Dr Amanullah Esoof, ancien député et conseiller municipal: «On n’encourage plus les jeunes à être solidaires»

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Amanullah Esoof, le premier député de l’île Maurice républicaine en 1992, est aujourd’hui médecin de l’État en poste au dispensaire de Sainte-Croix.

Amanullah Esoof, le premier député de l’île Maurice républicaine en 1992, est aujourd’hui médecin de l’État en poste au dispensaire de Sainte-Croix.

Le passage du Dr Amanullah Esoof en politique a été plutôt bref. Cependant, le médecin, aujourd’hui âgé de 65 ans, n’écarte pas un possible retour dans l’arène, si les conditions sont réunies.

Amanullah Esoof, le premier député de l’île Maurice républicaine en 1992, est aujourd’hui médecin de l’État en poste au dispensaire de Sainte-Croix. Il a rejoint la fonction publique en 1998 et a exercé à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo dans la capitale pendant plusieurs années.

Même s’il est resté un observateur attentif de l’évolution sociopolitique du pays, le Dr Esoof, en fonctionnaire respectueux des règlements, ne fera aucun commentaire à caractère politique. Cependant, l’ancien élu ne peut s’empêcher de noter que le pays a pris du retard dans certains domaines. Cette situation l’interpelle. «Le pays ne s’est pas doté des moyens pour faire face à la compétition internationale», note-t-il.

Le Dr Esoof fait remarquer que le secteur agricole ne s’est pas modernisé. Au contraire, l’agriculture recule pour laisser la place au développement immobilier, affirme-t-il. Même constat de retard sur le front de l’environnement, notamment sur les aspects relatifs à la collecte et le traitement des déchets. «C’est dommage que le tri sélectif soit toujours ignoré par les administrateurs urbains», regrette l’ancien conseiller municipal.

Il s’inquiète de la perte des valeurs comme la solidarité. «On n’encourage plus les jeunes à être solidaires pour le bien-être de tous. Ils sont constamment mis en compétition. Le CPE a fait beaucoup de tort», pense-t-il.

Le travail du médecin dans une région démunie le met en contact avec le pays profond. Amanullah Esoof témoigne quotidiennement des difficultés rencontrées par des habitants des quartiers avoisinant le dispensaire. Pour vaincre les fléaux sociaux qui affligent certaines régions, il faut plus qu’une politique volontariste de l’État, estime-t-il. «Les citoyens doivent s’engager dans des actions solidaires», fait valoir le Dr Esoof. Mais, pour cela, il faut qu’ils soient sensibilisés et motivés. 

Le Dr Esoof s’est engagé dans le social au début de sa carrière. C’est d’ailleurs par le biais du travail communautaire qu’il est entré en politique.

Nous sommes dans les années 80. La drogue fait des ravages à Port- Louis, plus particulièrement à Plaine-Verte. Samioullah Lauthan, alors enseignant dans une école secondaire, et d’autres volontaires lancent un mouvement pour prévenir les jeunes des dangers de la toxicomanie et pour effectuer un travail menant à la réhabilitation des victimes du fléau. Nasroollah Esoof, le frère aîné d’Amanullah, fait partie de l’équipe entourant Samioullah Lauthan. Il demande au jeune médecin de rejoindre les professionnels de santé qui encadrent les travailleurs sociaux.

Entrée en politique

Le Dr Esoof répond à l’appel de son frère et s’active au sein de l’équipe de bénévoles du Centre Dr Idrice Goomany. C’est là qu’il rencontre Cassam Uteem, alors député et lord-maire. Deux ans plus tard, ce dernier invite le Dr Esoof à rejoindre le Mouvement militant mauricien (MMM). Aux élections municipales de 1988, le médecin est élu en tête de liste dans l’arrondissement no5 (Plaine-Verte).

En 1992, Cassam Uteem démissionne du Parlement pour accéder à la présidence de la République. C’est le médecin bénévole, natif et habitant de Plaine-Verte, qui est désigné par le MMM pour lui succéder au sein de l’Hémicycle. Le Dr Esoof, alors jeune quadra, triomphe à l’élection partielle d’octobre 1992 dans la circonscription no 3 (Port-Louis maritime–Port-Louis Est).

Cependant, un an plus tard survient la crise au MMM. S’ensuit une scission qui donne lieu à la création du Renouveau militant mauricien (RMM), mené par Prem Nababsing. Avec ses colistiers Bashir Khodabux et Osman Gendoo, Amanullah Esoof quitte le MMM. Aux élections générales de décembre 1995, le député sortant est candidat, sous la bannière MSM-RMM, dans sa circonscription, mais il est emporté par la vague rouge-mauve.

Le Dr Esoof a-t-il définitivement tourné la page de la politique active ? En ce moment, il se concentre sur son travail et sa famille. Il se préoccupe surtout de l’avenir de ses enfants, dont deux terminent leurs études de médecine en Irlande. Cependant, le désir de servir est toujours présent. Le médecin n’exclut pas un retour à la politique active, si le besoin se fait sentir et les conditions sont réunies.

Son parcours
1983 – Retour au pays après des études de médecine
1986 – Bénévole auprès des fondateurs du Centre Dr Idrice Goomany
1988 et 1991 – Élu conseiller municipal à Port-Louis
1992 – Élu député de la circonscription n°3
1993 – Parmi les fondateurs du RMM
1995 – Battu aux élections. Se retire de la politique
1998 – Se joint à la

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