Trafic de drogue allégué: le propriétaire du Xindix dans de beaux draps

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Sharrish Sumputh, 39 ans, est aussi connu pour ses déboires.

Sharrish Sumputh, 39 ans, est aussi connu pour ses déboires.

L’heure n’est plus à la fête pour Sharris Sumputh. Cet homme de 39 ans, propriétaire de la discothèque Xindix Nite Club, à Curepipe, a été arrêté pour trafic de drogue. Du haschisch, des psychotropes et une somme de Rs 148 100 ont été saisis dans sa chambre d’hôtel de Baie-aux-Tortues, à Balaclava, jeudi.

L’habitant d’Albion y logeait avec sa compagne de 24 ans. Cette dernière et Jeeanesh Kumar Boyjoonauth, un chef serveur de 27 ans, habitant Curepipe, ont été arrêtés. Cependant, la jeune femme a été autorisée à rentrer chez elle après son interrogatoire.

Une accusation provisoire de trafic de drogue a été retenue contre Sharris Sumputh et Jeeanesh Kumar Boyjoonauth. Ils ont été présentés devant le tribunal de Pamplemousses, vendredi matin 2 février.

«Gagn nisa ar sa»

Jeudi, 14 h 05. Sur la base d’une information et munie d’un mandat de perquisition, l’équipe du sergent Deoojee, de la Special Squad de l’Emergency Response Service, débarque àl’hôtel. Le sergent Deoojee, les constables Kullean et Armand ainsi que la policière Seelochun découvrent Jeeanesh Kumar Boyjoonauth, Sharris Sumputh et la compagne de ce dernier. Celle-ci est soumise à une fouille en privé par la policière Seelochun. Mais aucun objet compromettant n’est trouvé sur elle.
 
Sharris Sumputh et Jeeanesh Kumar Boyjoonauth sont soumis au même exercice. Dans la poche du short du chef serveur, ils découvrent une fiole contenant un liquide soupçonné d’être de la drogue. L’homme de 27 ans déclare : «Gagn nisa ar sa.» Avant d’être informé qu’il est en état d’arrestation.

Les policiers continuent leur fouille dans la chambre. Pendant cet exercice, Sharrish Sumputh ne cesse de leur demander la permission de se rendre sur le balcon. Mais les policiers insistent pour qu’il assiste à la fouille. Dans un sac à dos, les constables Kullean et Armand tombent sur 49 comprimés verts dans leur plaquette d’origine de Tramadol de 50 mg et 12 comprimés de Nervigen, suspectés d’être de la drogue. «Pou mwa sa, mo lordonans pa avek mwa», annonce Sharris Sumputh. Sa compagne et le chef serveur affirment, eux, ne rien savoir à propos de ces comprimés.

Sharris Sumputh souhaite encore une fois aller sur le balcon. Son insistance éveille les soupçons des officiers. Sur une table, ils saisissent un sac contenant une matière solide carrée de couleur marron, soupçonnée d’être du haschisch. «Haschisch sa, mo ti pou fer enn lizaz ar Jeeanesh», lance Sharris Sumputh, montrant le chef serveur. Celui-ci reste muet, tandis que la jeune femme soutient : «Mo pa konn nanyé ladan.»

Qui plus est, Rs 148 100 sont découvertes dans un coffre-fort ouvert par la compagne de Sharris Sumputh. Ce dernier dira: «Mo kass sa». Ses dires sont confirmés par sa compagne. Quant à Jeeanesh Kumar Boyjoonauth, il déclare : «Mo pa konn nanyé ladan.»

La chute d’un businessman

Sharris Sumputh est une figure emblématique du monde de la nuit. Propriétaire du Xindix Nite Club, à Curepipe, il est aussi connu pour ses déboires. Ceux qui le côtoient au quotidien le qualifient d’«enfant terrible».

Sharris Sumputh découvre le monde de la nuit dès l’âge de 15 ans. Il intègre la boîte de nuit curepipienne en tant que DJ Helper. Il a pour tâche de nettoyer et de ranger tous les CD que les disc-jockeys utilisent lors de leurs shows. Petit à petit, il se sent attiré par ce milieu.

Alors qu’il est âgé d’une vingtaine d’années, et grâce au soutien de ses parents, il achète la boîte de nuit, qui s’appelait alors Mandarin et qui allait devenir Xindix. Ceux qui l’ont fréquenté à cette époque soutiennent qu’il avait l’étoffe d’un «businessman». Il savait gérer au mieux sa boîte de nuit, devenue une référence en musique bollywoodienne.

Mais avec le temps, Sharris Sumputh aurait commencé à prendre de grands airs. «Li ti komans vinn gran-nwar», indique ceux qui l’ont côtoyé. «Il avait changé. Ce changement s’est fait progressivement. On ne le reconnaissait même plus.»

Autre reproche : «Il commençait à perdre des employés car il ne les payait pas correctement», affirme l’un de ses ex-employés. «Il tardait dans les paiements de ses fournisseurs.» Et pourtant, soutient-il, la boîte de nuit ne cessait d’accueillir des clubbers.

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