À Tranquebar: le difficile quotidien de Jeanne d’Arc et ses filles

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Sa maison est composée d’une unique pièce en tôle, fragile, sombre. Le sol, en terre, est recouvert d’une fine moquette, mouillée, ça sent le moisi. La petite ouverture, au fond de la maison, est cachée par une nappe en crochet, reconvertie en rideau. Une odeur de déchets en décomposition flotte dans l’air. Le bassin d’eau stagnante, à côté, n’arrange pas les choses.

Deux matelas sont posés contre les parois. Des sacs contenant des vêtements sont suspendus çà et là. Pour faire leurs besoins, Jeanne d’Arc Etienne et ses filles, âgées de 12 et 17 ans, utilisent les toilettes des voisins. La benjamine, Naomi, souffre d’un handicap au pied, elle est sujette à des crises d’épilepsie. «Li ti pé malad lékol. Bann-la pa ti pé koné ki li pé gagné», raconte Jeanne d’Arc. Lorsque les médecins découvrent sa maladie, elle est transférée à l’Association de parents d’enfants inadaptés de l’île Maurice (APEIM).


 

Les larmes roulent le long de ses joues. Jeanne d’Arc, femme courage, raconte l’orage qu’elle a traversé pendant les averses. Même si le problème n’est pas nouveau. «Sak fwa lapli tombé, mem problem isi.» Quand le temps est clément, elle accompagne sa fille à l’école. Lorsqu’il pleut, le sentier qui mène à Camp-Manna se transforme en mare de boue. «Li danzéré, sirtou akoz so problem lipié. Mo pa kapav pran li akoz mo malad.»

«Bizin dormi asizé»

Jeanne d’Arc Etienne ne travaille pas à cause de ses ennuis de santé, assure-t-elle. Elle a dû stopper son traitement  lorsque l’épilepsie de Naomi a été diagnostiquée. Les médicaments qu’elle prenait la faisaient dormir. «Si li fer enn kriz dan lanwit, li kapav mor san mo koné. Monn préfer aret tretman-la.» La fille aînée de Jeanne d’Arc aide, certes, sa mère. Mais les dangers sont partout. Quand il pleut à Camp-Manna, l’eau peut monter très vite dans les maisons…


 

«Matla inn mouyé. La pé bizin dormi asizé akoz anba mouyé. Apré va gueté.» Il faudra attendre le retour du soleil pour que la famille retrouve un semblant de normalité.

Assise à côté de sa maman, Naomi tente de consoler cette dernière, qui pleure désormais à chaudes larmes. À cause de la pluie, les maigres provisions ont été abîmées. Pour manger, la famille compte sur la générosité des voisins, comme Marie Rosemay Cornet, qui habite juste à côté. Elle vit elle-même dans des conditions précaires, mais fait de son mieux pour aider Jeanne d’Arc et ses filles. «Mo léker fermal kan mo guet sa bann zanfan-la…»

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