Après les grosses averses: Swayam, 45 ans, se débat dans un océan de détresse

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La maison et la cour de Swayam Nursing ont été inondées lors des averses qui se sont abattues sur le pays, le 24 janvier.

La maison et la cour de Swayam Nursing ont été inondées lors des averses qui se sont abattues sur le pays, le 24 janvier.

Elle a une idée fixe en tête : rentrer chez elle au plus vite. À hier, samedi 3 février, Swayam Nursing, 45 ans, était la seule et unique sinistrée à se trouver toujours au centre communautaire de Rivière-du-Rempart. Elle y avait trouvé refuge pendant les grosses averses.

Le calvaire de cette employée de Maxi Clean a débuté le mercredi 24 janvier. Ce jour-là, de grosses averses s’abattent sur la région, prenant plusieurs personnes au dépourvu. «Il a fallu seulement quatre heures pour que l’eau envahisse maison et cours. Mo pa’nn kapav sap nanyé, si mo ti resté, mo ti pou fini perdi mo lavi», assure Swayam.

La quadragénaire toute frêle a les épaules affaissées, le visage inquiet. Depuis qu’elle a gagné le centre communautaire, pas un jour ne s’est écoulé sans qu’elle ne soit accablée par les problèmes et les inquiétudes. «Avek sa kantité dilo ki’nn akimilé-la, mem ponpié pa finn kapav fer gran soz. Bann konséyé distrik finn avoy dimounn pou fer enn simé pou ki dilo kapav évakié…» Rien à faire. L’eau ne semble pas vouloir se retirer.

«Aret sa soufrans-la…»

«Si personn pa pou kapav ed mwa ek aret sa soufrans-la, mo préfer al zet mwa dan sa basin kinn formé dan lakour lamem!» lâche-t-elle, en proie au désespoir. Au centre communautaire, elle ne reçoit rien à manger. «Ils m’ont dit que ce n’est qu’en période de cyclone qu’ils offrent de la nourriture.»

Ce n’est toutefois pas son estomac qui l’inquiète le plus. Swayam, dont la une fille unique de 20 ans est à l’étranger en ce moment, a tout perdu. «Ce sont des policiers qui sont venus m’extirper de ma maison, en me disant que j’aillais mourir noyée si je persistais à vouloir rester sur place. Je n’ai pas eu le temps de prendre mes vêtements, rien…»

Depuis, son quotidien est rythmé par les appels à l’aide. «À chaque fois que je veux me doucher, je dois demander aux habitants de la localité ou à mes collègues de travail, ce qui est très gênant pour moi. Dimounn pé bizin vinn donn mwa vié linz. Mo pé zis dépann lor dimounn», déplore-t-elle. «Mo pa enn dimounn pares ki nek atann tou lor plato. Mo finn toulétan travay pou viv», souligne-t-elle.

En raison de sa situation actuelle, elle ne parvient plus à se rendre au travail, affirme Swayam. «Je ne me nourris plus convenablement, je suis épuisée physiquement, moralement, je n’ai plus goût à rien. Si dilo-la pa sek, mo pa koné mwa…»

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