Suspect nu et enchaîné: David Gaiqui dépose officiellement plainte pour brutalité policière

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David Gaiqui a porté plainte contre Me Anoup Goodary pour «Breach of ICT Act», samedi.

David Gaiqui a porté plainte contre Me Anoup Goodary pour «Breach of ICT Act», samedi.

Nouveau développement dans l’affaire impliquant David Gaiqui, dénudé et enchaîné à une chaise au poste de police de Curepipe. Il a déposé une plainte pour brutalité policière, hier soir. Mais la veille, celui dont la photo n’en finit pas d’émouvoir les Mauriciens a fait une déposition contre son premier avocat, Me Anoup Goodary, contraint de se retirer de l’affaire, étant un témoin potentiel. L’homme de loi fait maintenant face à une plainte pour Breach of ICT Act et dit craindre pour sa liberté car il est probable qu’il soit arrêté à n’importe quel moment. Me Sanjeev Teeluckdharry, Leading Counsel dans cette affaire, dénonce un «set up» de la police.

David Gaiqui a consigné une déposition contre Me Anoup Goodary samedi matin car ce dernier a partagé sur les réseaux sociaux une photo dans laquelle il est nu et enchaîné. Cependant, Roselle Gaiqui, la femme du suspect, affirme que son mari ne sait pas lire. Ce qui fait, dit-elle, qu’il ne sait pas ce qu’il a signé. «Avan zot amenn li lakour samdi, zot inn nek fer li sign kiksoz. Li pa konn sa bann zafer la li. David mem inn dir li péna nanié kont avoka-la», lâche-t-elle.

«Déjà-vu»

Selon Me Sanjeev Teeluckdharry, ces techniques sont utilisées par la police depuis très longtemps. Il rappelle que celle-ci avait procédé de la même manière pendant le procès des suspects dans l’affaire Michaela Harte. Ravi Rutnah avait été contraint de se désister lorsqu’il avait affirmé que son client aurait été victime de brutalité policière. La police avait alors fait savoir qu’il allait être appelé comme témoin et il a dû se retirer de l’affaire. Sauf que Ravi Rutnah n’est jamais passé à la barre des témoins.

Pour Me Sanjeev Teeluckdharry, l’histoire se répète. «Ils font pression sur un suspect, utilisent des tasers et autres méthodes pour avoir des aveux. C’est connu à la CID de Curepipe», dit-il pour expliquer la plainte de David Gaiqui contre Me Anoup Goodary. D’ailleurs, il a adressé une lettre en ce sens au commissaire de police, Mario Nobin, indiquant, entre autres, que c’est le gouvernement travailliste qui avait démantelé le Police Complaints Investigation Bureau. Et depuis, les dérives ont augmenté.

Dans une deuxième lettre envoyée au commissaire de police, Me Sanjeev Teeluckdharry demande que la police revoie l’objection à la remise en liberté de son client, la suspension immédiate des officiers qui sont suspectés et de confier l’enquête à une autre équipe que celle de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe.

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