PSAC: Dininio, la réussite malgré la misère

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 Dininio a été admis au collège d’État de Terre-Rouge.

 Dininio a été admis au collège d’État de Terre-Rouge. 

Il joue avec ses petits camarades, court nu-pieds dans les ruelles de Cité Florida. Il ira enfiler un T-shirt à notre arrivée. S’évader, avoir recours à l’imagination, c’est tout ce que font les enfants du coin pendant les grandes vacances. «Péna nanyé pou fer isi apart sa», lâche un des petits curieux qui accompagnait notre grand timide.

Quelques heures avant, Dininio et sa maman Méline ont pris connaissance des résultats du garçonnet de 11 ans, qui a pris part au PSAC. La joie et la fierté sont de mise. Dininio a été admis au collège d’État de Terre-Rouge. Depuis, Dininio fait un peu le beau…

Méline, elle, n’avait pas envisagé une seule seconde que son fils passerait ses examens, qu’il serait admis dans un collège. Raison pour laquelle elle a demandé au frère aîné de Dininio d’aller récupérer les résultats. «Mo pas ti atann sa ditou. Lavi bien difisil mé mo bien kontan Dininio inn gagn enn kolez. Mo ti p stressé.»

La maman de Dininio a dû subir une intervention chirurgicale, ce qui fait qu’elle n’est plus en mesure de travailler depuis plusieurs années déjà. Célibataire, avec quatre enfants à charge, elle se plie en quatre pour joindre les deux bouts. Pour cela, elle se fie à sa pension et peut compter sur la générosité des voisins. Le plus beau cadeau que lui a fait son benjamin, c’est donc d’avoir réussi aux examens. Un cadeau qui n’a pas de prix, dit-elle avec émotion. «Il n’a jamais pu prendre de leçons particulières car nous n’en avons pas les moyens mais je sais que ça l’aurait aidé d’avantage.» Qu’importe, «pourvi linn réssi», répète-t-elle sans cesse comme pour s’en convaincre.

Contrairement à d’autres petits Mauriciens, Dininio, lui, n’a pas droit à de l’argent de poche quand il va à l’école. Sauf, si dans de rares cas, un bon samaritain veut bien lui en donner. Et puis, il peut compter sur ses «larmé», rien de tel que la misère pour faire naître l’entraide entre copains. Pour les cahiers et livres, les gommes et les crayons, Dininio compte sur la National Empowerment Foundation. Avec son admission au collège, les problèmes risquent de se corser. Mais ce n’est pas ça qui arrêtera le gamin, qui a la tête remplie de rêves et d’ambitions.

Tout comme ses frères et sa soeur, d’ailleurs. C’est grâce à Fabrina que Dininio, qui n’était pas l’élève le plus brillant de sa classe, dira sa maman, a pu réussir ses examens. Elle avait également bien travaillé aux examens du CPE et est actuellement en Form III dans un collège de la capitale.

Depuis que la nouvelle du succès du Dininio s’est répandue dans le quartier, voisins, proches et amis ont tenu à le féliciter. Tous veulent apporter leur soutien à ce «bon garson» qui «zamé pa mank respé personn».

La joie, l’espoir, font plaisir à voir. «Il y a de plus en plus d’enfants pauvres qui réussissent leurs examens. L’éducation est très importante et ce serait bien que les autorités nous envoient un ou deux profs pour assurer un soutien scolaire gratuitement aux enfants de notre cité. Comme les cours d’alphabétisation ou encore du matériel scolaire afin de motiver davantage nos jeunes car ce sont eux l’avenir.»

Qui a dit que la pauvreté était une fatalité ?

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