Requin bouledogue capturé à Grand-Gaube: les cages aquacoles en cause ?

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Le requin capturé dimanche 21 janvier faisait plus de deux mètres de long.

Le requin capturé dimanche 21 janvier faisait plus de deux mètres de long.

La présence de requins dans le lagon de Grand-Gaube ? Les pêcheurs y sont habitués. Après tout, «il y en a toujours eu». Sauf qu’ils ne sont généralement pas aussi grands que le requin bouledogue qu’ils ont capturé dans la matinée du dimanche 21 janvier. Capture qui intervient exactement deux semaines après que le ministre du Tourisme, Anil Gayan, a visité les fermes aquacoles de Grand-Gaube.

Le requin faisait plus de 2 mètres de long et rôdait autour des cages aquacoles. Au dire de deux pêcheurs rencontrés hier, il y avait, en fait, deux requins bouledogues. Ceux-ci, ajoutent-ils, rôdaient près des cages aquacoles installées depuis un peu plus d’un an dans le lagon de Grand-Gaube.

Ainsi, l’un des pêcheurs a placé des hameçons à requins dans le lagon, samedi 20 janvier. «Ce matin (NdlR, dimanche 21 janvier), j’ai capturé ce requin et je l’ai ramené à terre.» Il s’agit de la neuvième prise de ce genre pour ces deux pêcheurs. Parmi les espèces qu’ils ont déjà pêchées, «des requins de récif et tigres». 

Le requin capturé dimanche 21 janvier faisait plus de deux mètres de long.

Endroits éloignés

Reste que les gros spécimens que les pêcheurs ont capturés dans le lagon se trouvaient à environ une cinquantaine de mètres des cages. «On trouve de gros requins dans des endroits plus éloignés, comme la passe Carcasse, mais pas ici normalement.» Ceux de cette taille ne restaient jamais dans le lagon, precise le pêcheur.  Les cages aquacoles les attireraient-elles ? «Je ne peux dire si c’est l’aquaculture qui attire les requins.»

L’un des deux pêcheurs révèle avoir rencontré Anil Gayan, le lundi 8 janvier, lors de la visite du ministre du Tourime. Il affirme lui avoir dit qu’il a attrapé des requins. Pour toute réponse, le ministre Gayan lui aurait lancé «de continuer à pêcher». 

Anil Gayan s’y était rendu, pour déterminer si les craintes de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM) concernant le projet Growfish et la présence de requins dans le lagon étaient justifiées. Il avait, par la suite, déclaré qu’il n’y avait «aucun requin autour des cages». Ajoutant toutefois que le ministère du Tourisme «resterait vigilant». 

D’autre part, des opérateurs de bateau, notamment de pêche au gros, s’inquiètent de la présence de ces requins. Selon eux, les squales pourraient faire fuir les touristes du Nord. N’étant pas à Maurice, Anil Gayan n’a pu être joint au téléphone pour commenter cette affaire. 

Enquêtes appropriées

L’AHRIM, de son côté, n’a pas enregistré de plainte sur la présence de requins et des risques liés. Néanmoins, pour le Chief Executive Officer Jocelyn Kwok, «les ministères et autres autorités concernés devraient s’intéresser davantage à ce qui s’y passe et, notamment, démarrer des enquêtes appropriées». 

L’AHRIM avait fait appel devant le tribunal de l’Evironnement contre le permis Environment Impact Assessment délivré au promoteur Growfish. Juste après la sortie d’Anil Gayan, l’association a réaffirmé que son appel était justifié par la taille importante du projet Growfish, avec ses dizaines de cages flottantes. L’AHRIM estime que le projet pourrait changer le comportement des requins et qu’une étude scientifique doit être menée. L’affaire a été renvoyée au 25 janvier.  

À savoir qu’il nous est interdit de pêcher des requins, Maurice étant signataire de la Convention on International Trade in Endangered Species.

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