PSAC: parents et instituteurs continuent à s'interroger

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Des élèves ont passé des épreuves du PSAC le 24 octobre 2017.

Des élèves ont passé des épreuves du PSAC le 24 octobre 2017.

La première édition du Primary School Achievement Certificate (PSAC), dont les résultats ont été rendus publics mardi, continue à alimenter les débats. Parents et instituteurs s’interrogent sur plusieurs aspects de cet examen qui remplace le Certificate of Primary Education (CPE). Quels sont ses «pros and cons» ? Nous faisons le point.

Le pour

Éducation intégrale

Le PSAC, contrairement au CPE, veut encourager l’éducation intégrale. De ce fait, les écoliers ont à la fois des matières Core et Non Core. Pour l’heure, uniquement les Communication Skills font partie des matières Non Core. Le ministère de l’Éducation compte en introduire d’autres, telles que le sport et le théâtre. Autour de 300 instituteurs ont été recrutés et seront formés pour dispenser ces cours dans les écoles.

Moins de compétition

Avec le CPE, pris dans la «rat race», les écoliers prenaient des leçons particulières à outrance et n’avaient presque pas de temps pour les activités hors  du programme d’études. La compétition pour décrocher une place dans les ex-collèges nationaux était intense. Avec la conversion de ces établissements en académies et étant donné qu’ils n’acceptent plus d’élèves en Grade 7, les parents se tournent désormais vers les collèges régionaux.

Une notation plus «flexible»

La notation pour les examens du PSAC est complètement différente de celle du CPE. L’A+, qui représentait entre 90 et 100 points, a disparu. L’Aggregate est entré en jeu. L’Aggregate 1 représente la tranche de 75 à 100 points. Cette nouvelle notation et notamment la disparition de l’A+ diminuent sensiblement la compétition.

Le Modular Assessment

Moins de stress pour les examens de fin de cycle. C’est dans cette optique qu’a été introduit le Modular Assessment qui permet aux élèves de prendre part aux examens en deux tranches. Pour l’instant, seule la matière histoire & géographie est concernée. Les élèves sont évalués une première fois à la fin du Grade 5 et leurs points sont stockés au Mauritius Examinations Syndicate. La seconde partie de l’évaluation se tient, elle, en août pour les élèves en Grade 6. Les points sont additionnés à ceux obtenus durant la première épreuve et sont ajoutés aux points récoltés dans les autres matières. Par conséquent, c’est une évaluation de moins pour les élèves en fin d’année.

Pas de ranking dans l’attribution des collèges

L’allocation des collèges se faisait selon le choix des parents mais également selon un système de classement dans le cadre du CPE. Bien évidemment, les collèges nationaux étaient choisis en priorité et ceux qui obtenaient les meilleurs points pouvaient y accéder. Cependant, avec le PSAC, outre le choix parental, c’est la régionalisation qui compte.

Promotion automatique en Grade 7

Tous les élèves en Grade 6 pourront monter en Grade 7 après le PSAC, y compris ceux qui n’ont pas bien réussi.

Pas d’échec

La notion d’échec n’existe pas avec le PSAC. Environ 25 % des écoliers n’ont pas eu les critères requis pour décrocher leur certificat. De ce fait, ils sont envoyés dans l’extended stream. Cette année-ci, ils sont 3 914 élèves à y avoir été placés.

La logique encouragée

Le format des questionnaires a été revu dans le cadre du PSAC, de sorte à avoir moins de bourrage de crâne et à encourager la réflexion des élèves.

Le contre

Sentiment d’injustice

L’Aggregate 1 obtenu lors du PSAC équivaut à une large tranche de points. L’élève qui a 75 points décroche un «1», tout comme son camarade qui a obtenu 99 points. Donc, les meilleurs résultats, soit 4 unités, peuvent désigner des points allant de 400 à 360, ce qui laisse une marge de 40 points.

Davantage d’opacité dans l’attribution des collèges

Étant donné que les 4 unités peuvent signifier des points de 360 à 400 points, les parents sont dans le flou total par rapport à la performance de leurs enfants. Cela explique la frustration et l’incompréhension des parents en ce qui concerne l’attribution des collèges.

Des parents plus stressés

Les collèges du Service diocésain de l’éducation catholique (ex-Bureau de l’éducation catholique) attirent encore plus cette année-ci. Des milliers de parents insatisfaits des écoles qui ont été attribuées à leurs enfants se battront pour les 850 places disponibles dans les établissements catholiques.

Élèves démotivés

Plusieurs instituteurs s’interrogent sur la disparition de l’A+. Ils estiment que cela pourrait entraîner les écoliers à ne pas faire d’efforts et à ne viser qu’un minimum de 75 points.

Baisse de niveau

La hausse du taux de réussite de certaines matières interpelle et remet en question le niveau des questionnaires du PSAC. Les instituteurs le pensent : le niveau a bien baissé dans certaines matières.

Promotion automatique

Parmi les 3 914 élèves qui n’ont pas obtenu le PSAC mais qui se retrouvent en Grade 7, plusieurs n’ont pas le niveau requis pour entrer dans le secondaire. Bien que le programme d’études pour l’extended stream ait été revu, on se demande comment ces élèves se débrouilleront au collège alors qu’ils n’ont pas une bonne base.

Leçons particulières, ce n’est que partie remise

Des parents et instituteurs estiment que les leçons particulières ont été renvoyées à plus tard. Dès le Grade 7, une nouvelle compétition se dessine et cette fois, pour réaliser une bonne performance aux examens nationaux du Grade 9 (ex-Form III). Le but est de pouvoir décrocher une place dans les prestigieuses académies.

Les Star Schools ne disparaissent pas

L’élimination du CPE et des collèges nationaux n’a pas complètement atteint son objectif. De nouvelles Star Schools ont émergé, à l’instar du collège SSS Sodnac ou encore SSS James Burty David qui figurent parmi le top trois des établissements choisis par les parents.

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