Dubreuil: laboureur, planteur, «marsan balyé»… Dev Khemai se réinvente au gré des saisons

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Dev Khemai, 62 ans, a pratiquement fini sa vie dans les champs. C’est d’ailleurs grâce à ce travail qu’il a pu nourrir ses trois fils.

Dev Khemai, 62 ans, a pratiquement fini sa vie dans les champs. C’est d’ailleurs grâce à ce travail qu’il a pu nourrir ses trois fils.

Il a 62 ans. Pourtant Dev Khemai ne pense pas à prendre sa retraite. «Mo pou travay tan ki mo lipié lamé ankor bon», assure-t-il. Il aime se sentir utile, être actif. Et par-dessus tout, il aime faire plaisir à sa petite famille et à ses petits-enfants.

Il a été laboureur depuis son enfance. Dans des champs variés se trouvent légumes, canne à sucre et maintenant «balyé fatak». Cet habitant de Dubreuil, à ses heures perdues, vend aussi des «gato délwil» dans la localité.

Dev Khemai a trois fils et deux petits-enfants. Sa femme est également laboureur dans une plantation de thé à Dubreuil. À eux deux, ils arrivent à faire bouillir la marmite chaque jour pour les cinq personnes à la maison. «Un de mes fils est à l’étranger alors que l’aîné est marié. Mon benjamin habite avec sa femme et son fils avec ma femme et moi», explique-t-il.

La vie, dit Dev Khemai, n’a jamais été de tout repos. «Ma famille a toujours été très pauvre et pour survivre, il nous a fallu travailler très jeune», se remémore-t-il. L’école ? Il n’a pas fait «gran gran klas». Son père étant laboureur, il a en fait de même en l’aidant au début dans les champs, avant de prendre la relève.

Depuis, tout au long de l’année, il se réinvente selon les saisons, il cultive des «brèdes chouchou, de la menthe, du chou chinois» ou encore des fruits tels que mandarine, pamplemousse, banane. Ces marchandises, il les vend aux particuliers. «Bann dimounn-la al révann dan bazar» ou aux habitants de l’endroit. «Ena koné ki mo planté, kan zot bizin, zot dir mwa lerla mo amen pou zot», souligne Dev Khemai.

Cependant, entre juillet et septembre, il pratique un tout autre métier. Celui de planteur de «balyé fatak». En août et septembre, il procède à la récolte, fabrique lui-même ses balais et les vend. «Avan, sa ti éna boukou valer. Aster dimounn népli servi mem. Zot servi séki vandé dan sipermarsé.»

Toutefois, il avance que cela l’aide à avoir une petite rentrée d’argent pendant deux mois, de quoi gâter encore plus sa famille.

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