Contrôles routiers: alcool au volant, une question de… flair

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De 23 heures à cinq heures, les policiers veillent à ce que les automobilistes respectent le Code de la route.

De 23 heures à cinq heures, les policiers veillent à ce que les automobilistes respectent le Code de la route.

Il est 23 h 15. Vendredi dernier. Alors que la capitale somnole, l’autoroute M2 qui mène au Nord accueille une file de véhicules. Arrivés à la hauteur de la petite chapelle St-Antoine, voitures, motos, camions et vans ralentissent. La raison : un contrôle routier effectué par les policiers de la Traffic Management and Road Safety Unit et des motards de la Traffic Branch.

Ils sont une dizaine de policiers sur la route. Leur mission, qui débute à 23 heures et qui durera jusqu’à cinq heures du matin, est de traquer des automobilistes qui conduisent sous l’influence de l’alcool. Mais pas seulement : ils doivent aussi sanctionner ceux qui sont en infraction au Code de la route.

Durant la première heure, plus d’une dizaine de véhicules sont soumis à un contrôle. Vignette de déclaration, assurance et permis de conduire, les policiers scrutent attentivement chaque document. Ce n’est que lorsque les policiers sont satisfaits que tout est en règle que les automobilistes peuvent redémarrer.

«À chaque arrêt, on vérifie s’il y a d’autres contraventions», explique le sergent Giovanni Ative, de la Traffic Management and Road Safety Unit. Selon lui, chaque jour, il y a des contrôles routiers dans des zones spécifiques comme Grand-Baie, Mapou, Cassis ou encore Flic-en-Flac.

«Soufflez dans l’éthylotest…»


 

Au fil des minutes, l’un après l’autre, des conducteurs, à bord de leurs véhicules, sont sommés de se mettre sur le côté. Droit ou gauche, tout dépend du flot de véhicules. Un motard s’approche d’une voiture. Le conducteur est soupçonné d’être sous l’influence de l’alcool.

Comment arrivent-ils à reconnaître un automobiliste en état d’ébriété ? «Nous sommes des policiers qui ont de l’expérience. Nous avons le flair. Nous regardons le comportement du conducteur. Son visage peut le trahir s’il est sous l’influence de l’alcool. À sa descente de la voiture, et s’il a bu, on peut sentir son haleine.»

L’automobiliste ne bronche pas. Il coopère avec la police. «Soufflez dans l’éthylotest s’il vous plaît», lui demande un policier. Quelques secondes après, l’éthylomètre indique le chiffre sept. L’automobiliste est en dessous de la limite autorisée de 23 microgrammes d’alcool par litre d’air expiré.

L’officier lui explique qu’il a passé le test et qu’il peut repartir. Quelques minutes après, un autre automobiliste est prié de se garer. Les motards le soupçonnent d’être sous l’influence de l’alcool. Mais il sera finalement testé négatif.

Non-port du gilet fluorescent


 

Que se passe-t-il si un automobiliste a bu un coup de trop et dépasse la limite autorisée? Le sergent Ative, qui a rejoint la Traffic Management and Road Safety Unit il y a un an, souligne que l’automobiliste est dirigé vers la caravane pour un Evidential Breath Test qui est une analyse en profondeur. «S’il est testé positif, nous l’informons du délit. Nous l’emmenons au poste de police le plus proche où il est détenu dans une cellule de dégrisement. Il est relâché si son taux d’alcool baisse.»

Un motard, qui scrute chacun des véhicules, indique qu’ils sont intransigeants s’agissant de l’alcool au volant. «23 sé zis enn test préliminer sa. Lalkol fini monté dan sistem. Enba 30 byen rar nou gagné. Ban indikasyon nu gagné sé 60, 80 ou 120 mg.»

Pendant toute la soirée, aucun automobiliste ne sera testé positif à l’alcootest. Les hommes du sergent Ative rentreront au quartier général avec la satisfaction que ceux qu’ils ont contrôlés étaient tous sobres. «Les automobilistes sont sensibilisés. Ils sont plus responsables à cause des sanctions», confie le caporal Beeharry.

Et au sergent Ative de renchérir : «Lors des opérations, les automobilistes sont conscients de la présence de policiers sur les routes. Ils ne vont pas prendre le risque de consommer de l’alcool. C’est dissuasif. Ils évitent de prendre la route.» Toutefois, ce soir-là, nombreux sont les automobilistes qui sont verbalisés et sanctionnés pour d’autres infractions.

Comme ceux épinglés pour le non-port du gilet fluorescent. «Nou priorité sé aret moto. Zot pa respekté la loi. Zot péna zilé. Péna permi soi zot roul lor moto kokin.»

L’un des motocyclistes pris en contravention ce soir-là n’a pas de gilet, contrairement à son passager. «Enn démi her apré 18h bizin met zilé. Bokou dimonn bliyé. Lalwa pa dir carry, failing to wear. Dimounn la bizin pran so dispozision. Li vinn enn contravansion », fait ressortir le caporal Beeharry.

Plus loin, un jeune de 17 ans ne porte pas son gilet et n’a pas non plus son permis de conduire en sa possession. «Vous avez cinq jours pour vous présenter au poste de police avec les vignettes d’assurance et de déclaration ainsi que votre permis», lui dit un policier.

À deux heures du matin, l’équipe du sergent Ative change de direction. Les officiers installent le barrage routier de l’autre côté de la route jusqu’à cinq heures. Ils espèrent traquer les automobilistes qui ont quitté Grand-Baie après une virée dans des discothèques et des pubs de la région. Mais personne ne tombera dans les filets des hommes en bleu ce soir-là.

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