Parmi eux, le tronçon entre Gros-Cailloux et l’entrée du village de Canot, juste avant Bambous, celui entre Cascavelle et Tamarin, dont le pont de Yémen, ou plusieurs endroits entre Grande-Rivière-Noire et Case-Noyale, pour ne citer qu’eux. Ces tracés sont aussi sinueux et souvent très près de la mer, comme c’est le cas à Case-Noyale.

Le pont de Yémen où s’est déroulé le drame, le week-end dernier.

«Nous avons un pôle night life qui se développe très rapidement entre Flic-en-Flac et Tamarin. Tous les bars, boîtes de nuit et restaurants fonctionnent bien. Mais ce n’est pas possible de laisser les routes dans un état qui pourrait être dangereux», s’insurge Ezra Jhuboo, député de la circonscription nº14, Savanne–Rivière-Noire. «Il y a eu des travaux par le passé,  entrepris avec des promoteurs, par exemple au niveau de Tamarina, et avec l'aide du conseil de district quand j’y siégeais, mais il ne faut pas s’arrêter là. La réhabilitation de la route de l’Ouest va faire partie des questions que je poserai au Parlement.»

Du côté du gouvernement, le Parliamentary Private Secretary Alain Aliphon affirme que plusieurs plans de réhabilitation des points de lumière sur cette route sont en cours. «Nous ferons le travail qui est nécessaire. Nous nous rendons compte qu’il y a des manquements dans les infrastructures routières et nous allons y remédier», explique-t-il.

Autre sujet d’inquiétude : le non-respect du Code de la route par de nombreux automobilistes. Une plus grande présence policière est demandée par les habitants de la région, pour sévir contre les chauffards. Ces derniers, en effet, profitent souvent des longues lignes droites qui parsèment cette route pour appuyer sur le champignon.

«Nous ne pouvons cependant pas mettre un policier derrière chaque conducteur. Il leur faudra assumer leurs responsabilités», tempère Alain Aliphon. Depuis le début de l’année, ce sont 19 personnes qui ont trouvé la mort sur nos routes. En 2017, plus de 150 personnes sont décédées dans des accidents.

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