Cité Longère: «Sa bann ti lakaz nou ena la si pou alé…»

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Ce qui devait être des logements temporaires  après les cyclones Hollanda et Dina pour ces habitants de Cité Longère Blanc a fini par être leur quotidien depuis 24 ans pour certains.

Ce qui devait être des logements temporaires après les cyclones Hollanda et Dina pour ces habitants de Cité Longère Blanc a fini par être leur quotidien depuis 24 ans pour certains. 

Treize heures, hier, à cité Longère Blanc et cité Tol. Les habitants de la région font le va-et-vient entre la petite boutique aménagée dans une case en tôle et leurs maisons. Ils font leurs provisions en prévision du cyclone qui approche.

Provisions consistant en des bougies, torches, bouteilles d’eau, entre autres. Pas de nourriture, toutefois. «On ne peut s’acheter de la nourriture en avance car il y aura certainement des inondations et nous perdrons toutes nos provisions», explique Marie-Danielle Bégué.

À cité Longère Blanc, on est plutׅôt résigné. «Nous ne pouvons rien faire d’autre. Nous espérons seulement que nous survivrons. Sa bann ti-lakaz nou éna la si pou alé ar bann rafal-la», lâche Tisson Raboude, un habitant.

Ces «ti-lakaz», qui ont été érigées à la suite des cyclones Hollanda en 1994 et Dina en 2002, pour loger les sinistrés, étaient censées être temporaires. Sauf qu’au fil des années et des gouvernements successifs, rien n’a été fait pour améliorer le quotidien de ces quelque 200 Mauriciens, dont certains sont là depuis presque 24 ans maintenant.

Aujourd’hui, ces «ti-lakaz» faites de plaques d’amiante endommagées et les toitures en feuilles de tôle rongées par la rouille ne protégeront pas leurs occupants contre Berguitta. D’autant que des rafales de 200 km/h sont attendues, selon les prévisions de la station météorologique de Vacoas. «Tout sera détruit avec le passage de ce cyclone. On prie pour qu’il ne vienne pas directement sur Maurice car cela nous serait fatal», avance Tisson Raboude.

Ces familles avaient déjà passé un sale quart d’heure lors des fortes pluies qui s’étaient abattues sur l’île en début d’année. «Marsé pa kapav marsé, nous ne pouvions pas dormir car les matelas étaient trempés. Et toute la nourriture dans la cuisine était avariée», raconte Thérèse Marie. Une grande détresse se lit sur le visage de cette mère de trois enfants. Elle sait que Berguitta n’augure rien de bon pour sa famille et elle. Surtout que sa maison, comme celles des autres habitants, n’est pas étanche.

Le toit est quasi inexistant dans certaines cases et quand les sentiers qui leur servent de rues sont inondés, «dilo ariv oter zénou dan lakaz», lâche cette mère de famille. Ces habitations ayant été montées à même la terre, il n’y a aucune possibilité de construire des drains. Ce n’est pas tout. Le risque qu’un arbre tombe sur l’une ou plusieurs des cases est bien réel.

Et ce qui les inquiète le plus, c’est ce qu’il adviendra de leurs enfants. «Kot bann-la pou alé? Zanfan sa, zot pa pou kapav tini enn siklon déor», s’insurge Joanne Bavastro, mère d’un bébé de neuf jours.

Les jours de fortes pluies ont été très éprouvantes pour cette jeune maman et elle avoue ne pas savoir comment faire face à Berguitta.

Le centre de refuge de Baie-du-Tombeau n’est-il pas ouvert à ces familles ? «Oui, mais il n’accommodera pas tout le monde, répond Marie-Danielle. Nous sommes plus de 200 et nous ne serons pas les seuls à nous rendre là-bas.»

Comble d’ironie, les officiers du ministère du Logement et des terres étaient censés se rendre à Baie-du-Tombeau, hier, pour le début des travaux de construction des résidences de la NHDC à l’intention de ces ex-sinistrés. Exercice reporté...

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