Viande porcine: les producteurs en grogne

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Les producteurs doivent s’approvisionner à hauteur de 50 % auprès des producteurs locaux, même si le prix est plus élevé.

Les producteurs doivent s’approvisionner à hauteur de 50 % auprès des producteurs locaux, même si le prix est plus élevé.

Entre les producteurs de produits dérivés de viande porcine et le ministère de l’Agro-industrie, le torchon brûle. Alors que la première partie citée réclame des changements au niveau des importations de viande de porc, le ministère indique, lui, que la priorité reste la production locale.

Actuellement, les autorités ne permettent d’importer que 50 % de viande porcine. Les entreprises doivent ensuite s’approvisionner auprès des producteurs locaux pour les 50 % restants. Selon Géraldine Kattic, Business Manager de Prime Products Ltd, qui a plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de la production porcine, cette situation ne présage rien de bon pour les producteurs.

«J’ai dû diversifier mes produits pour subvenir aux besoins de l’entreprise et pour pouvoir payer mes employés», explique la responsable. Elle confie que son entreprise, qui s’appelait auparavant Porc Products Ltd, s’est mise à produire des produits dérivés de la viande de mouton depuis quelque temps, faute de viande porcine.

Elle soutient que l’importation de viande revient à moins cher que d’en acheter localement. «Le problème auquel je fais face est que la viande mauricienne n’est pas aussi bonne que celle que nous achetons de l’étranger pour notre processing», soutient Géraldine Kattic. Et d’enchaîner: «Nous avons même les hôteliers avec lesquels nous travaillons qui ne sont pas satisfaits de nos produits si nous nous servons uniquement de produits locaux.» Du coup, elle a dû revoir sa stratégie. «Notre chiffre d’affaires s’élève à moins d’un tiers de ce qu’il était. Je n’arrive même pas à trouver suffisamment de fonds pour payer mes employés. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de notre compagnie pour cette année. Je ne veux pas pousser mes employés vers la sortie…»

Selon ses dires, certaines compagnies ne rencontrent pas ce genre de problème. «C’est pour cela que nous avons rapporté cette irrégularité à l’Independent Commission against Corruption», lance Géraldine Kattic. Elle affirme que les critères de la Mauritius Meat Authority (MMA) ne sont pas aussi clairs dans cette affaire. «Le guideline utilisé est flou.»

Qualité de la viande locale

Toutefois, elle n’est pas la seule dans cette situation. Thierry de Lapeyre partage son avis sur la qualité de la viande locale. Il indique qu’elle n’est pas adaptée aux produits qu’il fabrique au sein de sa compagnie. «Cette viande est même plus chère que la matière que nous importons d’Europe.» Il avance que l’une des conditions de la MMA est que les producteurs doivent à présent tuer leurs propres cochons. «C’est un autre gros travail. Il nous faut avoir des bouchers qualifiés. Mais si l’on nous impose cette clause, elle doit être applicable à tout le monde. Or, il nous semble que ce ne sont pas toutes les compagnies qui bénéficient du même traitement.»

De son côté, Raj Punchoo, le directeur de l’Agricultural Services, au ministère de l’Agro-industrie, avance que le gouvernement veut protéger la viande porcine locale. «Certains producteurs soutiennent que la viande locale n’est pas bonne. Ils veulent s’approvisionner à l’extérieur. Mais nous, nous protégeons les éleveurs mauriciens», soutient-il. En tout cas, pour le moment, on est loin de trouver une solution à ce problème.

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