Politique: les voix discordantes des partis...

Avec le soutien de
Chaque parti a son lot de voix discordantes, difficiles à museler.

Chaque parti a son lot de voix discordantes, difficiles à museler.

Grandes gueules, rebelles out tout simplement indisciplinés. Chaque parti a son lot de voix discordantes, difficiles à museler. Coup de projecteurs sur ces hommes politiques...

Sangeet Fowdar, menaces en série

Il s’est beaucoup calmé depuis ses menaces de démissions intervenues en septembre 2017. Sangeet Fowdar (photo), député du Muvman liberater (ML), avait récidivé en critiquant publiquement, à plusieurs reprises, non seulement certaines décisions du gouvernement mais aussi l’entourage du Premier ministre. «Des personnes qui n’ont pas d’expérience conseillent le Premier ministre», avait-il dit en substance.

Mais c’est surtout au ML que ses sorties sont critiquées. Pour l’affaire Sobrinho, il trouvait par exemple que l’homme d’affaires angolais était «over protected», en réclamant une enquête indépendante. Le député du Muvman liberater avait même pris à contre-pied son leader, Ivan Collendavelloo, qui avait défendu Álvaro Sobrinho.

Si Sangeet Fowdar n’a pas démissionné, il a en revanche pris ses distances du ML. Il ne participe plus aux réunions ni aux activités du parti. En août dernier, il s’était même permis de se présenter à Belle-Mare pour une cérémonie aux côtés d’Anil Bachoo du PTr. Si un rapprochement avec les rouges n’est pas d’actualité, en revanche, il nous revient qu’il s’est, semble-t-il, davantage rapproché du MSM.

Patrice Armance, l’indécis

Il n’a pas la réputation d’être un perturbateur ou un contestataire. Pourtant, Patrice Armance vient de montrer ses griffes. Le député a même menacé de claquer la porte du Parti mauricien social-démocrate (PMSD). L’élu de la circonscription Grande-Rivière-Nord-Ouest–Port-Louis-Ouest s’est emporté contre certains membres de son parti, en évoquant un «coup de poignard dans le dos». Exclu d’une visite des lieux de son parti à Pailles, il est surtout agacé de la présence de Mahmad Kodabaccus au n°1. «Mwa mo inn éli pou servi mo sirkonskripsion é mo pou tenir mo langazman ziska lafin mo manda. AVEC OU SANS LE PMSD.» C’est ce qu’il a notamment écrit sur son compte Facebook, mercredi 31 janvier.

Steve Obeegadoo, le résistant

Ce n’est pas à Steve Obeegadoo, qui vient de se prendre une motion de blâme en pleine figure au Mouvement militant mauricien (MMM), qu’on va apprendre qu’il y a une ligne de tolérance à ne pas franchir chez les Mauves. Le président de la commission Éducation du MMM avait pourtant dans le passé grimpé assez rapidement dans l’estime de son leader. Paul Bérenger ne manquait jamais une occasion de le qualifier comme meilleur ministre de l’Éducation après sa réforme effectuée entre 2000 et 2005.

Mais les temps ont changé. Pour preuve, c’est Paul Bérenger luimême qui a présenté la motion de blâme lundi, au Bureau politique mauve. Steve Obeegadoo, même s’il bénéficie de quelques soutiens timides parmi la direction du parti, est de plus en plus isolé. Et cela depuis que ses propositions de réformes après la défaite de 2014, telles le renouvellement des instances ou le non cumul des mandats et des fonctions, ont rencontré une vague de résistance. Même si l’avenir de Steve Obeegadoo paraît incertain chez les Mauves, le contestataire persiste et signe : «il faut sauver le MMM !»

Arvin Boolell–Shakeel Mohamed… trublions timides

En politique, il ne faut se fier ni aux apparences... ni aux paroles. Les éloges du leader du Parti travailliste (PTr) Navin Ramgoolam à Arvin Boolell, après la partielle du 17 décembre dernier, masqueraient un malaise grandissant entre les deux hommes. «Arvin Boolell surfe sur une vague positive depuis sa victoire», commente un membre du bureau politique rouge. C’est précisément ce qui inquiète la direction actuelle, qui n’a toujours pas fixé de date pour la tenue du congrès annuel du PTr, où les membres exécutifs devraient remettre leur poste en jeu.

Les ambitions des uns, comme celle de Shakeel Mohamed notamment, qui pense, lui, que c’est légitime qu’il soit le leader adjoint du PTr, dérange. Le chef de file des Rouges au Parlement, qui a déjà déclaré ouvertement n’avoir pas peur de Navin Ramgoolam, soutient d’ailleurs Arvin Boolell dans ses projets visant à réinventer le parti.

Il y a aussi ses prises de position sans l’accord de la direction. Certains, dont Ramgoolam, lui ont reproché sa réaction dans le cadre de la visite du Yogi Adityanath, le Chief Minister de l’Uttar Pradesh, en novembre dernier.

Sudesh Rughoobur, serial frondeur

Son terrain de chasse préféré reste l’Assemblée nationale où, en moyenne, trois questions sont inscrites à son nom lors de chaque Prime Minister’s Question Time. En novembre dernier, Sudesh Rughoobur est l’un des seuls du côté de la majorité à exprimer son désaccord avec le Small and Medium Enterprises (SME) Bill, allant jusqu’à demander au ministre de tutelle de revoir sa copie.

Deux semaines plus tôt, le député du Mouvement socialiste militant (MSM) n’hésitait pas à poser des questions sur Landscope, dont le président, Gérard Sanspeur, et la Chief Executive Officer Naila Hanoomanjee sont considérés comme des proches du Premier ministre Pravind Jugnauth. Le backbencher s’est aussi illustré récemment par ses échanges houleux avec le Premier ministre par intérim, Ivan Collendavelloo, sur la Wastewater Management Authority. Une attitude qui irrite sérieusement au sein de la majorité. Le backbencher orange déclare déjà affuter ses armes en vue de la rentrée parlementaire, prévue le 23 mars.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires