Jacqueline Dursoniah: la bienfaitrice des «Maléré» de Pailles

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Jacqueline Dursoniah s’occupe des familles en difficulté de la région de Pailles depuis les inondations de 2013.

Jacqueline Dursoniah s’occupe des familles en difficulté de la région de Pailles depuis les inondations de 2013.

À 56 ans, Jacqueline Dursoniah, oeuvre pour le social. Elle a même fait de ce «besoin» et de cet amour d’aider les autres, sa profession. Lors des intempéries causées par Berguitta durant la semaine écoulée, la quinquagénaire était au four et au moulin. En tant que présidente et fondatrice de l’organisation non gouvernementale Civic Action Team, elle déplore le manque d’organisation et d’encadrement au sein des institutions censées de venir en aide aux personnes en détresse. D’ailleurs, les propos tenus par le ministre de la Sécurité sociale, Etienne Sinatambou, «biskwi, délo», à l’encontre des sinistrés de Berguitta, la révoltent…

Celle qui ne mâche jamais ses mots, comme elle le dit, s’occupe des familles en difficulté de la région de Pailles depuis les inondations de 2013. Mais pas que. Avec son équipe de bénévoles, elle encadre et touche à plusieurs secteurs du social. Elle oeuvre tant pour les familles pauvres que pour les filles-mères, les vieilles personnes de même que les enfants.

Jacqueline Dursoniah s’occupe des familles en difficulté de la région de Pailles depuis les inondations de 2013.

La quinquagénaire raconte que durant la période cyclonique, elle n’a pas fermé l’oeil de la nuit. Les familles dont les maisons ont été affectées durant les inondations de 2013 se sont, de nouveau, rendues dans le centre communautaire de Pailles. Celles qui n’ont pas de maison décente également. Bien que personne ne l’y oblige, lors de chaque catastrophe, c’est elle, avec le soutien de son équipe et d’autres volontaires, qui encadre les sinistrés. Résultats : pendant que les choses dégénéraient dans les autres centres d’hébergement d’urgence, à Pailles, où 78 familles se partageaient le petit espace, tout se déroulait dans le calme. Idem pour l’exercice de remise de compensation.

Un soutien infaillible

Sa passion pour l’humain, poursuit-elle, lui vient de son père, Joseph Raymond Dursoniah. «À l’époque, un costume coûtait très cher. Et quand une personne décédait et que sa famille n’avait pas les moyens de s’en offrir un, celle-ci venait voir mon père. Ce dernier allait chercher son costume le plus neuf ou celui qu’il n’avait jamais porté avant pour le donner en cadeau», raconte Jacqueline. Et d’ajouter sur une note d’humour «quand vous demandez à ma mère de parler de mon père, elle vous sortira toujours des histoires de la sorte car c’est ce qu’il faisait de tout son temps».

Bien que Jacqueline Dursoniah concède qu’on ne puisse pas aider tout le monde et qu’il ne faut rien attendre en retour même si on le fait, elle affirme que les institutions concernées ne s’y prennent pas forcément de la bonne manière. «Il faut être paré à faire face à ce genre de situation. C’est ce qui manque ici à Maurice. On veut bien faire mais la manière de faire est parfois irréfléchie ou on ne le fait pas pour les bonnes raisons.»
 
Que pensent les habitants de Pailles du soutien infaillible de la quinquagénaire ? Ceux que nous avons rencontrés au centre en compagnie de Jacqueline semblent voir en elle leur «sauveur» et leur porte-parole. «Kot madam Dursoniah, prémié station dan Pailles. Li pa fermé li, li fer dimounn konpran bann zafer é fer zot al réflési. Zot tou respecté li isi», confient-ils en choeur. Ce qui pousse Jacqueline Dursoniah à dire que «je ne parle pas à leur place. Je leur explique ce qu’il faut faire, comment procéder et je les accompagne. Et vous voyez, même les personnes qui n’ont pas les moyens comprennent. Il suffit de leur parler et savoir comment le faire, car toutes n’ont pas eu la même éducation».

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