Mauritius Institute of Directors: le renvoi de Juan Carlos Fernandez Zara pas à l’agenda

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Selon Heba Jangeerkhan (à g.), le licenciement de Juan Carlos Fernandez Zara ne sera pas discuté lors de l’assemblée générale car l’affaire est toujours en cour.

Selon Heba Jangeerkhan (à g.), le licenciement de Juan Carlos Fernandez Zara ne sera pas discuté lors de l’assemblée générale car l’affaire est toujours en cour.

Le rapport d’audit de l’instance, les comptes, la réélection de certains membres du conseil d’administration et une liste de nouveaux membres. Ce sont là, les sujets de discussions à l’ordre du jour pour l’assemblée générale annuelle (AGM) du Mauritius Institute of Directors (MIoD), prévue demain. Une réunion qui se tient trois mois après la mise à pied de son Chief Executive Officer (CEO), Juan Carlos Fernandez Zara, sous une pluie de polémiques suivant ses conditions de renvoi.

L’ancien CEO du MIoD a d’ailleurs déposé une plainte en cour industrielle suivant son licenciement en septembre. De ce fait, l’AGM soulève des points de certains membres, bien que dans l’anonymat. Des questions que nous reproduisons, avec les réponses de la Chairperson de l’instance, Heba Jangeerkhan.

Pourquoi le renvoi de l’ex-CEO ne figure pas à l’agenda de l’AGM

Aucune mention n’est faite du licenciement de l’ex-CEO du MIoD à l’agenda de cette réunion. Ni de la démission de trois employés à la suite de ce renvoi. Et encore moins les plaintes que ces derniers ont déposées contre le MIoD en cour industrielle. Interrogée, Heba Jangeerkhan fait ressortir la question relative au départ de l’ex-CEO étant «sub judice» (NdlR, en train de passer en cour), de même que les autres affaires en cour, le MIoD ne peut, à ce stade, «engager de discussion publique» à ce sujet.

Les critères de recrutement du nouveau CEO

Un Bachelor of Science ou un Bachelor of Arts, un minimum de dix ans d’expérience, la capacité à travailler en équipe, entre autres. Ce sont-là les quelques critères énumérés dans l’annonce du MIoD pour le recrutement du nouveau CEO, publiée dans les pages de l’express la semaine dernière.

Or, l’ancien CEO, Juan Carlos Fernandez Zara, est, lui, un expert international en matière de gouvernance d’entreprise. Certains membres s’interrogent sur ces nouveaux critères de recrutement, qu’ils qualifient de «basiques». Selon eux, ce poste requiert une expertise pointue dans le domaine de la corporate governance, qui est d’ailleurs l’un des chevaux de bataille du MIoD.

À ce sujet, Heba Jangeerkhan explique que le profil de CEO «n’a pas changé. Ce n’était d’ailleurs pas le cas auparavant». D’ajouter que les exigences en termes de profil demeurent celles d’un diplômé avec un minimum de dix ans d’expérience dans la direction supérieure d’une entreprise, ainsi que toutes les autres aptitudes et compétences définies dans l’annonce pour le recrutement d’un nouveau CEO.

La Chairperson du MIoD siège sur 29 boards

Selon le rapport annuel du MIoD pour 2017, l’actuelle Chairperson du MIoD siège sur pas moins de 29 conseils d’administration. Est-ce normal de siéger sur autant de boards ?

À cela, Heba Jangeerkhan avance qu’en tant que Chief Operating Officer (COO) d’un groupe d’entreprises (NdlR, elle est la COO du groupe Taylor Smith), elle siège sur les conseils d’administration de ces entreprises en tant qu’Executive Director. «Il est de ma responsabilité professionnelle de trouver le temps pour être bien préparée lorsque vient le moment de m’occuper de ces entreprises, ce que je fais toujours.»

L’ex-CEO «coincé» à Maurice ?

Juan Carlos Fernandez Zara confie qu’il ne peut quitter le pays car le MIoD n’a toujours pas payé ses frais de rapatriement. L’ancien CEO de l’instance, qui a été démis de ses fonctions le 22 septembre, se dit «coincé» à Maurice. Il vit actuellement à Pereybère avec sa famille. Si l’institut lui a bien payé son salaire pour les trois derniers mois suivant sa révocation, Juan Carlos Fernandez Zara se dit «pris en otage» car il ne peut ni quitter le pays sans les frais de déménagement et ni travailler. Car son contrat contient une clause de non-concurrence qui l’empêche d’avoir le même type de poste dans des entreprises avec des clients du MIoD. «Puisque cela implique pratiquement tous les acteurs économiques de ce pays, je me retrouve dans une situation où je ne peux pas travailler ici.» Il soutient avoir demandé au MIoD, par le biais de ses avocats, de lui payer le montant qui lui est dû au 20 novembre, mais cela n’a pas été fait, selon ses dires. Idem pour son bonus de fin d’année, le MIoD a décidé de ne le lui payer qu’un tiers du montant. Interrogée à ce propos, la Chairperson du MIoD affirme que «toutes les conditions définies dans le contrat de travail ont été respectées, y compris les conditions de relocalisation». Heba Jangeerkhan dit ne pas pouvoir faire davantage de commentaires à ce sujet car il y a une affaire en cour. Juan Carlos Fernandez Zara avait été démis de ses fonctions après 16 mois au sein du MIoD. Il a déposé une plainte en cour industrielle. Son cas devrait être entendu à la mi-janvier 2018. Lors d’une interview à l’express, la Chairperson du MIoD a indiqué que le board avait pris cette décision en raison de profonds désaccords avec l’ex-CEO pendant qu’il était en poste.

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