Cayam Bolaky: le cuir, il l’a dans la peau

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Cayam Bolaky a observé, appris, cousu et de fil en aiguille, a fini par maîtriser l’art, à coups de ciseaux.

Cayam Bolaky a observé, appris, cousu et de fil en aiguille, a fini par maîtriser l’art, à coups de ciseaux.

Il est un brin philosophe. Pour lui, il en faut peu pour être heureux. Le cuir, il le travaille depuis qu’il est enfant. Son quotidien n’a pas toujours été tendre, mais il a la peau dure. Rencontre avec un dur à «cuir».

Son petit atelier, sis à Plaine-Lauzun, est frappant de modestie. Tout comme l’homme lui-même. Dès l’entrée, impossible de faire un pas sans faire un voyage au pays des valises, des chaussures, des bottes, des objets qui ont du vécu et qu’il faut remettre sur pied.

Cayam Bolaky a 54 ans. Il a quitté l’école il y a longtemps, quand il avait 11 ans. «Fami ti mizer, lédikasion pa ti kado sa lépok-la. Zis mo frer inn kapav aprann. Zordi li Canada.»

Lui est entré à l’usine où on travaillait «lapo-la». Il a observé, appris, cousu et de fil en aiguille, a fini par maîtriser l’art, à coups de ciseaux. «Kan mo ti éna 15 an, mo’nn trouv gouvernman ti pé ofer kour. Mo’nn désid pou alé.» Entre les réparations à la maison, le travail, il gagnait pourtant pas mal d’argent. «Sa létan-la, Rs 1 000 ti vo lor. Mé mo’nn préfer aksepté Rs 125 pou transpor ek enn ti allowance parski mo ti anvi progrésé.»

Il y est parvenu. Depuis plusieurs années déjà, les clients affluent. Cayam répare ainsi les bottes des jockeys, les selles, les étuis, les cartouchières, les harnais. Bref, tout ce qui a trait au cuir. Son porte-monnaie est-il bien rempli ? Il empoche entre Rs 10 000 et Rs 15 000 par mois «Mo satisfé, mo viv bien ek sa.» De toute façon, «lavi zoli si ou konn aprésié séki ou éna».

Cayam a également trouvé chaussures de cuir à son pied. Il a trois filles, âgées entre 17 et 26 ans. «Bannla fer lot travay zot.» Lui ne s’imagine pas faire autre chose. Qu’importe s’il a des valises sous les yeux. «Mo vinn la 7 er, parfwa travay ziska 11 er aswar. Mé mo al fer enn ti lasies apré 1 er lerla mo révini…»

De quoi rêve-t-il ? De pouvoir continuer à gagner honnêtement sa vie, en faisant ce qu’il aime. «Éna dimounn dir mwa kifer mo pa agrandi biznes tousala. Mé mo pa anvi sa mwa…» Leçon de vie en vue : «Pou ou éré dan lavi, ou bizin fer tou avek lamour. Apré bizin satisfé avek séki ounn gagné. Kan ou pé roul ti loto, pa get Mercedes, get sa ti motosiklet ki pé mouyé dans lapli-la…»

Le secret du bonheur, selon Cayam : être droit dans ses bottes, bien dans ses baskets – en cuir – et prendre son pied. 

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