À Tranquebar: «Avant siklon-la vini lakaz ti pé fini crazé»

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Berguitta s’approche. À Camp-Manna, Tranquebar, l’inquiétude est à son comble. En effet, à chaque averse, cette région se transforme en un «kan labou», rendant impossible la vie à ses habitants.

Elles sont 118 personnes à vivre dans des conditions déplorables à Camp-Manna. Cette région qui se situe dans les hauteurs de Tranquebar, à Port-Louis, se transforme, à chaque grosse averse, en un sentier ou plutôt en «enn kan labou». Rendant la circulation impossible à qui que ce soit qui veut rejoindre la cité. Il y a dix jours alors que le pays était sous les eaux, les habitants de Camp-Manna dont Marie Rosemay Cornet qui y vit avec ses deux filles, l’une d’elles étant handicapée, a dû faire face à de nombreux défis à cause du mauvais temps. Mais à peine une percée de soleil, qui avait redonné une lueur d’espoir à ces familles, que s’amène Berguitta. Ce cyclone qui rôde dans les parages des Mascareignes depuis ce week-end.

«Mo matela mem pankor sek. Ier mo’nn al lav enn tigit linz dan larivier parski gagn problem délo é aster siklon ki vini», confie Rosemay. Cette mère courage ne sait pas où elle ira si Berguitta s’approche trop près de Maurice. Idem pour Adeline Jaffa, une voisine. Ces femmes nous racontent que depuis qu’elles habitent la localité, elles n’ont jamais eu à faire face à un vrai gros cyclone. Mais toutefois depuis hier, des dégâts sont causés par les fortes rafales qui s’abattent sur Maurice. Une de leurs voisines a même vu sa cuisine complètement détruite dans la matinée d’hier. «Dapré séki nou pé tandé siklon la bien for é kapav fer boukou déga. Ier gramatin mo voizinn so la kwizinn inn krazé. Telman divan for enn bel pié papay inn tom lor madam-la so tol et inn kraz lakwizinn-la», racontent les habitants de Camp-Manna.

Quid des centres de refuge ? Si les habitants de cette localité affirment ne pas savoir où aller, c’est parce que, selon eux, le centre de refuge le plus proche sera déjà bondé en cette période cyclonique. Du coup, il n’y aura pas suffisamment de place pour les accommoder tous. De plus, ils s’inquiètent pour leurs effets personnels qu’ils ne pourront pas transporter avec eux, ne sachant pas où les mettre à l’abri. «Tou siklon kinn gagné dépi nou la pa ti sa for la mé sanla pa pé koné. Zis ar so labriz lakaz pé alé. Pou éna problem parski bann lézot dimounn ki res anba pou fini al dan sant é li tipti sa pa pou éna plas pou nou tou», confient les habitants, inquiets.

Ils lancent un appel aux autorités concernées afin de venir les rencontrer et leur dire ce qu’ils devront faire en cas d’alerte élevée. Ils demandent également à ces dernières de faire le nécessaire car de nombreux enfants vivent ce lieu et qu’il sera quasi impossible de les déplacer sans prendre de risque.

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