Partielle au nº18: le MMM est-il toujours un grand parti ?

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Nita Juddoo quittant le SSS Sodnac hier. Elle a récolté 14,33 % de votes.

Nita Juddoo quittant le SSS Sodnac hier. Elle a récolté 14,33 %  voix.

14,33 % des votes. C’est ce qu’a récolté Nita Juddoo, la candidate du Mouvement militant mauricien (MMM), à la partielle au nº 18. Celle-ci a abouti à une victoire écrasante d’Arvin Boolell, du Parti travailliste (PTr), hier, lundi 18 décembre. Des résultats qui soulèvent bon nombre d’interrogations sur l’avenir même des Mauves sur l’échiquier politique.

D’ailleurs, le bureau politique du MMM se réunit, cet après-midi, pour analyser la défaite. Le leader du parti, Paul Bérenger, n’a pas souhaité commenter à chaud la défaite de sa candidate. «Il est preferable d’attendre la réunion», a-t-il déclaré à l’express. Les membres du MMM n’ont guère pipé mot à l’issue du bureau politique qui s’est tenu ce mardi 19 décembre.

«La question que l’on doit se poser : faut-il prendre le MMM au sérieux ? Estce que le MMM est encore un major player ?» Ce sont, entre autres, les interrogations de Jérôme Boulle, un des invités du plateau spécial de l’express, hier, diffusé en live.

Le nombre de votes récoltés par Nita Juddoo est le pire score du MMM à une élection partielle. Même lorsque ce parti s’est associé au Mouvement militant social-démocrate, de Madan Dulloo, en 1998, lors de l’élection à Flacq–Bon-Accueil, l’alliance avait récolté 15,68 % des voix.

 Et lors des dernières élections générales, le candidat mauve, en alliance avec le PTr, Kavi Ramano, avait obtenu 47,86 %. Le MMM fait sans doute face à une réalité. Son électorat, qui s’est effrité au fil des années, n’est plus revenu vers lui.

Le MMM ira-t-il seul aux élections générales de 2019 ?

«Le MMM est arrivé à la croisée des chemins. Il faudra qu’il songe à son avenir. La stratégie adoptée depuis 2014 pour arrêter l’hémorragie n’a pas marché», note un ancien mauve.

 En effet, les militants n’ont goûté à aucune victoire depuis l’an 2000. Incluant la partielle au nº 18, le MMM enregistre sa septième défaite (partielle et générales) depuis 2005, incluant les élections municipales de 2005 et 2015.

 De son côté, Sanjit Teelock, politologue et ancien député de l’Assemblée nationale, estime que le MMM a cessé d’être un parti national depuis le début des années 80. «Après la défaite de 83, le MMM n’a fait aucune remontée. Il n’a jamais pu convaincre l’électorat rural», ajoute l’ex-élu.

 Cette énième défaite des Mauves aura des conséquences certaines sur toute leur stratégie politique. L’ancien membre du MMM affirme que Paul Bérenger ne pourra pas continuer d’affirmer que son parti ira seul aux prochaines élections générales.

«Il n’aura pas d’autre choix que de tenter de négocier une alliance, mais à quel prix ? Le MMM ne pourra pas prétendre à de grandes aspirations», dit-il. Et cette alliance, ce sera bien entendu avec le MSM, ajoute l’ancien Mauve.

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