Ils ont du metier: Muslim Perbocus, Rain Man

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Muslim Peerbocus, 56 ans, s’adoptent aux saisons.

Muslim Peerbocus, 56 ans, s’adoptent aux saisons.

De sa bouche, les paroles sortent en rafales, sa langue tourbillonne. Dans sa tête, c’est la tempête. La pluie et le beau temps, il connaît par coeur, cela fait 40 ans qu’il pratique le métier de colporteur. En ce jeudi, il pleut des cordes. Alors il a sorti les parapluies grand format, «avec baleine», qu’il vend à Rs 100. Rencontre ensoleillée sous les nuages. 

Ses boîtes en carton, posées à même le sol et qui lui servent d’étal, résistent au déluge. La grisaille aidant, la marchandise se vend comme des petits pains «maison» tout chauds. Muslim, 56 ans, s’adapte aux saisons, au temps, il vend des produits au gré du vent. Ses parapluies se transforment en parasols quand le soleil tape fort. Pour la rentrée, il exposera des chaussettes. Sinon, le reste du temps, ce sera des T-shirts et en hiver, des pulls.

Muslim bosse depuis qu’il a dix ans. Au baromètre de la vie, il a connu des hauts et des bas. Mais il n’a jamais baissé les bras. «Monn vann gato, samoussa, tousala. Apré monn koumans van parapli, soset. Tou mo pran an gro dan magazin.» 

L’atmosphère est lourde à la croisée des rues Fraquhar et Corderie. Les averses s’en donnent à coeur joie, Muslim est aux aguets, ses parapluies aux couleurs de l’arc-en-ciel peuvent être emportés à tout moment. Non pas par les bourrasques, mais par les policiers, qui soufflent le chaud et le froid. 

«Lamem, mo éna trwa-kat kontravansion pou al péyé…» Mais il est habitué à travailler dans ce climat d’insécurité, à avoir des sueurs froides, il s’est retrouvé plusieurs fois dans l’oeil du cyclone. «Inn fatigé pey lamann. Mé mo éna mo patant tou, mo ‘hawker of goods licence’ mwa. Dan lamé oussi zot pa less trapé aster...» 

Ses journées démarrent tôt, Muslim est debout aux aurores. Elles se terminent lorsque le soleil s’endort. «Mo ress dé plass, Porlwi kot mo mama ek Terre-Rouge kot mo granmer.» Il est divorcé, a de grands enfants, qui viennent lui refiler un coup de main de temps en temps. 

Entre le travail et la famille, Muslim n’a pas le temps de se relaxer. Et puis, «pou amizé, bizin éna boukou kass dan poss, baniol pou roulé tousala !» Dans ses poches à lui, c’est parfois le désert. «Mo gagn enn Rs 20-25 000 par mwa. Mé ladan bizin tir kass pou asté marsandiz, pou pey kontravension, pou tir rasion. Éna det, krédi tousala pou peyé…» 

Des prévisions pour l’avenir ? Muslim n’est pas de ceux qui aiment tirer des plans sur la comète. «Mo espéré 2018 pou korek. Mo ziss anvi kapav kontigné travay pou trass mo ti lavi.» 

Pour ce faire, il compte sur son courage. Et sa bonne étoile.

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