Grand-Bassin: petits kanwars, grande dévotion

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L’Ecroignard Sociocultural Group a fabriqué 24 petits kanwars.

L’Ecroignard Sociocultural Group a fabriqué 24 petits kanwars.

Jeudi soir, pèlerinage jusqu’à Écroignard. Oriflammes, banderoles et guirlandes annoncent la couleur. Un parfum de piété et d’encens flotte dans l’air. Les bajhans (NdlR, chants dévotionnels) donnent le ton. Dans la cour, les enfants courent à droite, à gauche, la bonne humeur ne perd pas le nord. Les grands sont affairés, les kanwars sont en train d’être décorés.

Cette année, les kanwars seront en forme de swastika.

Il règne, à cet endroit, une joyeuse quiétude, interrompue çà et là par quelques bribes de voix, de rires, de klaxons. Tout est bien orchestré, millimétré, chacun sait ce qu’il fait. Des doigts experts placent des miroirs, des clochettes, sous le regard illuminé de mini-fées, de petits lutins. Pour fabriquer les petits kanwars on a vu les choses en grand.

Pourquoi faire dans le rikiki et la simplicité alors que la «mode» semble être au gigantisme et la complexité ? «An 2013, nou ousi nou ti fer gro… Mé apré nounn réalizé nou blok sirkilasion, dimounn ti pé get nou traver, nou mem nou ti fatigé», avouent Mayoor et Ashvin Sobron, d’Écroignard Sociocultural Group. Il ne faut pas avoir peur du mot «socioculturel», précise-t-on, tout le monde est le bienvenu ici, quelle que soit sa foi ou sa croyance.

«Nou éna bann kamarad katolik ki lev kanwar»

L’amitié, le partage, l’accueil et le bon voisinage, dans ce village, sont une religion. «Nou éna bann kamarad katolik tou ki lev kanwar ek nou.» Cette année, il y en aura 24, en forme de swastika (NdlR, dérivé du sanskrit «svastika», qui signifie «bon à être». L’un des deux principaux symboles de l’hindouisme, il représente le cycle de la naissance, la souffrance, la mort et la renaissance). Il faudra une quarantaine de personnes pour les transporter, se relayer.

C’est en 2014 que l’idée a germé. «Nou finn koz ek bann gran dimounn. Zonn fer nou konpran ki a lorizinn, kanwar ti tipti, ti pé saryé lor zépol. Lerla, sak lané, nounn tom dakor lor enn form.» Le but, c’est d’en faire cinq ou six modèles, histoire de pouvoir les recycler. Justement, où vont les kanwars après le pèlerinage à Ganga Talao ? «Bann tipti-la nounn rod enn plas dan shivala pou nou kapav réservi apré. Mé kan nou ti pé fer séki gro, ti bizin abandonn zot dan lakour dimounn ou bien dan lakour mandir.»

Les membres du groupe d’Ecroignard, en file indienne, en 2015.

Depuis trois ans donc, vêtus de kurtas de la même couleur, la bande d’amis, de proches, de voisins, de femmes et d’enfants se rend à Grand-Bassin. En file indienne, dans la discipline, soulignent Mayoor et Ashvin. Ce qui n’a pas échappé aux caméras des médias et aux yeux ravis du public. «Les gens nous félicitent, ça fait plaisir, même si on le fait avant tout pour nous, pour aller prier. Nou finn mem aprann ki nou foto dan enn liv hindi ki bann zanfan servi lékol…»

Dehors, les sacs de riz, taille XXL font leur arrivée. Après les prières, dans les jours qui viennent, on partagera des repas avec les proches et les voisins, tous ceux qui le veulent bien. Tout en nourrissant son âme et sa foi.

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