Cader Sayed-Hossen: «Faire de la politique, c’est surtout s’occuper des pauvres»

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Cader Sayed-Hossen, diplômé de sciences po et détenteur de maîtrises en droit et en sociologie, reprend ses activités de consultant en commerce international.

Cader Sayed-Hossen, diplômé de sciences po et détenteur de maîtrises en droit et en sociologie, reprend ses activités de consultant en commerce international.

Le Parti travailliste battu en 2014, les anciens ministres avaient repris leurs activités professionnelles. Cader Sayed-Hossen, devant l’évolution de la situation sociale, a, lui, décidé de se consacrer à plein-temps à la politique.

Décembre 2014. Cader SayedHossen, qui était ministre de l’Industrie et du commerce dans le gouvernement travailliste, ne se présente pas aux élections générales. Le Parti travailliste (PTr) est en alliance avec le Mouvement militant mauricien (MMM). Le député sortant de Grande-Rivière-Sud-Est–Montagne-Blanche apporte tout son soutien à l’alliance. Il est parmi les rédacteurs du programme gouvernemental, mais s’active aussi dans plusieurs circonscriptions.

L’alliance PTr-MMM connaît la déroute. Cader Sayed-Hossen, diplômé de sciences po et détenteur de maîtrises en droit et en sociologie, reprend ses activités de consultant en commerce international. Il a exercé dans ce domaine pendant plusieurs années chez la multinationale Nestlé. Cependant, il arrête bien vite ses activités professionnelles.

«Pour moi, tout a changé quand le gouvernement s’est attaqué au Dr Navin Ramgoolam», dit-il. Le labourite estime que c’est son devoir de défendre le parti dans lequel il croit, ainsi que son leader. C’est ainsi qu’il se met totalement au service du PTr «qu’il faut revaloriser dans l’opinion publique»

À la demande de Navin Ramgoolam, Cader Sayed-Hossen se met à travailler la circonscription no 15 (La Caverne–Phoenix). « Je dois dire que c’est aussi le désir de servir le pays qui m’a poussé à cesser mes activités de consulting, qui exigent que je m’absente du pays souvent. À mon humble avis, ce gouvernement s’y prend mal pour assurer le développement du pays», laisse entendre l’ancien ministre.

Le professionnel du commerce international trouve qu’il y a un sentiment général que Maurice est en train de régresser. «Les années à venir seront difficiles en raison de plusieurs facteurs, dont l’endettement. La dette publique dépasse les 67 % du PIB», fait-il ressortir.
L’ex-parlementaire se désole qu«il n’y ait pas de vision économique». Mais il y a pourtant bien la Vision 2030, disons-nous. «Ce programme repose à plus de 90 % sur les smarts cities», répond-il. Pour lui, cette politique relève de la braderie des terres fertiles et cela pousse les propriétaires fonciers à devenir des rentiers et non des opérateurs économiques.

Vision de la société 

Avant d’entrer au gouvernement, Cader Sayed-Hossen avait la responsabilité, avec d’autres collaborateurs, de penser le programme de démocratisation de l’économie mauricienne. Il vit mal les disparités d’ordre socio-économique constatées dans le pays. «Cela ne correspond pas à ma vision de la société. L’écart entre les salaires est intolérable», avance l’ex-ministre.

L’homme devient passionné quand on aborde la question de justice sociale et de distribution de la richesse. «Une infime partie de la population ne peut détenir autant de richesses dérivées de la terre.» Il croit fermement que «la démocratisation de l’économie passe par la redistribution des terres, l’ouverture de l’économie et la mise au service du plus grand nombre, de la logistique financière aujourd’hui contrôlée par une minorité».

Cader Sayed-Hossen affirme avoir toujours été animé par le désir de travailler pour le progrès social. C’est le motif de son engagement. «Faire de la politique, c’est surtout s’occuper des pauvres», clame-t-il.
L’État mauricien n’est pas assez interventionniste, trouve l’ex-ministre. «Singapour, le Japon et la Corée du Sud sont des Developmental States, mais Maurice ne l’est pas.»

Une bonne transition pour demander à l’ancien ministre du Commerce comment il a pu accepter que le transport de carburant pour Maurice soit confié à la firme Betamax. L’ancien gouvernant explique que l’État ne possède pas de navire et ne pouvait donc le faire lui-même. «C’est une décision mûrement réfléchie. Et contrairement à ce qu’on croit, ce n’était pas un contrat de gré à gré. Il y avait eu un appel à manifestation d’intérêt», tient-il à préciser.

À 65 ans, Cader Sayed-Hossen est prêt à poursuivre son engagement en politique active. Il l’avait commencé après une rencontre avec le leader du PTr au lendemain de la défaite de ce dernier aux élections générales de l’an 2000. «Dans ces moments difficiles pour lui, le docteur Ramgoolam a su me convaincre de m’engager.»

Son parcours 

1973 – 1980 : Études universitaires à Bordeaux et à Paris 
1982 – 1983 : Chargé de cours à l’université de Maurice 
1983 – 1999 : Cadre chez Nestlé. Il passe plusieurs années en poste à Singapour, en Côte d’Ivoire, Malaisie, Guinée et en Europe et termine sa carrière comme directeur général de Nestlé Maurice 1999 – 2011 : Il fait du consulting 
 Juillet 2005 : Député correctif de GRSE–Montagne-Blanche 
Mai 2010 : Élu à GRSE– Montagne-Blanche 
Août 2011– décembre 2014 : Ministre de l’Industrie et du commerce

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