Guido Bedin: «Je suis persécuté» 

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Guido Bedin, prétendant héritier de Bedino & Son Ltd.

Guido Bedin, prétendant héritier de Bedino & Son Ltd.

Le 8 janvier, «l’express» dévoilait les dessous de cette histoire d’escroquerie présumée ayant mené au krach de l’usine Bedino. L’un des protagonistes, Guido Bedin, se confie.  

Qui est Guido Bedin ?
Je suis arrivé à Maurice il y a 13 ans. J’ai appris les rouages de la bijouterie pour aider mon défunt père, Dino Bedin, qui a été le directeur de Bedino & Son Ltd.

J’ai servi l’entreprise en tant que directeur de juin à décembre 2013 avant de prendre de l’emploi auprès d’une autre compagnie. J’y suis toujours d’ailleurs. Il s’agit de Bedin Realty Ltd, qui opère dans l’assistance technique.

Lorsque José Thibaut est devenu administrateur de l’entreprise, il a retenu mes services en tant que consultant en matière de production et qualité. Avec son départ en novembre dernier (NdlR, José Thibaut a soumis sa démission comme administrateur), j’estime que ce contrat n’est plus valable.

Je reste donc un des héritiers Bedin et conteste la propriété de Bedino & Son Ltd devant la Cour suprême.

Comment vous êtes-vous retrouvé en cellule policière pendant sept jours durant la période festive ?
C’est suivant une plainte faite par José Thibaut au poste de police de Sodnac. L’administrateur allègue que j’ai procédé à une exportation à son insu. Ainsi, on m’a appelé le 28 décembre et j’ai passé les premiers jours de l’année en cellule policière.

J’ai été présenté en cour de Rose-Hill, sous une charge provisoire de «larceny by person». J’ai recouvré la liberté après avoir fourni une caution de Rs 10 000. C’était le 3 janvier.

Parlez-nous de cette «exportation illégale». 
D’abord, elle n’a rien d’illégale car j’ai tout fait selon les procédures établies. En fait, on avait des commandes pour la compagnie Bea Italy, une ancienne cliente. Il se trouve que celle-ci appartient à ma sœur Beatrice. Vu que je me rendais en Italie à cette période et que je voyage léger, j’ai emporté ces marchandises dans mes valises.

C’est bête de payer des frais de transport qui sont élevés alors que je me rends à la même destination. Il suffit de déclarer les marchandises auprès de la douane et c’est ce que j’ai fait (NdlR, l’express a confirmé auprès d’une source à la Mauritius Revenue Authority que c’est bien la procédure à suivre). José Thibaut aurait pu contacter la compagnie italienne pour vérifier si celle-ci avait bien reçu ces marchandises. «Lorsque Thibaut a démissionné, il y avait 10 000 euros dans les comptes de la compagnie.»

Deux employées ont aussi passé des  nuits en cellule policière. Vos commentaires.
C’est très triste. Cette exportation remonte à août 2016 et ce n’est que 16 mois plus tard qu’on sort avec. Deux mères de famille ont atterri en cellule policière et une autre a subi des pressions, pour qu’elle rende la clé de l’usine.

L’administrateur dit aussi que cette exportation a été faite à son insu. S’il a changé la façon de faire les choses, il aurait dû nous en informer. Or, il n’y a rien eu de tel et cela me fait de la peine. Pas seulement pour ces femmes mais aussi pour tous ces employés qui n’ont perçu que la moitié de leur salaire de novembre. On a connu des hauts et des bas mais on s’en est toujours sorti.

«Lorsque Thibaut a démissionné, il y avait 10 000 euros dans les comptes de la compagnie.»

Vous n’en êtes pas à votre première arrestation. Vous aviez été arrêté en octobre dernier... 
En effet. C’était suivant la plainte de Mohamed Raouf Peerbocus, qui affirmait que je voulais escroquer la somme de Rs 100 000, avec la complicité de l’administrateur démissionnaire.

Cet argent représente, en fait, l’indemnité que nous offrait la compagnie d’assurance automobile suivant l’implication d’un véhicule de Bedino & Son Ltd dans un accident, en janvier 2017. Or, cette somme allait être versée sur les comptes de la firme et non le mien, bien entendu.

Bref, j’ai été arrêté, le vendredi 13 octobre dernier. J’ai dû passer une nuit en cellule car, en arrivant en cour, la police a affirmé que les documents n’étaient pas prêts. Une charge provisoire de tentative d’escroquerie a été retenue contre moi. J’ai retrouvé la liberté le lendemain après avoir fourni une caution de Rs 20 000.

Deux arrestations et plusieurs nuits en cellule policière plus tard, quel est votre état d’esprit ?
On me persécute. Or, je ne suis pas Pablo Escobar. Je me plais à Maurice si ce n’est pour ces histoires, bien sûr. Je suis en règle. Je ne fais que bosser ici. Je ne veux pas aller en prison. J’ai peur que ces histoires dissuadent le Board of Investment de renouveler mon permis de travail qui arrive à terme le 23 février.

Je ne veux pas jeter à la poubelle mes 13 ans passés à Maurice. Cela m’a pris beaucoup de temps à m’intégrer. Mais la sécurité est une chose basique. 

Comment expliquez-vous le fait que les employés n’ont reçu que la moitié du salaire de novembre et pas celui de décembre ni de boni de fin d’année ?
Lorsqu’un administrateur démissionne, c’est le directeur qui reprend la barre. Si Mohamed Raouf Peerbocus avait payé les employés, on n’en serait pas arrivé là. Et ce n’est pas qu’il n’y avait pas d’argent.

Lorsque José Thibaut a démissionné, il y avait 10 000 euros dans les comptes de la compagnie. Le directeur aurait pu verser le salaire des employés. Or, il ne veut que fermer l’usine, cela mènera à une annulation de toutes les allégations qu’on a faites à son encontre (NdlR, depuis l’éclatement de cette affaire, l’express a, à maintes reprises, tenté d’avoir la version de la partie adverse, mais celle-ci ne souhaite pas faire de commentaire).

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