Salaire minimum: les 120 000 travailleurs concernés toujours en quête d’informations

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Les opérateurs du secteur d’exportation sont suspendus à la publication des nouveaux règlements du ministère du Travail régissant le salaire minimum.

Les opérateurs du secteur d’exportation sont suspendus à la publication des nouveaux règlements du ministère du Travail régissant le salaire minimum.

L’introduction du salaire minimum, le 1er janvier, suscite confusions et inquiétudes. Malgré les explications du gouvernement et les éclairages des syndicalistes et des institutions du privé, les 120 000 travailleurs concernés recherchent toujours des informations précises. Entre-temps, les opérateurs du secteur d’exportation sont suspendus à la publication des nouveaux règlements du ministère du Travail régissant le salaire minimum.

Il ressort déjà dans les milieux de la Mauritius Exports Association (MEXA) que les opérateurs des secteurs économiques en faisant partie, dont le textile, le seafood hub, la logistique et la bijouterie, devront financer le différentiel entre le salaire de base prescrit, Rs 5 675 (incluant la compensation salariale de Rs 360), et le salaire minimum, Rs 8 140. Soit Rs 2 465.

Toutefois, selon nos renseignements, le gouvernement versera Rs 500 sous forme de la taxe inversée. Résultat : les employeurs devront décaisser Rs 1 965. Ont-ils les moyens d’honorer cet engagement ?

«Depuis le début, nous avons adopté un esprit d’ouverture vis-à-vis du concept du salaire minimum national car nous croyons en une telle mesure, qui va dans l’intérêt des travailleurs, insiste Pradeep Dursun, Chief Operating Officer de Business Mauritius. Nous sommes donc partisans d’un partage du fardeau financier impliquant l’application du salaire minimum.» Ahmed Parkar, directeur de Star Knitwear, ne souhaite pas prendre position sur cette problématique, préférant que toute la question, en discussion entre la MEXA et le gouvernement, aboutisse à une position commune.

Quid des «fringe benefits» ?

Hemant Kumar Jugnarain, General Manager du groupe hongkongais Esquel, souligne, lui, que le take-home package des employés de son entreprise, à Coromandel, tourne actuellement autour de Rs 8 000. Ce montant comprend des fringe benefits (bonus de performance et de présence et autres revenus pour des heures supplémentaires).

«Avec le salaire minimum, il faudra savoir quel sera le modus operandi. Est-ce que ces bénéfices seront intégrés pour pouvoir s’aligner sur le salaire minimum national ?» s’interroge-t-il. Et d’ajouter que pour certaines entreprises, la capacité financière de top up ce différentiel poserait problème à terme.

«Nous ne pouvons dire à ce stade quelle sera notre position. Il faudra attendre les nouveaux règlements pour mieux comprendre où nous en sommes. Ce que nous pouvons dire, c’est que le ministère du Travail et le State Law Office s’activent pour que les règlements soient publiés le plus vite possible», laisse-t-on entendre dans les milieux proches de la MEXA.

Avec l’avènement du salaire minimum, un salarié du privé, autre que du secteur d’exportation, percevra Rs 9 000. Cette somme inclura la compensation salariale de Rs 360 et un direct income support de Rs 860 de la Mauritius Revenue Authority (MRA).

Du coup, l’impôt négatif a-t-il encore sa raison d’être, vu qu’il est destiné aux individus touchant moins de Rs 9 900 mensuellement ? «Je ne crois pas qu’après avoir fait autant d’efforts financiers pour permettre au pays de disposer d’un salaire minimum, le gouvernement et la MRA seront intéressés à financer l’impôt négatif », souligne Azad Jeetun, économiste.

Pradeep Dursun est d’un autre avis. Celui qui a participé étroitement aux réunions du National Wage Consultative Council explique que le gouvernement n’a pris aucune décision de principe à cet effet. Il croit savoir que l’impôt négatif sera maintenu vu que les deux mesures ont des objectifs communs.

Reste la relativité des salaires entre les grades professionnels. «Un superviseur qui touche Rs 9 000 ne souhaitera pas être au même niveau qu’un travailleur manuel en janvier. Du coup, il exigera un réajustement salarial», remarque un économiste. Il est fort à parier que des pressions syndicales seront exercées pour que toute la structure salariale soit revue.

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