On s’éclate toujours avec le «pétar serf»

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Pour certaines personnes, le traditionnel «pétar serf» ne perdra jamais sa place de roi des pétards.

Pour certaines personnes, le traditionnel «pétar serf» ne perdra jamais sa place de roi des pétards.

Pour «pouss mové zer», amuser les tout-petits ou encore pour respecter les traditions. Autant de raisons qui pousseront les Mauriciens à faire éclater des pétarades dans la nuit du 31 décembre 2017 au 1er janvier 2018, c'est-à-dire cette nuit. Une tradition ancrée dans la culture mauricienne.

Il est 16 heures, vendredi, et nous sommes en plein coeur de Port-Louis. Contrairement à nos attentes, les rues de la capitale ne grouillent pas de monde. Selon les commerçants, de nombreux Mauriciens s’empresseront d’acheter leurs stocks de pétards dans la journée du 31 décembre. Et pour certaines personnes, le traditionnel «pétar serf» ne perdra jamais sa place de roi des pétards.

L'achat de pétards, une habitude qui a été respectée par nombre de Mauriciens le 29 décembre 2017 à Port-Louis.

C’est le cas pour Satyadev. Il a 83 ans et ne rate jamais l’occasion de se rendre à Port-Louis pour acheter des pétards. Malgré son âge, il a quitté la fraîcheur de son village très tôt pour braver la chaleur de la capitale. «Mo pou sonn zis mo pétar serf mem mwa. Bann lézot pa intéres mwa. Mo papa ti pé sonn samem a lépok. Mwa monn swiv», nous raconte-il avec une pointe de nostalgie. Mais il a un regret.

«Mes enfants préfèrent les feux d’artifice, mais moi je n’aime pas ça. Monn asté 10 paké pétar serf ek mo pou sonn tou lé 10 momem», avance-t-il.

De Rs 100 à Rs 15 000

Dans le magasin Ah-Nee, à Port-Louis, l’on soutient qu’effectivement, de nombreux clients viennent chercher uniquement le «pétar serf». Le gérant du magasin est là depuis 40 ans. De nature discrète, il insistera pour ne pas être cité parce que son «grand-père n’a jamais aimé parler à la presse». Il acceptera tout de même de nous répondre.

Après les décorations de Noël, ce sont les pétards et feux d'artifice qui habillent la devanture de magasins et d'étals comme ici à Port-Louis le 29 décembre.

«Les pétards se vendent toujours très bien. Et ce n’est pas que durant le Nouvel An. Sonner des pétarades est ancré dans les habitudes des Mauriciens. Lorsqu’il y a un grand match de foot, les amateurs viennent en prendre», soutient-il. D’ajouter que les Mauriciens n’hésitent pas à mettre le prix fort sur les feux d’artifices également. «Éna dimounn pou dépans Rs 100, enn lot kapav dépans Rs 15 000», confie-t-il.

Une habitude originaire de la Chine

C’est connu ! Faire sonner les pétarades est une coutume chinoise. À l’occasion du Nouvel An chinois, les pétarades sont utilisées pour faire fuir les mauvais esprits et célébrer la moisson.

Feux d'artifice et  pétards abondaient dans les rues de Port-Louis quelques jours avant le Nouvel An de 2018.

Selon Jocelyn Chan-Low, historien, nous sommes l’un des rares pays au monde qui autorisent l’explosion des pétards. Pour lui, c’est l’aspect culturel qui prime dans l’île. «Les pétards ne sont pas uniquement utilisés en période de fêtes mais aussi pendant des rituels.»

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