Jane Ragoo: «Je quitterai la Coopérative de Vacoas si…»

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Jane Ragoo, membre du conseil d’administration de la Vacoas Popular Multi-Purpose Cooperative Society (VPMCS).

Jane Ragoo, membre du conseil d’administration de la Vacoas Popular Multi-Purpose Cooperative Society (VPMCS).

La syndicaliste est membre de la Coopérative de Vacoas depuis 25 ans. Faisant partie du conseil d’administration depuis le début de la semaine, elle veut tout savoir de l’intérieur et estime que la VPMCS pourrait réussir à honorer ses engagements envers ses membres.

Dans quelle circonstance avez-vous été appelée à vous joindre au «Caretaker Board» ?

Après le Nouvel An, j’ai reçu un appel du Registrar des Coopératives. Celui-ci m’a sollicitée pour que je fasse partie de ce board. J’ai hésité en lui disant que, normalement, c’est l’assemblée générale des membres qui doit décider de la nomination des membres ou des directeurs.

Il m’a expliqué que, dans ce cas-ci, il y a la nécessité de reconstituer le board. Et lui, en tant que Registrar, a le droit de choisir quiconque pour être membre de cette coopérative. Donc voilà, j’ai décidé de me joindre au board de gestion de la VPMCS.

On vous connaît comme syndicaliste. Pensez-vous avoir votre place au sein de ce «board» ?

Je suis membre de cette coopérative depuis plus de 25 ans. Mes enfants et d’autres proches en font également partie. Comme tous les autres membres, mon argent est bloqué depuis trois ans. En sus de cela, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) a une Credit Union, dont les fonds sont bloqués au sein de cette coopérative...

Peut-on connaître le montant de cette «Credit Union» ?

Rs 220 000.

Pourquoi avoir choisi cette coopérative pour épargner l’argent de nombreux travailleurs ?

Nous faisons notre transaction financière avec la Banque des Coopératives. Mais lorsque j’ai rencontré l’ancienne directrice de la coopérative, elle a pu me convaincre que les investissements rapporteront plus que les banques commerciales, et que les prêts accordés sont à des intérêts favorables.

De plus, à chaque fois que je me suis rendue à cette coopérative, l’ancienne directrice m’accueillait chaleureusement et me fournissait toutes les explications. Et quand j’ai appris que la coopérative compte beaucoup de membres et que bon nombre de ceux qui y ont investi sont connus, j’ai invité la direction de la Credit Union de la CTSP à y investir une partie de notre argent.

Regrettez-vous aujourd’hui de l’avoir fait ?

Non. S’il est vrai que notre argent est bloqué depuis trois ans, nous avons aussi bénéficié de certaines facilités comme des emprunts. Et j’estime que la coopérative sortira de ce problème.

Donc vous croyez sincèrement que cette coopérative pourra rembourser tous les déposants ?

Avant de répondre à cette question, laissez-moi vous dire qu’en tant qu’une des directrices de la coopérative de Vacoas, je serai informée de tous les détails. J’aurai des informations de l’intérieur et donc je pourrai porter un meilleur jugement sur la situation financière. Pour répondre à votre question, oui, je crois que les membres obtiendront satisfaction.

Ne pensez-vous pas que vous êtes trop optimiste ?

Jeudi, des dirigeants de la coopérative m’ont fait un briefing. Ensuite, il y a eu une conférence de presse animée par Armoogum Vencatachellum (NdlR, représentant du ministère de l’Activité économique sur ce board). Il m’a beaucoup convaincue à travers ses explications.

Toutefois, je précise une chose. Du moment que je découvre une anomalie, je claquerai la porte et je la dénoncerai. Mais je ne pense pas qu’on en arrivera là.

Mais déjà, existe-t-il un conflit entre la direction et deux anciens, dont l’ancien président ?

J’ai lu cela dans les journaux. Cependant, je ne connais pas grand-chose de ce conflit, mis à part les articles de presse.

Avez-vous entendu des commissions concernant la vente des terrains ?

Non, pas du tout.

D’ailleurs, lors de la conférence de presse, Armoogum Vencatachellum a évité de parler du coût de la vente de ces terrains.

Je le comprends tout à fait. Si moi-même je ne sais pas grand-chose pour le moment, il faut éviter de donner des informations au public. Mais je suis sûre d’obtenir toutes les informations dans les jours à venir.

Donc, vous n’êtes pas au courant de tout ce qui se passe à l’intérieur ?

Je n’ai été nommée que récemment. Comment voulez-vous que j’aie toutes ces informations ? Encore une fois, je vous le répète : si je découvre quelque chose qui n’est pas correct, je le dénoncerai. Et j’ajoute que je poserai des questions lors des réunions et ferai certainement entendre ma voix lors de l’assemblée générale.

SUNIL JHUGROO DEMANDE L’AUTONOMIE DE LA SOCIÉTÉ

«Laissez les membres diriger la société. La coopérative doit retourner dans la main des membres.» C’est la demande qu’a formulée Sunil Jhugroo, ancien président de la Vacoas Popular Multi-Purpose Cooperative Society, ce vendredi 12 janvier, lors d’une rencontre avec la presse à l’hôtel St Georges, à Port-Louis. La raison : la société devient solvable maintenant. «Pa nominé politik ki pou désid pou bann manb», s’insurge-t-il.

Du coup, il demande qu’une assemblée générale soit organisée afin d’élire neuf membres du conseil d’administration. Sunil Jhugroo estime qu’il faut reconsidérer la réintégration du manager car, depuis deux ans, ce dernier a pu remettre la coopérative sur les rails grâce à son plan de sauvetage. Selon ce plan, il faut encore deux ans pour rembourser les membres de même que le «redeemable shares» de 20 %, avec des intérêts. «Nous l’avons promis à nos membres.»

Sunil Jhugroo précise que les allégations sur une commission de 6 % sur la vente de terrains sont totalement infondées. «Dan okenn lof péna sa mansion-la. Sé bann fos alégasion.» Il affirme avoir porté plainte, jeudi, à la police, contre ceux qui font de fausses allégations à son encontre et qui touchent à son intégrité.

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