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Vanessa Gowreesunkar: une femme qui a de la suite dans les idées

31 décembre 2017, 12:00

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Vanessa Gowreesunkar: une femme qui a de la suite dans les idées

Vanessa Gowreesunkar n’avait pour elle que sa maîtrise de l’allemand et un grand désir de faire des études supérieures. À force de persévérance, elle est aujourd’hui chargée de cours à plein-temps auprès de l’université de Technologie de Maurice (UTM), mais aussi secrétaire du groupe Femmes et Genre de l’ECOSOCC, de l’Union africaine. Elle vient de recevoir un prix d’une organisation africaine.

«Cela doit être le plan divin», répète Vanessa Gowreesunkar lorsqu’elle jette un regard dans le rétroviseur de sa vie et qu’elle réalise d’où elle est partie et où elle est arrivée aujourd’hui. Vouloir, c’est pouvoir. C’est en substance sa devise.

Elle est l’aînée d’une famille de cinq enfants, de Pamplemousses, avec des parents aux conditions modestes – sa mère est femme au foyer et son père électricien. Elle se rend compte très tôt que son seul passeport pour une vie meilleure est l’éducation. Elle réussit à se faire admettre au Lorette de Rose-Hill et y effectue toute sa scolarité, même si cela signifie vivre en semaine chez sa grand-mère qui habite Albion.

En Form VI, elle opte pour l’économie, la comptabilité et l’allemand. Elle excelle dans cette dernière matière et se classe parmi les meilleures au niveau national. Son plus gros regret est de ne pouvoir faire des études supérieures comme ses contemporains. Après le collège, elle prend de l’emploi comme guide touristique chez un voyagiste, sa maîtrise de l’allemand étant son principal atout.

Si elle aime le tourisme, être guide touristique n’est pas son ambition de vie et au bout de cinq mois, elle change son fusil d’épaule en acceptant un emploi dans une firme comptable. Elle économise sou par sou car elle sait que c’est l’unique moyen pour elle de se payer des études universitaires.

Au bout de trois ans, elle prend un emprunt pour financer une licence en gestion hôtelière auprès de l’UTM. Elle se fait ensuite embaucher par l’entité désormais connue comme SME Mauritius. En étudiant, elle se découvre une passion pour la recherche. Vanessa Gowreesunkar s’applique tellement qu’elle réussit non seulement sa licence mais obtient aussi la médaille d’or. Elle est alors embauchée comme chargée de cours à mi-temps à l’UTM.

Cet excellent résultat fait qu’elle obtienne une bourse de la Tertiary Education Commission pour poursuivre ses études en gestion et marketing touristiques et communication et faire un Mphil/PhD sous la supervision des universités Oxford Brooks et Bedford en Grande-Bretagne. Elle part d’ailleurs à deux reprises dans ce pays, notamment pour soutenir sa thèse qui porte sur les limites des ressources naturelles des îles et sur la nécessité de la mise sur pied d’une Destination Management Organisation (DMO) pour inciter la collaboration de tous les acteurs du tourisme et l’alignement de leurs objectifs. «La DMO est importante pour soutenir l’attractivité des îles et réguler le secteur.»

Cette DMO ne ferait-elle pas de l’ombre à un ministère de tutelle ? Vanessa Gowreesunkar ne le croit pas. «Un ministère chapeaute plusieurs organismes qui ne collaborent pas toujours entre eux. Par contre, une DMO comprendrait des experts dans le domaine et ferait en sorte que tous les organismes collaborent.» Vanessa Gowreesunkar, qui effectue bon nombre de recherches, écrit plusieurs papiers qui sont publiés.

Des articles qui lui valent de se voir confier des responsabilités à l’international comme l’en atteste son curriculum vitae. Elle fait partie du board éditorial du Island Studies Journal au Canada ; agit comme Associate Editor du Journal of Media and Communication Studies, Common Ground Publishing aux États-Unis ; est Senior Member à l’International Economic Research Development Centre, Hong Kong ; fait aussi partie du comité éditorial sur le Tourism and Sustainability International Journal ; pour ne citer que ceux-là.

Vanessa Gowreesunkar obtient son MPhil/ PhD en 2012. La même année, l’UTM l’embauche comme chargée de cours à pleintemps. Elle enseigne aussi à mi-temps dans d’autres institutions d’enseignement supérieur à Maurice. Comme elle s’intéresse au sort des femmes vulnérables, elle fait des recherches sur les femmes en Afrique et collabore à des groupes de recherches sur le tourisme mais aussi à ceux qui font valoir l’importance de l’autonomisation des femmes.

Si bien qu’elle est remarquée par l’Union africaine et en particulier son groupe Femmes et Genre. Ce groupe cherche un secrétaire. Vanessa Gowreesunkar se positionne en envoyant son curriculum vitae et est acceptée. Comme elle est une habituée des recherches et qu’elle passe énormément de temps sur la Toile, communiquer et animer des discussions avec les pays membres de ce groupe est pour elle un jeu d’enfant.

Son intérêt pour l’autonomisation de la femme africaine lui vaut de recevoir le Pride of African Woman Award de la Women Advancement for Economic and Leadership Empowerment en Afrique en 2016. Cette organisation basée au Nigeria oeuvre justement pour l’autonomisation économique de la femme africaine. En novembre, c’est l’African Achiever Excellence Award de cette même organisation qui a été attribué à Vanessa Gowreesunkar.

En matière de tourisme local, elle considère que le développement est important mais qu’il ne doit pas s’accompagner de dégradation. «Il faut appliquer les objectifs de développement durable. On doit protéger et respecter nos ressources naturelles. Je suis pour le développement mais pas la déplétion qui changera l’image de Maurice vis-à-vis des touristes.» Ces prix ne changeront pas grand-chose dans sa vie. «Je suis un bourreau de travail. Je continuerai à me donner à 100 %.»