Les locaux du journal le Mauricien détruits dans un incendie

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Les locaux du Mauricien situés à la rue Saint Georges dans la capitale. 

Les locaux du Mauricien situés à la rue Saint Georges dans la capitale. 

Il y a 40 ans, le 8 janvier 1978 

Le dimanche 8 janvier 1978, le pays se prépare à la grande rentrée prévue le lendemain. De nombreux Mauriciens sont à la plage et les rues de Port-Louis sont désertes. C’est dans la journée que l’alerte est donnée : un incendie a éclaté dans les locaux du Mauricien situés à la rue Saint Georges dans la capitale. 

Les pompiers arrivent rapidement sur les lieux. Après plusieurs heures de lutte, ils parviennent à circonscrire l’incendie. Toutefois le bâtiment, construit au début du siècle, est presque entièrement détruit. Dans ce sinistre disparaît une partie de la mémoire de la presse mauricienne. Le journal perd ses archives réunissant des numéros préservés depuis 1908, des milliers de photos et de négatifs sont également détruits. La clicherie du journal, la section documentation et les bureaux sont aussi la proie des flammes.

A cette période de son histoire le journal Le Mauricien est engagé dans un processus de modernisation. Les propriétaires ont consenti à d’importants investissements pour permettre à leur entreprise d’effectuer un bond technologique. Le passage officiel du journal à l’offset est prévu le 9 janvier 1978, soit le lendemain de l’incendie.

La catastrophe fait reporter cette innovation. La direction du Mauricien devant parer au plus pressé et tout recommencer. Après une absence momentanée des kiosques, le journal recommence à paraitre deux semaines plus tard.

L’incendie du Mauricien donne lieu, trois mois plus tard, à une controverse politico-judiciaire : l’affaire Sheik Hossen. En effet, Jean-Paul Sheik-Hossen, un jeune fraîchement employé par le journal se confie à des membres du Mouvement Militant Mauricien (MMM) alors dans l’opposition. Il leur raconte que l’incendie du Mauricien est un acte criminel prémédité qui a été perpétré par la Special Branch (SB) de la police. Sheik Hossen prétend qu’il a été recruté par la SB et planté à la rédaction du Mauricien.

Paul Bérenger secrétaire général du MMM porte l’affaire au Parlement. Il fait des accusations à l’encontre du Premier ministre Sir Seewoosagur Ramgoolam tout en réclamant un comité parlementaire er une commission d’enquête présidée par un juge de la Cour suprême pour établir les circonstances de l’incendie. Sir Seewoosagur Ramgoolam préfère accorder une enquête judiciaire qui sera menée par le magistrat Sadeck Namdarkhan. 

Une fois le magistrat nommé, il commence son travail qui dure plusieurs mois. L’enquête permet de conclure que les allégations faites à l’encontre de la police étaient fausses. Sheik Hossen qualifié de psychopathe avait inventé l’histoire racontée aux membres du MMM. 

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