«Ayo pa bat mwa, mo pe mor»

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Patrick Gaëtan Souavé, 50 ans, a succombé à un choc hémorragique à la suite de blessures au visage.

Patrick Gaëtan Souavé, 50 ans, a succombé à un choc hémorragique à la suite de blessures au visage.

C’est attaché aux barreaux d’une porte en métal d’un entrepôt donnant dans le restaurant Central à Sainte-Croix, que Patrick Gaëtan Souavé a été découvert ensanglanté hier, vendredi 12 janvier, par des policiers du poste d’Abercrombie. Il était aux alentours de 5 h 30.

Ces policiers s’y sont rendus suivant une requête pour un cas de tentative de vol. La victime a été immédiatement transportée à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo, Port-Louis. Mais, elle a rendu l’âme vers 7 h 30.

Un peu plus tôt, soit vers 4 heures, on aurait entendu des cris de détresse : «Ayo pa bat mwa mo pe mor, pa pil lor mo vant.» L’autopsie, pratiquée par le Dr Maxwell Monvoisin, Principal Police Medical Officer, a attribué le décès de Patrick Souavé à un choc hémorragique à la suite de blessures au visage.

Que s’est-il passé exactement ? Un des propriétaires du restaurant, Marlen, Leung Laeng Sen Leung To Chun, 67 ans, a été écroué pour ce meurtre. Dans sa déposition, le propriétaire du restaurant, a relaté en détail ce qui s’est passé dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon lui, son frère était rentré à la maison vers minuit après avoir rendu visite à son épouse à l’hôpital. Il a dîné avant de regarder la télévision jusqu’à environ 2 heures du matin. Une heure plus tard, son frère Baba s’est réveillé et lui a dit avoir entendu un bruit provenant du restaurant.

Marlène qui n’a rien entendu lui a déclaré : «Ta to pe reve twa, ale dormi.» Son frère muni d’une torche électrique est descendu dans le restaurant. Peu après, il a entendu Baba qui criait : «Voler, voler…» Marlen s’est précipité dans le restaurant et là il a vu son frère luttant avec un individu. Cet homme avait en sa possession une pince. Avec difficulté, ils l’ont maîtrisé. C’est à travers une imposte ouverte à l’arrière du bâtiment que le suspect se serait introduit à l’intérieur du restaurant.

Baba, qui n’a pas donné de déposition encore, a toutefois donné la même version au cours d’une interview aux hommes du surintendant de police, Shyam Bansoodep de la CID. Sa déposition a-t-il dit, il la fera en présence d’un homme de loi. C’est la première fois qu’un individu fait irruption à l’intérieur de ce commerce.

Le cadavre de son fils comme cadeau d’anniversaire

Annie Souavé a eu 83 ans hier tandis que son fils a eu 50 ans samedi.

«Mo senti ene zafer pe bouillie dan mo lestoma. Mo rest cozer mem», explique Annie Souavé, la mère de Gaëtan Patrick Souavé, dit Ti Demon. Cette dernière l’a vu pour la dernière fois, jeudi à 18 h 30. Il a dîné avant de quitter sa maison à Le Cornu, Cité-la- Cure, en compagnie de sa copine. Sa mère croyait qu’il se rendait chez quelqu’un pour dormir, vu que suivant les grosses averses, le plafond de sa chambre coulait.

Le quinquagénaire, qui a fêté son anniversaire le 6 janvier, a lancé à sa mère qu’il lui laisserait savoir s’il retournerait à la maison. «Je lui ai dit : “Gaëtan, mo laniverser demain” (NdlR, vendredi). Linn dir moi mo pu fer toi coner si mo pu retourner. Nu va prepare ene ti zafer pu toi. Get ki kado li ale done moi», pleure Annie, 83 ans. La police s’est présentée chez les Souavé hier matin, aux alentours de 7 h 30. «Zot inn dir so letat grave vine lopital. Kan mo tifi in aller ki linn coner linn mort», raconte la vieille dame. Elle ignore complètement pourquoi et comment Patrick Souavé a été tué. «Mo pa cone si so lamain longue, mai souvan li gagn probleme la police.»

En effet, depuis son plus jeune âge, son fils a commencé à avoir des démêlés avec la police. Il a été arrêté à plusieurs reprises pour des cas de drogue et de vols. Il a passé la majeure partie de sa vie en cellule. Sa dernière peine a duré presque un an et demi et il a retrouvé la liberté en août dernier.

Malgré ses défauts, sa mère donne une tout autre image de lui. «Kan li dan lacaz li bon. Se so bane frekentation ki linn fine ena kinn gate li», confie Annie, avant d’ajouter : «Li netoye lacaz, lave linge, meme si li grogner li fer li. Zame linn coz ene coze ki pa bon ou criye ek moi.»

Patrick Souavé a étudié jusqu’en troisième, il ne voulait plus se rendre à l’école. C’est là  qu’ont débuté ses mauvaises fréquentations. Sa mère l’a réprimandé à maintes reprises mais en vain. Le quinquagénaire avait pris de l’emploi comme maçon il y a deux mois à Plaine-Verte. Ses funérailles ont eu lieu hier à l’église de Ste-Croix.

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