Dharam Gokhool sur le Nine-Year Schooling: «Le gouvernement a eu recours à une solution facile»

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Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Education.

Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Education.

En 2010, Dharam Gokhool n’est pas candidat aux élections générales. Ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas actif sur le terrain aux côtés de ses camarades du Parti travailliste (PTr) qui est, à ce moment-là, en alliance avec le Mouvement socialiste militant. Par la suite, l’ancien ministre de l’Éducation prend ses distances du Labour, mais ne démissionne pas du parti. Il retrouve ses activités de conférencier à l’université de Maurice. Et quand l’Open University fait appel à ses compétences, le professeur de gestion en ressources humaines répond présent.

Autrement, l’ancien politicien se consacre à sa famille et aide, dans la discrétion, quelques organisations non gouvernementales. Comme il est resté un observateur attentif du monde politique, l’ex-ministre répond volontiers aux sollicitations des médias.

L’ex-ministre de l’Éducation émet des réserves par rapport à la réforme en cours dans ce secteur. Il estime que l’actuelle titulaire du portefeuille a eu recours à une solution de facilité pour résoudre le problème d’échec au primaire et combattre les effets néfastes de la compétition. «On a étendu le cursus et la marge pour l’obtention d’un grade 1 a été élargie pour commencer à 75 % des points.»

Dharam Gokhool trouve que la compétition, reportée au Grade 9 (équivalent de la Form III), sera encore plus féroce. «Avant, on se battait pour être admis dans 16 bons collèges, à l’avenir la compétition sera pour être admis dans l’une des 12 académies.»

L’observateur attentif de l’évolution du monde éducatif craint que les Mauriciens ne fassent plus confiance à l’école publique. De plus en plus de parents inscrivent leurs enfants dans des établissements privés. La tendance est inquiétante. «Il est temps que le ministère de l’Éducation rende public le nombre d’élèves inscrits en Grade 1 dans les institutions privées.»

L’ex-ministre estime que près de 50 % des 12 000 enfants qui entrent en Grade 1 se font admettre dans des écoles privées. «On finira par avoir un système d’éducation à deux vitesses, et ce sera au détriment des plus démunis.»

Réforme sans réflexion

Les réformes en profondeur ne sont-elles pas difficiles à mener en raison des échéances électorales rapprochées ? Dharam Gokhool estime que pour réussir les réformes, il faut que celles-ci soient précédées d’une réflexion en profondeur sur le sujet. L’ex-ministre ne pense pas que l’actuelle ministre de l’Éducation ait pu bien réfléchir à la question et préparer sa réforme. «Je ne crois pas que le gouvernement a eu le temps de préparer la réforme, quand on sait dans quelles circonstances il a été porté au pouvoir.»

Mais la reforme qu’il avait, lui, entreprise a été très critiquée. À cela, Dharam Gokhool estime que sa démarche réformiste n’a pas été bien comprise par la population. «Tout le monde était focalisé sur le Certificate of Primary Education.»

Celui qui avait débuté au Mouvement militant mauricien (MMM) garde de bons souvenirs de son passage en politique. Il se remémore ses discussions dans les annees 70, avec ses amis étudiants à l’université de Delhi, autour de l’avenir du pays. Parmi ses contemporains : Sushil Khushiram et Rajah Bhadain.

De retour au pays en 1975, l’habitant de Plaines-des-Roches se rapproche des militants. Il se lie d’amitié avec feu Rajen Pillay, syndicaliste et membre du MMM, actif auprès des laboureurs et artisans de l’industrie sucrière.

En 1976, le jeune universitaire est aux côtes des candidats mauves dans les circonscriptions du Nord : Madun Dulloo, Dharmanand Fokeer et Prem Koonjoo. En en 1982, il devient le colistier de sir Anerood Jugnauth dans la circonscription no7 (Rivière-du-Rempart–Piton) et fait son entrée au Parlement.

À la cassure du MMM en 1983, Dharam Gokhool ne suit pas sir Anerood Jugnauth. Il reste au MMM et fait campagne pour que Paul Bérenger accède au poste de Premier ministre. «La campagne électorale de 1983 est la plus difficile de toutes celles auxquelles j’ai participé. Le racisme était à son paroxysme. Et cela m’a marqué», admet l’ancien militant.

Cependant, en 1993, il est de ceux qui quittent le MMM pour former le Renouveau militant mauricien. Il prend du recul après les élections de 1995 avant d’intégrer le PTr en 2003. Reverra-t-on Dharam Gokhool sur l’estrade ? «Si je me trouve dans une situation où je pourrais servir de manière effective, je pourrais considérer une proposition. Mais je ne reviendrai pas pour répéter les erreurs du passé», répond l’ancien ministre.

Son parcours

1975 – Rentre au pays après des études à Delhi et prend de l’emploi à l’université de Maurice
1982 – Élu à Piton-Rivière-du Rempart
1983 – Battu à Piton-Rivière-du-Rempart
1991 – Maire de Vacoas-Phoenix et député de Vacoas-Floréal
1998 – Doyen de la faculté de droit et de gestion de l’université de Maurice
2003 – Adhère au PTr
2004 – Nommé secrétaire général du PTr
2005 – Député de Flacq-Bon-Accueil et ministre de l’Éducation
2008 – Ministre de l’Industrie

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