Centre d’accueil: «On haussait le ton parce qu’on nous poussait à bout»

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La jeune femme affirme qu’elle se faisait maltraiter. (Photo d’illustration)

La jeune femme affirme qu’elle se faisait maltraiter. (Photo d’illustration)

Astride (prénom modifié) n’a pas de regret. Elle le referait si c’était à refaire. Fuguer du centre où elle avait été placée contre son gré. C’était il y a deux ans.

Mais l’oiseau qui a préféré quitter sa cage s’en souvient comme si c’était hier. À l’époque, quand elle a «dérapé », c’est parce que ses parents s’entre-déchiraient. Son papa, dit-elle, refusait de signer les documents qui lui auraient permis d’être avec sa maman. Elle a alors fait «des choses», avant d’atterrir dans le centre.

L’adolescente raconte que d’autres pensionnaires n’avaient, pour certaines, pas de parents, pas de proches. «Il y a des filles-mères qui vivaient avec le père de leur bébé. Mais ce sont des voisins ou des membres du public qui les ont ‘dénoncées’ à la Child Development Unit.»

L’une d’elles a également fait une fugue. «So mama ti sey fer démars pou tir li mé bann-la pann dakor. So fami ti mank li saem linn sové…»

Et elle, pourquoi s’est-elle enfuie ? Parce que les siens lui manquaient aussi. Et que la vie au sein du centre était loin d’être idyllique, loin de là. «Ti pé gagn maltrété. Ti éna enn Madam laba ki ti pé protez nou mé kan nou finn tann dir li pé alé, nounn sové.»

La jeune femme avait, en fait, l’impression d’être en prison, avec des geôliers. «Il y en a qui ont tendance à oublier que nous sommes des êtres humains, malgré les bêtises qu’on a pu faire.» Pourtant, admet Astride, toutes celles qui sont placés dans des centres d’accueil sont loin d’être des anges.

«Il nous arrivait de hausser le ton, mais c’était parce qu’on nous poussait parfois à bout.» Et d’ajouter : «Il y a des ‘care givers’ qui nous disaient qu’elles n’étaient pas là par amour mais que pour l’argent et que du coup, elles n’en avaient rien à faire.»

Sollicitée pour un point de vue, la directrice d’un centre d’accueil a tenu à présenter l’autre facette des choses. «Les enfants sont parfois manipulateurs. Nous ne pouvons leur offrir tout le confort d’un ‘véritable foyer’, vu que nous dépendons des fonds du ministère pour fonctionner.»

Quid des allégations ayant trait aux maltraitances psychologiques, voire physiques ? «De telles choses ne se sont jamais produites en ma présence. Ce sont parfois les ‘care givers’ qui sont battues, qui se font insulter. Et pour cela, il n’y a malheureusement pas de loi…»

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