Photo du PM sur un site porno: la liberté d’expression fait débat

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Une femme a été interpellée par le Central Criminal Investigation Department, lundi, dans cette affaire.

Une femme a été interpellée par le Central Criminal Investigation Department, lundi, dans cette affaire.

La photo de Pravind Jugnauth diffusée sur un site pornographique divise. Quelques internautes prennent cet incident avec humour tandis que d’autres considèrent que ceux ayant posté ce cliché ont dépassé les bornes. Que dit la loi ? Nous avons constaté que même les avocats sont divisés sur cette affaire. L’un d’eux parle d’une peine de prison pour le ou les coupables.

Interrogé, le Senior Counsel Yousuf Mohamed est d’avis que le concepteur de ce photomontage a voulu exprimer une opinion politique. «D’abord, il n’y a rien de pornographique dans l’image. Si l’on interprète le texte accompagnant la photo, on peut comprendre que le concepteur a voulu dire que le gouvernement ou le Premier ministre gère mal le pays», dit-il.

L’article 12 de la Constitution garantit d’ailleurs la liberté d’expression. Mais qu’en est-il dans ce cas ? Me Anoup Goodary indique, lui, que cette liberté a des limites. «Ce n’est pas un droit absolu. D’ailleurs, c’est précisé dans la Constitution. Mais dans le cas qui nous intéresse, ce n’est pas de la liberté d’expression. C’est du character assassination et de la diffamation», précise l’avocat.

Cinq ans de prison

Me Anoup Goodary cite les articles 46 (g) et 46 (h) de l’Information and Communication Technologies (ICT) Act. Ceux-ci stipulent que c’est contraire à la loi d’envoyer des messages utilisant des appareils électroniques pour offenser l’autrui, pour lui causer des inconvénients, pour diffuser de faux messages ou induire les gens en erreur. Sous cette loi, toute personne reconnue coupable risque une amende ne dépassant pas Rs 1 million et une peine de prison de moins de cinq ans.

Idem pour l’avocat Nilen Vencadasmy. Selon lui, le ou les responsables ont commis un délit sous l’ICT Act. Ce faisant, dit-il, ces internautes ont porté préjudice à Pravind Jugnauth. «Tout laisse croire qu’il y a eu l’intention de nuire au Premier ministre en postant cette photo sur ce site. Ceux l’ayant partagée risquent d’avoir des ennuis», déclare-t-il.

Un homme et une femme ont été interpellés par le Central Criminal Investigation Department lundi. C’est un habitant d’Hermitage, ayant découvert une photo de Pravind Jugnauth sur un site pornographique, qui avait porté plainte plus tôt.

Les Mauriciens, consommateurs actifs de sites pornos

Parmi les sites consultés par les Mauriciens, «Xvideos.com», «pornhub.com», qui reçoit environ 15 500 visites par semaine, et «xHamster». Certains internautes mauriciens ont tenté d’avoir accès à des sites pédopornographiques. Rien que pour le mois de décembre, il y aurait eu 25 317 tentatives de connexion à ces sites Web. Les adresses IP vers ces sites sont bloquées par les fournisseurs d’accès à Internet. Néanmoins, aucune sanction n’a été prise.

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