Brutalité policière: une ONG créée par des avocats pour défendre les droits des hommes

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Leur but est de lancer le Human Rights Association d’ici février afin de venire n aide aux victims de brutalité policière.

Leur but est de lancer le Human Rights Association d’ici février afin de venire n aide aux victims de brutalité policière.

Une association d’avocats bénévoles pour venir en aide aux victimes de brutalité policière et conscientiser le public sur les droits humains. C’est l’ambition d’un panel d’avocats. Parmi eux, Sanjeev Teeluckdharry, «leading counsel» dans l’affaire David Gaiqui. Ce dernier en a fait l’annonce, hier, à sa sortie de la cour.


Avec l’arrivée de Ravi Rutnah, le panel d’avocats défendant David Gaiqui passe à six hommes de loi. Une photo de ce dernier, nu et enchaîné à une chaise au poste de police de Curepipe, a relancé le débat sur la brutalité policière. Si plusieurs des avocats de ce panel ont des couleurs politiques prononcées ou sont des membres du gouvernement, ils ont mis de côté les discours politiques pour s’attaquer au problème de brutalité policière. Leur ambition : mettre en place une ONG qui défendra bénévolement les victimes de brutalité policière. L’annonce a été faite par Me Sanjeev Teeluckdharry après la comparution de son client en cour. 


L’avocat est épaulé par Neelkanth Dulloo, Erickson Mooneapillay, Neeven Moonesamy, Deepak Rutnah et Ravi Rutnah. L’idée de mettre sur pied la Human Rights Association, qui devrait être lancée le 1er février, a germé depuis le début de cette affaire. D’autres hommes de loi devraient se joindre à l’association, qui se chargera d’informer le public sur tout ce qui touche aux droits humains.  


Sanjeev Teeluckdharry n’a pas hésité à montrer du doigt toutes les failles de la force policière. Il est d’avis que Maurice a du retard à rattraper, car tous les gouvernements successifs ont privilégié les secteurs qui rapportent des votes, comme la santé et les infrastructures, au détriment de tout le reste. «Il est temps d’investir dans la formation des policiers et que les Standing Orders de cette institution soient revus. Il faut aussi revoir tout le fonctionnement de la justice», a-t-il déclaré. 
La National Human Rights Commission n’a pas été épargnée non plus. Sanjeev Teeluckdharry se demande pourquoi cette instance n’a pas réagi tout de suite pour interdire l’accès à l’endroit où David Gaiqui a été enchaîné le temps que l’enquête soit menée. «Komié dimounn inn vinn isi akoz bann avé ki finn fer sou tortir. Si sa batiman-la ti kapav kozé, li mem li ti pou dir», a déclaré Sanjeev Teeluckdharry


 Ravi Rutnah n’a pas été tendre non plus envers la force policière. Il a même lancé un ultimatum au commissaire de police pour suspendre les limiers de la Central Investigation Division de Curepipe, suspectés dans cette affaire. «Au cas contraire, nous allons envisager une action personnelle contre lui et les policiers. Par la suite, on verra si on va poursuivre l’État», a-t-il fait savoir. Neelkanth Dulloo, quant à lui, estime qu’il est temps qu’une telle association voiel,ejour car la génération actuelle des dirigeants laisse un bien «piètre bilan en matière de droits de l’homme». «Nous allons faire en sorte que chacun soit au courant du respect et de la dignité auxquels ils ont droit. L’égalité des chances sera aussi une priorité.»

L’affaire Gaiqui reportée au 2 février


Vendredi prochain, les avocats de David Gaiqui vont présenter et débattre trois motions. La liberté conditionnelle de leur client sera «la motion principale», a fait savoir l’avocat Neeven Moonesamy. Par la suite, les motions pour que les charges provisoires d’interdiction de voyager qui pèsent sur David Gaiqui soient rayées seront débattues. Cet habitant de Pailles a été arrêté vendredi dernier car il est suspecté dans plusieurs cas de vol. Son avocat d’alors, Me Anoup Goodary, avait pris une photo de son client, nu et enchaîné à une chaise, au poste de police de Curepipe.


Anoup Goodary n’a pas enfreint le code d’éthique, selon ses avocats 


Il fait face à une charge pour «Breach of ICT Act» car il a partagé la photo nue de son ancien client sur les réseaux sociaux. Mais son avocat, Me Shakeel Mohamed, est d’avis que son client n’a enfreint aucune loi. «La stratégie adoptée par les forces de l’ordre est scandaleuse» a-t-il martelé. Me Yousouf Mohamed, qui s’occupe également de l’affaire, a tenu à souligner que les avocats dénoncent souvent les méthodes illégales utilisées par la polic,e mais se retrouvent sur le banc des accusés par la suite. Les deux avocats ont unanimement condamné les propos de Vinod Appadoo et de l’inspecteur Jaylall Bhoojawon, qui ont affirmé, dans «l’express» du dimanche 28 janvier, que dénuder un prisonnier est normal.

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