Unesco: le séga tambour inscrit au patrimoine mondial

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Le séga tambour est l’une des expressions vivantes et énergiques de la spécificité de la culture rodriguaise.

Le séga tambour est l’une des expressions vivantes et énergiques de la spécificité de la culture rodriguaise.

Le verdict est tombé. Le séga tambour de Rodrigues rejoint le séga tipik et le geet gawai au patrimoine mondial de l’Unesco. La décision a été rendue ce matin, jeudi 7 décembre, en Corée du Sud où se déroule la 12e session du comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco sur l’île de Jeju.

Les origines du séga tambour remontent aux régions Nord et Ouest de Rodrigues. «D’après l’histoire orale, ces endroits correspondent à des cachettes où des esclaves marrons jouaient du séga tambour en signe de résistance, de rébellion mais aussi de communication», peut-on lire dans le dossier présenté par Maurice.

Le document déposé par l’État mauricien indique qu’actuellement, «12 groupes de séga tambour sont officiellement enregistrés. Ils sont composés de 15 à 25 membres». Pour l’Unesco, la participation de la population et des praticiens de cet art est primordial. D’ailleurs, le dossier officiel comprend une Consent Form signée par des représentants de la société civile. Leurs coordonnées sont aussi fournies en annexe. Cela démontre que les citoyens ont été consultés avant de constituer le dossier d’inscription.

Codification

Le séga tambour démarre par un cri : «sizone». Point de départ pour des chansons souvent composées spontanément. Parmi ses différents aspects, le séga tambour sert aussi à résoudre des différends. Sans citer de nom, on peut se moquer des particularités d’un individu ou raconter ses misères.

Concernant les instruments, il y a l’indispensable tambour : la ravanne. Les musiciens jouent aussi du triangle, du mayos – deux baguettes de bois frappées l’une contre l’autre – et de bwat, deux boîtes de conserves vides frappées ou frottées l’une contre l’autre. Si, à l’origine, seuls les hommes jouaient du tambour, les femmes s’y sont mises également, au fil du temps.

Quant à la danse, elle est codifiée. Les hommes vêtus d’un pantalon et d’une chemise, placent leurs mains autour de la danseuse, vêtue d’une robe ou d’une jupe avec jupon, sans toutefois la tenir. Après quelques déhanchés, d’autres hommes prennent le relais.

Dans un esprit de rivalité, les hommes refusent de céder leur place, se livrant à un duel sous forme de jeu avec leur «remplaçant», qui finit par l’emporter.

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