Berguitta: il brave le danger pour nourrir un chien blessé

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Depuis cette rencontre, Kiran ne cesse de refaire la même route, histoire de voir si son ami est de retour… En vain

Depuis cette rencontre, Kiran ne cesse de refaire la même route, histoire de voir si son ami est de retour… En vain

Solidarité. Un mot qui prend tout – ou toutou – son sens en période cyclonique. Le passage de Berguitta n’a pas fait exception à la règle. Alors que certains aidaient leurs concitoyens qui étaient dans le besoin, d’autres pensaient aux animaux qui ont souffert à cause du mauvais temps.

Le mercredi 17 janvier, nous sillonnons l’est du pays, sous une pluie battante. L’alerte 3 est déjà en vigueur. À hauteur de Malenga à St-Pierre, nous empruntons une route bordée de champs de canne. Au milieu du sentier, sorti de nulle part, une voiture sans personne à bord. S’agit-il d’une personne en détresse ?

Non, tout simplement d’un bon Samaritain. Qui a laissé l’habitacle confortable de sa voiture, quitte à finir mouillé comme un canard, pour aller nourrir un chien errant, visiblement blessé. On s’arrête.

L’ami des bêtes s’appelle Kiran Ujoodha, il a 43 ans, habite L’Avenir. «J’allais nourrir les chiens d’un collègue, qui est absent du pays, à Moka, lorsque j’ai vu ce chien. Je lui ai donné de la nourriture, mais il n’a pas mangé. Et je ne peux pas l’approcher non plus car il est devenu agressif. Très probablement en raison de ses blessures.»

Le chien rampe presque, ses pattes arrière sont blessées. Il a probablement été victime d’un accident. Quelques tentatives d’apprivoisement plus tard, le toutou est toujours sur la défensive. Mais nous apprendrons qu’il avait fini par accepter la nourriture offerte par le responsable d’une société de gardiennage.

Ce père de trois enfants, âgés entre 8 et 15 ans, a cependant un pincement au cœur. Celui de n’avoir pu emmener l’animal avec lui pour le soigner. «Il était trop agressif, sinon je l’aurais pris avec moi.»

Depuis cette rencontre, Kiran ne cesse de refaire la même route, histoire de voir si son ami est de retour… En vain. «J’espère qu’il est toujours en vie.»

En attendant, l’amoureux des bêtes s’occupe de ses mamours. Avec sa femme Preety et ses enfants, qui ont également un faible pour les animaux. Dans leur basse-cour : un chien qui répond au doux prénom de Beethoven, un loriquet (NdlR, petit perroquet) surnommé Nuts, Cocok le coq et une poule qui n’a pas été baptisée.

«Honnêtement, je préfère les animaux aux humains. Eux, au moins, ne vous blesseront pas sans raison…» conclut Kiran. Une philosophie qui a du chien.

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