Grosses pluies à Poste-de-Flacq: «Nou per pou dormi aswar…»

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 Poste-de-Flacq fait parti des régions qui ont été les plus affectées par les grosses averses.

Poste-de-Flacq fait parti des régions qui ont été les plus affectées par les grosses averses.

Leurs visages sont crispés. La frayeur les ronge. A Camp Poorun, à Poste-de-Flacq, plusieurs habitants se sont regroupés dans la rue, hier, lundi 8 janvier. Certains commencent à creuser devant leurs portes pour dégager l’eau qui s’accumule petit à petit. Il faut absolument prendre des dispositions pour protéger leurs cours et leurs maisons. Pourtant, il y a une accalmie et le soleil timide pointe même le bout de son nez. «Nou inn fek gagn nouvel ek bann dimounn ki res dan lot sémin la, délo pé koumans désann ek tou pou vinn lamem la», lance d’emblée Rodney Labelle, un habitant de la localité. Depuis le 4 janvier, poursuit-il, plusieurs habitants n’ont pas fermé l’oeil de la nuit comme il se doit. «Nou pé per pou dormi aswar parski isi enn sel kou délo monté é nou éna zanfan tousala», lance, pour sa part, une mère de famille, inquiète.

Jimmy Ramen, est, lui, venu à Poste-de- Flacq pour aider ses parents qui y habitent. Son père, Anand Ramen, âgé de 62 ans et sa mère Santa, 60 ans. Jimmy confie qu’il a préféré construire sa maison, il y a quelques années déjà, dans un autre endroit. Précisément en raison de ces problèmes d’accumulations d’eau. «Mwa mo pa ress la mé selman mo pa kapav kit banla tousel. Taler enn ti mama ou pou trouvé kouma zot lakour pou inondé-la», déplore-t-il.

Anand nous confie que l’an dernier, le conseil de district a aménagé un drain pour soulager ce problème. Toutefois, les habitants déplorent la manière dont ce drain a été construit. «Kan zot ti koumans aranz sa drinla, nou ti lev lavwa kont sa parseki nou ti fini trouvé ki travay la pa bon. Mé bann otorité inn persisté avek sa. Zot inn ranz li enn fason kot tou délo vinn dévers kot mwa», confie le sexagénaire. Il ajoute que depuis que les grosses pluies s’abattent sur l’île sa cour est complètement inondée et l’eau a même pénétré dans sa maison.

La cause

Mais pourquoi font-ils face à ce problème à chaque fois ? Avish Ramkurrun, un autre habitant de la région, explique que ces eaux proviennent de la rivière Allée Mangue qui sort de son lit à chaque grosse pluie. «Après une grave inondation en 2008, l’ancien régime avait commencé des fouilles afin de mieux canaliser l’eau de cette rivière. Mais le projet n’a pas été fait comme il se doit car certains planteurs ont objecté, étant donné que leurs terrains et plantations se trouvent à proximité. Du coup, à chaque fois qu’il pleut les régions dont Camp Poorun, Allée Mangue, Camp Accacia et Choisy sont inondées. » De plus, confient d’autres habitants, il y a un gros problème de drains dans la localité. «Dan Camp Poorun péna mem drin. Si ti éna, nou lakaz pa ti pou inondé sak fwa é nou bann fami pa ti pou soufer koumsa», soutient Anand Ramen.

Eva Marie explique, pour sa part, que depuis le début de ces grosses pluies personne n’est venu les voir. «Oken minis, ni dépité, ni personn dan district council pann vinn geté par ki nou pé pasé. Nou mem nou pé tir foto nou pé met lor Facebook pou montré la popilasion dan ki sitiasion nou pé viv. Délo inn rampli dan mo lakwizin, manzé pa pé kapav kwi dépi sipa komié zour», avance cette mère de famille. Elle ajoute que des éléments de la Special Mobile Force sont descendus sur le terrain pour fouiller et sont repartis quelques heures après.

Une autre famille victime de ces inondations est les Kalludin. Les voisins racontent que le 4 janvier, ils ont dû défoncer une des maisons des Kalludin pour venir en aide à une vieille dame. «Nou inn al kit li dan sans kominoter é apré linn al kot so fami», explique un habitant.

Et effectivement, après presque une heure, les cours étaient inondées comme l’avaient affirmé les habitants. «La ou trouvé kouma pou difisil pou nou rant dan nou lakaz ek kouma nou pou résorti. Lorla sa délo-la pran impé zour pou li sec», raconte ce dernier. «Nou pé atann bann lotorité désann vinn get nou. Mé nou koné personn pas pou vini», lâche tristement Ashvin Rammanand.

Plus de 70 interventions pour accumulations d’eau

Entre dimanche et le lundi 8 janvier, les pompiers ont été sollicités plus de 70 fois. Sept interventions ont été effectuées dans l’Est, 20 au Nord du pays, six dans les Plaines-Wilhems, 25 à Port-Louis, trois à Moka et quatre dans le Sud. Ces derniers sont également venus en aide à une famille de Cité-la-Cure, dont leurs jumeaux de sept mois, avaient été pris au piège dans leur maison.

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