Partielle au nº18: moins de Rs 250 000 de dépenses par candidat

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Pour l’élection partielle du nº18, Belle-Rose–Quatre-Bornes, tenue le 17 décembre 2017, les candidats avaient jusqu’au 29 janvier pour soumettre leur rapport de dépenses à la commission électorale.

Pour l’élection partielle du nº18, Belle-Rose–Quatre-Bornes, tenue le 17 décembre 2017, les candidats avaient jusqu’au 29 janvier pour soumettre leur rapport de dépenses à la commission électorale.

Les candidats à l’élection partielle du nº18, Belle-Rose–Quatre-Bornes, tenue le 17 décembre dernier, avaient jusqu’au 29 janvier pour soumettre leur rapport de dépenses à la commission électorale. La plupart d’entre eux l’ont fait avant la date limite et, sans aucune surprise, le seuil de Rs 250 000 de dépenses autorisées par candidat a été, officiellement, largement respecté. Cela concernait les frais de novembre à la date de l’élection.

Toutefois, on note des absences criantes dans les dépenses déclarées, des facteurs qui, semble-t-il, auraient été bénévolement pris en charge par des agents et des sympathisants volontaires. Ainsi, il semblerait, devant leurs non-déclarations, que, le jour de l’élection et celui des résultats, des agents auraient travaillé gratuitement et auraient emmené leur propre casse-croûte, par exemple.

Rs 239 500 dépensées par Arvin Boolell

Arvin Boolell, candidat élu du Parti travailliste (PTr), a déclaré avoir dépensé Rs 239 500 pour cette partielle. Il a loué deux emplacements à Quatre-Bornes pendant la campagne électorale, soit à l’avenue Wilson et à l’avenue Rémy Ollier. Le candidat élu affirme n’avoir pas fait de dépenses en termes de carburant et de location de voiture.

Il explique aussi que les dépenses dans les «bases» sont encourues par des volontaires. Sa campagne au moyen de billboards dans la circonscription a été faite par un volontaire résidant dans le Nord. Il dit n’avoir pas géré les finances et que les gros frais pour les congrès et autres meetings sont encourus par le parti. Et le candidat rouge fait ressortir que le PTr n’a pas fait de défilé de voitures.

Kugan Parapen le plus dépensier

Kugan Parapen, de Rezistans ek Alternativ, est le candidat à avoir dépensé le plus dans cette partielle : Rs 247 914,50. De cette somme, Rs 222 258 ont été dépensées pour la communication du parti. Facebook a empoché Rs 104 539 pour la campagne sur ce réseau social. L’artiste Richard Beaugendre a reçu Rs 6 000 pour s’être produit à deux congrès nocturnes du parti. Même si deux reçus manquent à l’appel, cela est mis sur le compte de donations faites par les membres du parti.

Nita Juddoo, du Mouvement militant mauricien (MMM), a dépensé Rs 244 000 pour l’ensemble de sa campagne. Parmi, on compte les charges pour les flyers, les banderoles, un porte-voix, la location d’une salle à la mairie de Quatre- Bornes et l’achat du registre électoral. Par contre, aucune indication sur d’éventuelles dépenses pour retenir des lieux pour la tenue d’évènements, ni sur la somme dépensée en carburant et en location de voitures.

Soutien des volontaires

Ajay Gunness, secrétaire général du MMM, a assuré que les dépenses de la candidate sont indiquées, avec les reçus bien détaillés. Au sujet du transport qui n’est pas inscrit, il dit que ce sont les militants volontaires qui ont apporté leur soutien.

Le député sortant de cette circonscription, Roshi Bhadain, a, lui, soumis sa liste de dépenses le 24 janvier. Sur sa fiche est inscrit le chiffre de Rs 144 425. Le candidat du Reform Party a ainsi loué des tables, des chaises et payé pour l’électricité dans huit localités de Belle-Rose–Quatre-Bornes. Coût : Rs 63 000, du début de novembre au 17 décembre. Des dépenses faites par deux agents du candidat Bhadain, pour sa campagne, sont aussi comptabilisées : Rs 9 175. Ses flyers, ses cartons d’invitation, ses posters, ses banderoles, ses T-shirts et autres ont coûté Rs 69 750. La commande a été faite le 31 octobre dernier.

Pas de frais d’agent

Dhanesh Maraye, du Parti mauricien social-démocrate, affirme avoir dépensé Rs 123 620, avec des «petty expenditures» de Rs 2 500 de sa poche. Durant sa campagne, aucun agent bleu n’aurait été payé. Mais il a eu des frais de transport, s’élevant à Rs 9 400. Il s’agit de «contract buses» pour les activités du parti.

Le Muvman Premye Me, dont le candidat Jack Bizlall s’est illustré en arrivant à la troisième place, a dépensé Rs 129 074 pour la partielle. Selon le document soumis à la commission électorale, le candidat a injecté Rs 84 470 et son parti Rs 44 604. On retrouve des dépenses telles que des denrées alimentaires achetées du supermarché Ramano ou le paiement des droits d’auteur auprès de la Rights Management Society. Jack Bizlall affirme n’avoir pas dépensé de l’argent sur le transport, sur ses agents et «canvasseurs» et sur la location de bureaux.

Frais de Facebook

Tania Diolle, du Mouvement patriotique (MP), a été une des premières à déposer sa liste de dépenses après la partielle. Dans ses documents, on note que les frais de banderoles et de billboards sont les dépenses majeures. Facebook a reçu Rs 22 030 du MP pour des articles sponsorisés.

Ainsi, en attendant une loi sur le financement des partis politiques, on note que les candidats ont tous sagement veillé à respecter le seuil autorisé de Rs 250 000 de dépenses pour l’élection partielle. Et que de «généreux donateurs» et autres sympathisants ont apporté leur soutien à leurs poulains respectifs. Bénévolement…

Impossible de vérifier les vrais chiffres

Plusieurs millions de roupies. C’est, selon nos sources, ce que dépenseraient les candidats des partis traditionnels lors d’une élection. Bien plus que le chiffre officiel de Rs 250 000 solennellement déclaré par ces mêmes candidats. Jack Bizlall, du Muvman Premye Me, monte au créneau pour dénoncer les gros partis, les traitant de «menteurs» pour avoir déclaré des dépenses de moins de Rs 250 000. Selon lui, les dépenses liées aux partis, aux leaders entre autres, ne sont pas dévoilées. Catherine Boudet, docteur en sciences politiques, est d’avis que ce n’est pas le seuil qui pose problème mais plutôt la Representation of People’s Act de 1958, qui date d’avant le suffrage universel. Selon elle, la loi autorisant des dépenses maximales de Rs 250 000 par candidat est ridicule. «Je déplore qu’il n’y ait aucun mécanisme de vérification concernant ces chiffres. Les dépenses sont liées aux candidats et non aux partis. Qui contrôle les dépenses des partis ?» se demande la politologue. La loi électorale permet à un individu de contester les dépenses soumises par un candidat 21 jours après le dépôt du document.

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