Établissements scolaires pas aux normes: les torts seraient partagés

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Une réunion a eu lieu dans l’enceinte du collège Victoria entre le directeur de l’établissement et les parents, le mardi 6 février.

Une réunion a eu lieu dans l’enceinte du collège Victoria entre le directeur de l’établissement et les parents, le mardi 6 février.

Où est-ce que les élèves du collège Victoria seront-ils placés ? Selon des sources au ministère de l’Éducation, le lycée de Beau-Bassin, les collèges Patten Boys and Girls et le New Devton ont été identifiés pour les accueillir. Mais pourquoi le collège Victoria avait-il été autorisé à procéder à des admissions en janvier alors que le bâtiment comportait des risques pour la sécurité des collégiens et du personnel ? Et pourquoi fermer cette institution de Rose- Hill précisément, alors que ses dénonciations concernant plusieurs autres établissements pour les mêmes motifs ont été faites dans le passé ? Les avis divergent sur ce sujet.

«Humiliante et brutale.» C’est ainsi que Basheer Taleb, président de la Fédération des managers des collèges privés, qualifie la décision de fermer le collège Victoria. Selon lui, celle-ci «montre la différence de traitement entre les élèves de collèges d’État et ceux du privé.»

Basheer Taleb en est sûr, les autorités sont à blâmer. Or, dans les milieux concernés, on estime que la situation au collège Victoria illustre un certain laisser-aller de plusieurs établissements privés en ce qui concerne l’état de leurs infrastructures.

Yahya Paraouty, le président de l’Union of Private Secondary Education Employees, avance que la faute ne revient pas uniquement au gouvernement ou à la Private Secondary Education Authority pour n’avoir pas mené suffisamment d’inspections. Il montre du doigt particulièrement les managers, estimant que ces derniers n’ont pas investi dans les infrastructures.

Il conteste aussi les propos du recteur du Victoria College, Samuel Yeung Hah, qui avait affirmé que l’établissement était en parfait état avant les pluies torrentielles de janvier. Yahya Paraouty soutient, lui, avoir à plusieurs reprises alerté les autorités sur ce problème.

«Block Grant»

En outre, comment expliquer le délabrement de l’établissement secondaire alors que les collèges privés perçoivent des subventions de l’État ? Harris Bachwa, manager du Collège Friendship, est, lui, d’avis qu’il faut davantage aider ces institutions privées. Selon lui, la formule de block grant, décidée en 2016, pour une durée de trois ans doit être revue. «Nous attendons que le ministère ouvre les discussions à ce propos

Notre interlocuteur affirme que le montant proposé ne suffit pas pour apporter des améliorations aux infrastructures et au niveau de l’enseignement. Ces facteurs, fait-il ressortir, sont importants pour pouvoir attirer davantage d’élèves, car le nombre d’admissions est en baisse depuis plusieurs années.

En l’absence d’augmentation du montant des subsides, les collèges privés se disent condamnés à revoir les facilités qu’ils offrent. Mais avec le Nine-Year Schooling, par exemple, certains se demandent comment financer la création obligatoire de classes spécialisées pour le Design and Technology ou le Food and Textiles, entre autres matières.

Basheer Taleb ajoute qu’il est faux de dire que les managers des collèges privés se remplissent les poches avec l’argent de l’État. «Au-delà d’un audit en fin d’année, avec les block grants, les propriétaires des établissements doivent aussi fournir des comptes sur la manière dont l’argent prévu pour chaque item a été dépensé », précise-t-il.
 

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