Sabina Oozeerally: la marchande de «kaka pizon» vole de ses propres ailes

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Sabina devance le réveil tous les jours. Elle est debout à 4 heures du matin.

Sabina devance le réveil tous les jours. Elle est debout à 4 heures du matin.

Assise sur sa chaise tapissée de papier journal, engoncée dans son churidar jaune orné de fleurs rouges, une petite dame. À ses côtés, une grosse vitrine. À l’intérieur de celle-ci, d’énormes kaka pizon. Rencontre sous un parasol de plage par temps de pluie.

Ses journées, Sabina Oozeerally, 57 ans, les passe ici, aux côtés des passants et des voitures, dans une impasse, à la rue Bourbon, Port-Louis. Son gagne-pain : ses sev, grand format, qu’elle propose aux clients depuis 10 ans maintenant.

Sabina a une bonne bouille, un sourire avenant. Et un goût certain pour la tchatche. Ses douceurs salées, elle les fabrique elle-même. «Mo ti pé travay ek enn misié, mé linn mor. Lerla, monn sey-seyé ziska nou rési aprann reset-la. Zordi, mwa ek mo ti bolom nou fer travay-la.»

Sabina devance le réveil tous les jours. Elle est debout à 4 heures du matin. Sa recette secrète pour rester en forme, dit-elle. Au menu : la préparation des sev. «Servi besan, kouler, disel ek fey kari poulé pou donn li gou ek parfin.» Elle les transporte ensuite de Terre-Rouge jusqu’à la capitale, pour régaler les palais.

Son but dans la vie n’est pas de se bâtir un château, ni en Espagne ni ailleurs. «Nou pa kont kass par mois. Séki nou gagné par zour, ar samem asté bann zafer pou viv. Mo anvi kontinié vann mo ti sev, kapav agrandi biznes. Pouvi nou éré, bolom ek mwa.» Ses sachets de kaka pizon, elle les revend à Rs 15 ou Rs 20. Pas question de plumer les clients, de les prendre pour des pigeons. «Pa tou ki rési vandé. Parfwa resté, lerla donn fami, bann dimounn ki koné tousala.»

Le dur labeur, ça la connaît. Sabina a quitté le nid, pris son envol depuis longtemps. Elle a essayé de vendre des gâteaux, puis «autre chose», avant d’opter pour ses sev. «Dimounn bien kontan. Sirtou pou lané, éna inn fer gajak tousala ar sa, partaz ek fami, ek kamarad

Quand elle n’est pas en train de travailler, Sabrina aime passer du temps à la maison, en compagnie de sa tendre moitié, qui lui a fait goûter au bonheur. Pour les deux tourtereaux, l’amour se déguste. Autour de quelques kaka pizon.

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