Météo: Mooldeo Mangar, frappé par la foudre

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Mooldeo Mangar a vécu la même situation il y a bien des années.

Mooldeo Mangar a vécu la même situation il y a bien des années.

L’histoire remonte au 1er janvier 1971. Quarante-six ans plus tard, Mooldeo Mangar, âgé de 75 ans, revient sur l’événement qui l’a marqué à vie. «Depuis, je considère chaque jour comme un cadeau», confie le septuagénaire. Que s’est-il passé ce jour-là ?

Ce 1er janvier, son ami Cadress Chengapen l’avait appelé. Mooldeo Mangar précise qu’à l’époque, la coutume voulait que tout le monde fête le Nouvel An en famille. Son ami, sa femme Stéphanie et leur fils de sept ans, la soeur de Mooldeo Mangar et lui-même ont mis le cap sur Pieter Both. Les deux hommes étaient férus d’escalade et la montagne était leur préférée. «Nous l’avions escaladée des centaines de fois. Nous connaissions chaque sentier, chaque branche, chaque buisson», dit l’homme âgé, plongé dans ses pensées.

Toutefois, alors qu’ils étaient presque arrivés au sommet, le groupe a été surpris par la pluie. Il était environ 16 h 30. «Il y avait une petite cave dans le rocher. Stéphanie s’y est réfugiée avec son fils. Ma sœur est partie un peu plus loin. Cadress et moi étions près de la petite cave», se souvient Mooldeo Mangar avec précision. C’est à ce moment qu’il a entendu un grand bruit accompagné d’une explosion de lumière. C’était la foudre qui s’abattait sur eux. Tout est arrivé très vite, se souvient le septuagénaire. «J’ai entendu ma sœur crier. Cadress a été projeté dans le vide. Sa femme et son fils étaient inertes. Je savais qu’on était perdu…», raconte-t- il d’une voix empreinte de tristesse.

Alors que la scène se déroulait sous ses yeux, Mooldeo Mangar était, lui, paralysé sur place. «Je sentais l’électricité traverser mon corps. C’est dur à expliquer. Je tremblais, mais je ne ressentais pas de brûlure. J’ai vu ma vie défiler sous mes yeux, c’était la fin...»

Combien de temps cela a-t-il duré ? Mooldeo Mangar réfléchit. Peut-être trois minutes. Peut-être moins, ou plus. Il ne saurait dire. Tout ce qu’il sait, c’est qu’à un moment, il est revenu à lui. Il pouvait bouger les mains, mais ses pieds étaient toujours paralysés. Après un laps de temps qu’il ne saurait quantifier, il a recouvré l’usage de ses membres. Il a rejoint sa sœur et les deux ont passé la nuit sur le sommet de la montagne, trop épuisés pour redescendre.

Le lendemain, ils sont descendus de la montagne. Au village, c’était le branle-bas. Leurs familles et voisins s’inquiétaient de leur disparition. Mooldeo Mangar et sa sœur ont prévenu les policiers du poste de Saint-Pierre de l’accident. Une opération a été montée par la Special Mobile Force pour descendre les dépouilles.

Si le septuagénaire affirme que l’événement ne lui a pas laissé de séquelle physique, il impute les problèmes de santé de sa sœur à la décharge électrique qu’elle a reçue. «Toutefois, je ne vais pas dire que je m’en suis sorti complètement indemne», avoue-t-il. Depuis ce jour, le passionné d’escalade a une peur bleue du grand vide. Il a même cessé les randonnées en montagne, préférant les terrains plats. «J’ai dû escalader une ou deux fois Le Pouce depuis. Et à chaque fois, j’avais peur comme quelqu’un qui découvrait les hauteurs.»

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