Patrimoine: l’Histoire gagne ses 5-étoiles

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Des différents sites touristiques qui misent sur l’Histoire à Maurice.

Des différents sites touristiques qui misent sur l’Histoire à Maurice.

Les 50 ans de l’Indépendance, c’est dans deux mois. Ces célébrations correspondent pour certains à une remise en question. Jean-Louis Pismont, président de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), est de ceux-là. Dans la récente livraison du magazine de l’AHRIM, il écrit que, «le tourisme durable, c’est aussi le partage d’une histoire, d’une  culture, qui se doit d’être assumée pour être transmise». Voici un survol des offres touristiques qui misent sur l’Histoire.

Ruines de Balaclava

Saviez-vous que ces vestiges – gérés et entretenus par le Maritim Resort & Spa – ont joué, en 1748, un rôle dans une tentative d’attaque des Anglais contre les Français qui occupent l’île ? L’histoire de ces ruines, classées patrimoine national, remonte au mandat du gouverneur Mahé de La Bourdonnais, qui arrive dans l’île en 1735. Il fait construire à la Baie-aux-Tortues, le nom initial de Balaclava, un hôpital pour les marins atteints de scorbut, un arsenal, un moulin à poudre et une fonderie pour la production d’armes et de munitions. Plus tard, il fera ériger des fortifications pour protéger ces installations, ainsi qu’un barrage sur la rivière.

Dix ans après son arrivée à l’île de France, Mahé de La Bourdonnais utilise les canons et la poudre fabriquée à la Baie-aux-Tortues, lors de campagnes militaires en Inde, en 1746. Plus de 400 esclaves travaillent sur place. Une explosion du moulin à poudre, en 1774, fait 11 morts et une trentaine de blessés. Les bâtiments – à l’exception du moulin à blé et d’une scierie qui se trouvent aussi sur place - sont détruits. Cela pousse les Français à reconstruire le moulin à poudre à Pamplemousses.

Le domaine est racheté en 1863 par l’homme d’affaires Pierre- Adolphe Wiehe, qui agrandi le moulin à blé et en augmente la production. Une distillerie de rhum et six fours à chaux voient aussi le jour.

De nos jours, ces ruines servent de décor à des soirées de gala, des mariages, des dîners et déjeuners d’entreprise. La capacité d’accueil est de 800 personnes pour un dîner assis, tandis que les lieux peuvent accueillir 1 200 personnes lors de réceptions. Une vingtaine de personnes peuvent également dîner à l’intérieur des ruines. Des lieux privatifs accessibles sur réservation.

Paroles de president : au-delà du «All inclusive»

Dans le magazine de l’AHRIM, son président, Jean-Louis Pismont souligne : «Maurice a développé une offre touristique exclusivement basée sur l’hôtellerie. Exception faite de quelques initiatives nouvelles et récentes à saluer, hors hôtel, la destination a été négligée. Qu’en est-il, par exemple, de ces beaux bâtiments historiques que l’on promet chaque année de restaurer ? Qui s’en charge ? Comment financer ? Pour que notre histoire ait un sens dans l’esprit de notre touriste, il faut d’abord que nous acceptions de la revaloriser. Seul un fort partenariat public-privé pourra garantir le niveau de qualité que mérite ce riche patrimoine. Le tourisme durable, c’est aussi le partage d’une histoire, d’une culture, qui se doit d’être assumée pour être transmise

Club Med, Pointe-aux-Canonniers

Avant de devenir un village de vacances, les lieux servaient de station de quarantaine au temps de l’immigration indienne. Les passagers des bateaux, atteints de maladies contagieuses étaient envoyés dans cette station, pour éviter que la population n’attrape leur mal. Les engagés qui décèdent sont enterrés sur place.

Vestige de cette période : la tombe du Dr Idrice Goomany, classée patrimoine national, qui se trouve dans l’enceinte du Club Med, à Pointe-aux-Canonniers. Ce médecin, responsable de la station de quarantaine à une époque où nombreux sont ses confrères qui refusent d’y travailler, meurt sur place à l’âge de 30 ans, lors d’une épidémie de variole en 1889.

Idrice Ameer Goomany est né en 1859. Il appartient à la troisième génération d’Indiens descendant des marins, communément appelés lascars. Il fait aussi partie des Mauriciens qui bousculent l’ordre établi qui rend difficiles les études à l’étranger pour ces descendants d’Indiens.

L’hôtel Le Canonnier est, lui, construit sur le site d’un ancien fort datant de la colonisation française. Des canons préservés témoignent de ce passé militaire. On y trouve aussi une ancienne poudrière construite en 1754, une tour défensive construite en 1805, à laquelle a été ajouté un phare en 1855.

Le Château de Bel-Ombre

Le Château de Bel-Ombre a été construit entre 1898 et 1910. Cette demeure coloniale à colonnades et vérandas trône dans un jardin à la française. C’est possible d’y passer la nuit. Le château est au coeur du Domaine de Bel-Ombre, créé en 1765. Cette région du Sud est associée à Charles Telfair, qui a développé la région de 1816 à 1833. La propriété sucrière de Bel-Ombre a, elle, été établie en 1910.

Le Château Labourdonnais

L’histoire de cette maison coloniale est liée à celle de Christian Wiehe, né en 1807 et mort en 1878. Ce planteur en vue fit construire cette imposante demeure entre 1856 et 1859. Contrairement à ce que son appellation pourrait laisser entendre, ce château n’a pas été la demeure de Mahé de La Bourdonnais. La décoration intérieure du château – son mobilier, son papier peint – témoigne du raffinement de l’époque.

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